SOMMAIRE
1. Héritier du vent : La genèse de Ghost of Yōtei
2. Entre vengeance et rédemption : L’histoire
d’Atsu
3. la nouvelle leçon visuelle de Sucker
Punch
4. Le souffle du sabre : Entre
tradition et évolution
5. Entre ombre et lumière : le chant du
dernier souffle
LE TEST DE GHOST OF YOTEI SUR PS5
Après l’ouragan Ghost of Tsushima, sorti en 2020, il
était difficile d’imaginer que Sucker Punch puisse recréer un tel équilibre
entre contemplation et intensité. Et pourtant, cinq ans plus tard, le studio
américain remet son sabre au clair avec Ghost of Yōtei, une nouvelle
fresque d’action-aventure éditée par Sony, disponible exclusivement sur PS5
depuis le 2 octobre 2025.
Héritier du vent : La genèse de Ghost of Yōtei
Le jeu s’inscrit directement dans l’héritage du samouraï Jin Sakai, mais sans tomber dans la simple redite. Là où Tsushima retraçait la lutte d’un homme face à l’envahisseur mongol, Yōtei explore la renaissance d’une âme brisée dans un Japon plus froid, plus sauvage et profondément introspectif. On y incarne Atsu, une mercenaire solitaire marquée par l’assassinat de son père, sa mère et de son frère, bien décidée à traquer le gang des « Six de Yōtei », responsable du massacre. Sa quête de vengeance devient vite une réflexion sur la survie, la loyauté et la nature du sacrifice.Si tu veux replonger dans les origines de cette saga, tu
peux (re)lire notre test
complet de Ghost of Tsushima pour mesurer à quel point Yōtei en
est l’évolution naturelle, plus rugueux, plus maîtrisé et surtout plus humain.
« Ghost of Yōtei marque une étape technique
importante pour Sucker Punch : il s'agit de leur première aventure pensée
exclusivement pour la PS5, exploitant pleinement la puissance de la
console »
Ghost of Yotei s’impose comme une étape
technologique clé, il s’agit du premier jeu de Sucker Punch entièrement conçu
pour la PS5, tirant parti du SSD ultra-rapide, du retour
haptique de la DualSense, du pavé tactile, du gyroscope et d’une spatialisation
audio 3D bluffante. Le moteur de rendu retravaille chaque texture, chaque
reflet de lame, chaque murmure du vent, pour donner vie à la région d'Ezo, terrain de jeu (mortel) d'Atsu.
Derrière cette maîtrise technique, on retrouve toute
l’identité et le savoir-faire du studio : le sens du mouvement fluide d’inFamous,
la narration silencieuse héritée de Tsushima et cette faculté unique à
créer des héros imparfaits mais profondément humains.
🌸 Point fort : Une
transition brillante entre héritage et renouveau, qui confirme la maturité
artistique de Sucker Punch.
🍂
Point faible : Un risque assumé de rester trop proche de Tsushima
dans son ADN narratif, au détriment d’une vraie rupture.
Entre vengeance et
rédemption : L’histoire d’Atsu
Au cœur des terres d’Ezo, Ghost of Yōtei t’invite à
endosser le rôle d’Atsu, une mercenaire au passé aussi tranchant que son
sabre. Marquée par le massacre de sa famille par un groupe de seigneurs
renégats surnommés les Six de Yōtei, elle entreprend une quête de
vengeance qui la conduira bien au-delà de la simple justice et qui la
transformera à jamais. Ce voyage solitaire devient peu à peu une introspection
douloureuse, une lutte entre son humanité et la bête qu’elle réveille en elle
pour survivre.Contrairement à Jin Sakai dans Ghost of Tsushima,
Atsu n’est pas guidée par le code des samouraïs. Là où Jin affrontait un
envahisseur extérieur, elle fait face à ses propres ténèbres, à la corruption
qui gangrène les clans du Nord et à la folie de ceux qui croient encore pouvoir
dompter les esprits des montagnes. Cette dualité donne au récit une force
émotionnelle rare, où chaque victoire a un goût amer, chaque silence pèse
lourd.
« Sucker Punch signe ici un récit plus personnel,
moins héroïque mais infiniment plus humain »
Le scénario, à pour fil conducteur la traque de chaque membre des Six de Yōtei. Il s'applique à explorer un pan différent du Japon
féodal : des villages ensevelis sous la neige aux forêts de pins hantées par
des bandits, en passant par des temples isolés dédiés aux divinités.
Ces segments narratifs, inspirés des contes folkloriques d’Hokkaido, offrent
des moments d’écriture puissants, souvent contemplatifs, où la poésie et la
brutalité s’entremêlent.
Sucker Punch mise sur une narration plus fragmentée par
les rencontres et par les flashbacks. Atsu découvre une vérité nouvelle sur son
passé, sur les illusions qu’elle s’est construites et sur le rôle qu’elle est
censée jouer dans un monde au bord du chaos.
🌸 Point fort : Une
histoire introspective et tragique, portée par un personnage féminin fort et
nuancé et une écriture mature dans la continuité spirituelle de Ghost of
Tsushima.
