samedi 31 janvier 2026

#CesJeuxOubliésQuiNousManquent : Enslaved - Odyssey to the West, le voyage qu’on n’a jamais vraiment oublié

Enslaved - Odyssey to the West
Retour sur ces jeux qui ont marqué leur époque… avant de tomber dans l’oubli. Direction l’Ouest dans une Odyssey qui nous a permis de faire la rencontre de Monkey et Trip, deux personnages que l’on a jamais oublié dans ce jeu qui montrait déjà lors de sa sortie tous le talent de Ninja Theory. On a rebranché la PS3 pour rejouer à Enslaved : Odyssey to the West… 

Enslaved - Odyssey to the West
À sa sortie, Enslaved : Odyssey to the West a divisé, parfois déçu, souvent été mal compris. Trop narratif pour certains, pas assez libre pour d’autres, le jeu de Ninja Theory est rapidement sorti des radars. Avec le recul, il apparaît pourtant comme une œuvre fondatrice, annonciatrice de ce que le studio britannique accomplira plus tard.

Un jeu qu’on n’attendait pas, mais qui a laissé une trace

Sorti en 2010 sur PlayStation 3 et Xbox 360, Enslaved : Odyssey to the West fait partie de ces jeux qui ne se sont jamais imposés par leurs chiffres, mais qui ont durablement marqué ceux qui ont pris le temps de s’y plonger. À sa sortie, le titre de Ninja Theory n’a pas vraiment trouvé son public, éclipsé par une concurrence féroce et des attentes parfois mal alignées avec ce qu’il proposait réellement.

Et pourtant, quinze ans plus tard, difficile de ne pas repenser à ce voyage singulier, à cette relation entre deux personnages que tout opposait et à ce monde post-apocalyptique étonnamment lumineux. Enslaved est de ces jeux imparfaits, maladroits par moments, mais profondément sincères. Des jeux qui nous manquent, car on a pris beaucoup de plaisir quand on l’a découvert et que ça a laissé une empreinte indélébile dans notre mémoire de gamer.

Enslaved - Odyssey to the West

Un monde post-apocalyptique à contre-courant

À une époque où le post-apo rimait souvent avec grisaille, ruines fumantes et désespoir permanent, Enslaved prenait tout le monde à revers. Son monde, envahi par la végétation, était coloré, vivant, presque apaisant malgré l’effondrement de l’humanité. Une direction artistique forte, immédiatement identifiable, qui donnait au jeu une identité unique. Quand on a replongé dedans, quelques quinze années plus tard, il a été difficile de ne pas trouver des similitudes avec la saga Horizon.

Explorer ces paysages était un plaisir en soi. Pas pour leur liberté, car Enslaved reste très linéaire, mais pour leur atmosphère. Le monde racontait déjà une histoire sans avoir besoin de multiplier les dialogues ou les écrans explicatifs.

« Sorti trop tôt et oublié trop vite, Enslaved : Odyssey to the West reste l’un de ces jeux marquants qui nous manquent encore aujourd’hui. Retour sur une œuvre clé de Ninja Theory »

Monkey et Trip : un duo au cœur de l’expérience

Le cœur d’Enslaved, ce n’est pas son système de combat ni ses phases de plateformes, mais bien la relation entre Monkey et Trip. Deux personnages contraints de voyager ensemble, liés par un dispositif de contrôle aussi cruel que symbolique.

Monkey, brute instinctive et Trip, ingénieure brillante mais vulnérable, apprennent à se faire confiance au fil du périple. La dynamique fonctionne étonnamment bien, en grande partie grâce à un travail remarquable sur l’animation faciale et la performance des acteurs. Andy Serkis, notamment, insuffle à Monkey une vraie humanité, bien loin de l’archétype du héros d’action muet. Un rôle de plus à mettre au crédit de l’acteur britannique qui ne cesse de se glisser avec justesse dans chacun des personnages qu’il incarne (de Gollum au Capitaine Haddock en passant par Cesar dans La planète des singes).

À l’époque, peu de jeux proposaient une relation aussi crédible et nuancée entre leurs protagonistes. Avec le recul, Enslaved faisait déjà ce que beaucoup de productions narratives feront plus tard… mais en silence. Avec le recul, on se dit que c’est parce que le jeu n’a pas rencontré le succès qu’il était en droit de prétendre qu’il a inspiré bon nombre de développeurs.

