Assassin's Creed en novembre
2007, peu de joueurs imaginent que cette nouvelle licence deviendra l'une des
plus importantes de l'industrie vidéoludique. Inspiré à l'origine d'un concept
dérivé de la série Prince of Persia, le titre propose alors une
expérience inédite mêlant parkour, infiltration et exploration historique.
Dix-huit ans plus tard, la franchise a parcouru un chemin considérable. Elle a
changé de héros, de périodes historiques, de mécaniques de jeu et même de
philosophie de conception…D'une aventure d'action relativement linéaire centrée sur
l'infiltration, Assassin's
Creed est progressivement devenu un gigantesque RPG en monde ouvert
capable d'occuper les joueurs pendant plusieurs centaines d'heures. Une
évolution qui a permis à la série de traverser les générations de consoles,
mais qui a également suscité de nombreux débats auprès des fans.
Retour sur près de deux décennies d'assassinats, de
Templiers et de voyages à travers l'Histoire.
2007 : une formule révolutionnaire qui pose les bases
À sa sortie, le premier Assassin's Creed impressionne
immédiatement. Visuellement, le jeu est spectaculaire pour son époque. Les
villes de Jérusalem, Acre et Damas offrent un niveau de détail rarement vu sur
les consoles de septième génération. Le joueur incarne Altaïr Ibn-La'Ahad, un
assassin durant la Troisième Croisade. Pour progresser, il doit enquêter sur
ses cibles, recueillir des informations puis exécuter ses contrats avant de
disparaître dans la foule.
Cette mécanique d'infiltration sociale constitue alors la
véritable innovation du jeu. Contrairement à d'autres productions de l'époque,
il ne s'agit pas seulement de se cacher derrière des caisses ou dans des
ombres. Altaïr peut se fondre dans la population, marcher parmi les religieux
ou utiliser l'environnement urbain pour échapper à ses poursuivants. Le système
de parkour séduit également. Grimper sur presque n'importe quel bâtiment donne
une impression de liberté rarement atteinte en 2007.
Pourtant, malgré ses qualités, le jeu souffre rapidement de critiques récurrentes. Les missions se répètent souvent et la structure manque de variété. Ubisoft comprend alors que la formule possède un énorme potentiel, mais qu'elle nécessite davantage de profondeur.
L'arrivée d'Ezio : Le moment où la licence trouve son identité
Deux ans plus tard, Ubisoft frappe un grand coup avec Assassin's
Creed II.
Aujourd'hui encore, beaucoup considèrent cet épisode comme
le véritable acte fondateur de la série. Le changement est radical. Exit le
Moyen-Orient médiéval, place à l'Italie de la Renaissance. Florence, Venise et
Monteriggioni deviennent les nouveaux terrains de jeu d'un héros appelé à
marquer durablement les joueurs : Ezio Auditore da Firenze. Là où Altaïr
apparaissait relativement froid et distant, Ezio bénéficie d'un véritable
parcours narratif. Le joueur le découvre adolescent avant de l'accompagner durant
plusieurs décennies de sa vie.
Le gameplay gagne lui aussi en richesse avec de nouvelles
armes, amélioration de l'équipement, quêtes secondaires et exploration plus
libre. Ubisoft affine également son mélange entre fiction et réalité
historique. Des figures comme Léonard de Vinci participent directement à
l'aventure et renforcent l'immersion.
« Pour beaucoup de fans, cette période représente encore aujourd'hui l'âge d'or de la licence »
Et le résultat ne se fait pas attendre, le succès est
immense. La trilogie se poursuit avec Assassin's Creed Brotherhood puis Assassin's
Creed Revelations. Quand Brotherhood introduit la gestion d'une
confrérie d'assassins et perfectionne encore la formule, Revelations conclut
les arcs narratifs d'Ezio et d'Altaïr.
Ubisoft voit plus grand avec l'Amérique et les batailles navalesAprès avoir exploité la Renaissance italienne pendant plusieurs années, Ubisoft décide d'ouvrir davantage son univers. Ça commence avec Assassin's Creed III qui transporte les joueurs durant la guerre d'Indépendance américaine. L'épisode apporte plusieurs nouveautés majeures avec ses environnement plus vaste, l’exploration des forêts, une météo dynamique et les premiers affrontements navals. Mais c'est surtout son successeur qui va marquer un tournant.
Son héritage continue d'ailleurs de marquer la franchise, ce
n’est pas pour rien que, après des années de spéculation, le remake sort le 9
juillet 2026.
L'apogée technique… et les premiers signes
d'essoufflement
Depuis 2009, Ubisoft a publié presque un épisode majeur
chaque année. L'effet de nouveauté disparaît progressivement. La franchise
semble alors à un tournant de son histoire.
Origins : la révolution RPG
Cette transformation permet à Ubisoft de relancer
complètement l'intérêt autour de la licence. et le succès est au rendez-vous.
Quand Assassin's Creed devient un RPG géant
Ubisoft pousse encore plus loin les mécaniques de RPG. Les
cartes deviennent gigantesques. Les choix de dialogues apparaissent. Les
activités annexes se multiplient. Odyssey permet même de choisir son
protagoniste et introduit davantage d'éléments mythologiques. Valhalla accentue
encore cette tendance avec une aventure pouvant facilement dépasser les cent
heures.