Une écriture ambitieuse, trop discrète pour son époque

L’un des aspects les plus souvent oubliés d’Enslaved, c’est son scénario, coécrit par Alex Garland (Ex Machina, 28 jours plus tard). Inspiré librement du roman chinois Le Roi Singe, le jeu aborde des thèmes étonnamment modernes : le contrôle, la dépendance, la liberté, la manipulation technologique.

Rien n’est asséné frontalement. Enslaved préfère suggérer, parfois au risque de passer à côté de certains joueurs. Un choix audacieux… mais pas forcément payant en 2010, à une époque où les blockbusters misaient davantage sur le spectaculaire que sur la subtilité.

Enslaved - Odyssey to the West

Un gameplay imparfait, et c’est aussi pour ça qu’on l’a oublié

Il serait malhonnête de parler d’Enslaved sans évoquer ses limites ludiques. Les combats, s’ils restent fonctionnels, manquent vite de profondeur. Les phases de plateformes sont très dirigées, parfois même trop, laissant peu de place à l’expérimentation.

Ce manque de liberté, assumé pour servir la narration, a clairement joué contre le jeu. À l’époque, Enslaved pouvait donner l’impression d’un titre bridé, coincé entre jeu d’action et aventure narrative, sans pleinement embrasser l’un ou l’autre. Et pourtant, ce sont souvent ces défauts qui rendent le souvenir si marquant : on se souvient moins de ses combats que de ce qu’il racontait.

Enslaved - Odyssey to the West

Enslaved, le jeu-charnière de Ninja Theory

Avec le recul, Enslaved : Odyssey to the West apparaît comme une véritable pierre angulaire dans l’histoire de Ninja Theory. Après Heavenly Sword, le studio britannique cherchait encore sa voie. Enslaved, malgré son échec commercial, posait déjà les bases de ce qui allait définir son identité.

Cette obsession pour la performance capture, pour les émotions des personnages, pour la narration intégrée au gameplay, on la retrouvera plus tard dans le très clivant Devil May Cry (2013). Un reboot discuté, parfois rejeté, mais qui, comme Enslaved, assumait une vision artistique forte.

« Ninja Theory montrera également sa capacité d’adaptation sur des projets plus encadrés comme Disney Infinity, prouvant une maîtrise technique et artistique rarement prise en défaut »

Mais c’est évidemment avec Hellblade : Senua’s Sacrifice que le studio exploitera pleinement tout ce qu’Enslaved esquissait déjà. Narration introspective, douleur psychologique, performance d’acteurs poussée à l’extrême… Hellblade n’aurait sans doute jamais existé sans ce voyage imparfait qu’était Enslaved.

Enslaved - Odyssey to the West

Pourquoi il serait mieux reçu aujourd’hui

En 2026, le regard sur Enslaved serait sans doute très différent. Les joueurs sont désormais habitués à des expériences narratives lentes, à des jeux qui privilégient le fond à la forme, à des compagnons crédibles et émotionnels.

Ce qui semblait contraignant à l’époque passerait aujourd’hui pour un choix de design assumé. Et ce monde post-apocalyptique lumineux résonnerait probablement encore plus fort face à l’uniformisation visuelle de certains titres actuels.

Enslaved - Odyssey to the West

Pourquoi Enslaved nous manque encore aujourd’hui ?

Enslaved : Odyssey to the West n’était pas un jeu parfait. Il était parfois frustrant, souvent maladroit, mais toujours sincère. Il osait raconter autre chose, autrement, sans chercher à plaire à tout prix.

Avec ce titre, Ninja Theory montrait déjà une ambition claire, celle de faire du jeu vidéo un vecteur d’émotion et de narration, même au détriment du confort ou de l’action pure. Une ambition qui n’a pas payé sur le moment, mais qui a laissé une empreinte durable.

Lire aussi : Enslaved, Odyssey to the West, notre test PS3 (2010)

Mate la bande-annonce de Enslaved - Odyssey to the West :

#CesJeuxOubliésQuiNousManquent

Parce que certains jeux disparaissent des radars… mais jamais de la mémoire des joueurs.

Et toi, est-ce que tu avais fait le voyage avec Monkey et Trip ?

Est-ce qu’Enslaved : Odyssey to the West te manque encore aujourd’hui ? 

Enslaved Odyssey to the west PS3
> Enslaved : Odyssey to the West
un jeu Ninja Theory
sur PS3, Xbox 360 et PC.
+d'infos : ENSLAVED Odyssey to the West Premium Edition sur Steam

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