Commercialement, la stratégie fonctionne parfaitement.
Pourtant, une partie de la communauté commence à s'interroger. Certains joueurs
apprécient cette liberté et cette richesse de contenu. D'autres regrettent la
disparition progressive de l'identité originale de la série. Les assassinats
deviennent parfois secondaires face à l'exploration, au loot et aux combats.
Mirage : un retour assumé aux fondamentaux
Face aux critiques, Ubisoft tente un retour aux sources avec
Assassin's
Creed Mirage. L'aventure est plus courte, plus concentrée et davantage
centrée sur l'infiltration. Bagdad remplace les immenses cartes des épisodes
RPG et rappelle l'esprit du premier jeu. Mirage ne révolutionne pas la
formule mais démontre qu'il existe encore un public attaché à l'ADN historique
de la franchise.
Le titre agit finalement comme un pont entre deux visions
d'Assassin's Creed : celle des origines et celle des RPG modernes.
Le Japon féodal, un rêve devenu réalité
Pendant des années, les joueurs ont réclamé un épisode situé
au Japon féodal. Ubisoft finit par exaucer ce souhait avec Assassin's
Creed Shadows. L'épisode marque une nouvelle étape technique pour la
série grâce à son système de saisons dynamiques, ses environnements détaillés
et sa structure reposant sur deux protagonistes aux approches radicalement
différentes. Shadows illustre parfaitement l'évolution de la franchise :
conserver certains fondamentaux historiques tout en poursuivant les ambitions
de monde ouvert initiées avec Origins.
Ce qu'Assassin's Creed a gagné... et ce qu'il a perdu
Après dix-huit ans d'existence, il est fascinant de
constater à quel point Assassin's Creed a changé.
Ce que la série a gagné
- Des
mondes plus vastes et plus vivants.
- Une
reconstitution historique toujours plus impressionnante.
- Des
systèmes de progression plus complets.
- Une
durée de vie colossale.
- Une
diversité de périodes historiques exceptionnelles.
Ce que la série
a parfois perdu
- Une
infiltration au cœur de l'expérience.
- Des
assassinats préparés avec minutie.
- Une
identité plus clairement définie.
- Un
rythme narratif plus maîtrisé.
La vérité se situe probablement entre les deux visions.
Les premiers épisodes proposaient une formule plus originale
et plus cohérente. Les plus récents offrent quant à eux une liberté
d'exploration et une richesse de contenu sans commune mesure.
Le retour de Black Flag : Un symbole fort pour l'avenir de la licence
Alors qu'Ubisoft continue d'explorer de nouvelles directions
avec Assassin's Creed, l'arrivée annoncée d'Assassin's
Creed IV : Black Flag Resynced apparaît comme un choix particulièrement
symbolique. Plus qu'un simple remake, ce retour vers l'un des épisodes les plus
appréciés de la série témoigne de la volonté de l'éditeur de renouer avec une
période que beaucoup considèrent comme l'âge d'or moderne de la franchise.
À sa sortie en 2013, Black Flag avait réussi
l'exploit de séduire aussi bien les amateurs d'Assassin's Creed que les joueurs
attirés par son univers de pirates, ses batailles navales et son immense
sentiment de liberté. En revisitant cette aventure avec les technologies
actuelles, Ubisoft ne cherche pas seulement à moderniser un classique : le
studio rappelle également ce qui a fait la force de la licence pendant près de
vingt ans, à savoir sa capacité à mêler personnages marquants, reconstitutions
historiques ambitieuses et gameplay spectaculaire.
L'existence même de Black Flag Resynced illustre
finalement l'équilibre délicat que tente aujourd'hui de trouver Assassin's
Creed. Entre l'héritage laissé par les premiers épisodes, les ambitions RPG
de la période Origins-Odyssey-Valhalla et les nouvelles expérimentations
portées par Shadows, la saga continue de naviguer entre tradition et modernité.
Un exercice complexe, mais qui explique sans doute pourquoi la licence demeure,
près de deux décennies après ses débuts, l'une des plus importantes de l'industrie
vidéoludique.
Une saga qui continue de se réinventer
Peu de licences peuvent se vanter d'avoir traversé près de
vingt ans tout en restant aussi populaires. Assassin's Creed a connu des
sommets, des remises en question et plusieurs métamorphoses majeures, mais il a
toujours su conserver ce qui fait son ADN : permettre aux joueurs de voyager
dans l'Histoire comme aucune autre série ne le fait.
Lire aussi : Assassin’s Creed Black Flag Resynced livre une nouvelle bande-annonce
D'Altaïr à Naoe, des ruelles de Jérusalem aux provinces du Japon féodal, la franchise a parcouru un chemin impressionnant. Et si les débats continuent d'opposer les amateurs de la formule classique aux défenseurs de l'ère RPG, une chose reste certaine : Assassin's Creed demeure l'une des licences les plus influentes du jeu vidéo moderne.
> Pour en savoir plus : Le
site Ubisoft d'Assassin's Creed













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