🍂
Point faible : Un rythme parfois inégal, certains arcs secondaires
s’étirant un peu trop.
la nouvelle leçon
visuelle de Sucker Punch
Dès les premières minutes, Ghost of Yōtei en met
plein la rétine. Le jeu offre des paysages d’une richesse visuelle à couper le
souffle. Les montagnes se parent d’une
lumière saisissante, où chaque rayon de soleil semble se heurter aux particules
et autres éléments qui virevoltent. La gestion dynamique de la neige, qui
se tasse sous les pas d’Atsu ou les feuilles et pétales qui se soulèvent sous
les rafales de vent, participe à cette impression de réalisme organique que peu
de jeux parviennent à atteindre.Mais là où Ghost of Yōtei se démarque vraiment, c’est
par sa direction artistique. Elle se veut contemplative, épurée et
recherchée. Les couleurs oscillent entre le blanc éclatant des parterres de
fleurs, le rouge sang des combats, le jaune des feuilles et le noir profond des
ombres nocturnes. On sent ici une influence directe du cinéma de Kurosawa et du
minimalisme pictural japonais. Chaque plan semble composé comme une estampe
mouvante, même les moments les plus violents conservent une certaine grâce visuelle,
comme si la beauté persistait malgré la cruauté du monde.
« On retrouve le Mode Kurosawa qui permet de
jouer en noir et blanc avec le grain des films de samouraïs »
La bande-son de Ghost of Yōtei mérite une
mention spéciale. Composée par Toma Otowa (déjà à l’œuvre sur Ratchet & Clank : Rift Apart),
elle accompagne chaque moment avec une justesse bouleversante. Les sonorités
traditionnelles japonaises (shakuhachi, koto, shamisen) s’entrelacent avec des
nappes orchestrales plus modernes pour créer un paysage sonore à la fois
spirituel et mélancolique. Chaque région explorée d’Ezo possède sa propre
identité musicale : les plaines balayées par le vent vibrent d’une flûte
solitaire, les forêts résonnent du murmure des tambours taiko et les combats
contre les Six de Yōtei explosent dans un crescendo dramatique d’une intensité
rare.
🌸 Point fort : Une
direction artistique élégante, sublimée par des environnements
dynamiques et une lumière magistrale.
🍂
Point faible : Quelques variations sonores un peu discrètes dans
certaines zones secondaires, moins inspirées que les grands thèmes narratifs et
le rendu de certains PNJ.
Le souffle du
sabre : Entre tradition et évolution
Ghost of Yōtei reprend l’ADN du gameplay de Ghost
of Tsushima tout en le réinventant et ce n’est pas une simple formule de
style. Le combat garde cette même élégance chorégraphiée, où chaque coup de
katana doit être pensé, anticipé, ressenti. Mais ici, tout est plus viscéral, simplement différent avec la possibilité (et même la nécessité)
de changer d’armes pour s’adapter à son ennemi. Atsu ne combat pas comme un
samouraï au service du code, elle frappe comme une survivante guidée par la
rage et la douleur. Ce choix se traduit directement dans le game design,
plus brutal et moins académique que celui du précédent opus.Les affrontements ne sont plus construits autour du système de postures
adaptatives, Atsu ne peut compter que sur ses armes. En début de combat,
Atsu a le choix des armes (pour peu qu’elles ont été débloquées), au fur et à
mesure qu’elle frappe (sans se faire toucher) sa jauge de colère se remplit et
permet de libérer le hurlement de l’Onryo qui s’avère dévastateur. Cette
mécanique, à la fois esthétique et tactique, pousse à un équilibre constant
entre précision et furie. Les duels contre les Six de Yōtei, véritables boss
d’anthologie, exploitent cette idée à merveille. on sent physiquement la
tension monter, le rythme cardiaque s’accélérer, la musique s’intensifier. À
propos de l’affrontement avec les Six, Sucker Punch a voulu laisser au joueur le
choix de quand les affronter, sans que cela soit scripter. Chacun prendra soit
le temps d’explorer les différentes zones de cet open world (et toutes les
« activités » à accomplir pour gagner en puissance et en maîtrise) ou
de foncer droit à l’objectif. Personnellement, on a opté pour l’option 1, mais
cela s’est fait de façon naturelle, on s’est laissé porter par le vent de la
liberté qui souffle au pied du Mont Yōtei.
« Plus instinctif, plus brut, Ghost of Yōtei troque la
rigueur du samouraï pour la rage du survivant »
Quant à l’exploration, elle s’inscrit dans une
continuité naturelle avec le précédent titre de Sucker Punch. Le vent
reste ton guide, mais il n’est plus seulement directionnel, il devient
sensoriel. Les bourrasques te conduisent vers des secrets, les tourbillons de
neige révèlent des sanctuaires oubliés, les renards, les oiseaux et la louve sont
aussi des guides de bonne fortune.
« C’est une méditation interactive sur la vengeance et
la beauté, qui prouve que le sabre de Sucker Punch tranche toujours avec
élégance. »
L’héritage de Ghost of Tsushima est évident, mais Ghost
of Yōtei en réécrit les fondations. Là où Jin Sakai incarnait la rigueur du
sabre et la discipline du Bushidō, Atsu incarne l’instinct brut et la rage de
vivre. Le gameplay abandonne la perfection chorégraphiée de Tsushima
pour une approche plus instinctive, plus emplit de souvenirs, donc plus
humaine. Chaque affrontement dans Yōtei paraît moins « maîtrisé », mais
plus sincère, une sorte de combat de survie où l’émotion prime sur la
technique. Là où Tsushima récompensait la patience et la précision, Yōtei
valorise la lecture de l’adversaire et l’adaptation constante. Une différence
de philosophie qui transforme la manière de jouer autant que la manière de
ressentir le combat.
🌸 Point fort : Un
système de combat à la fois fluide et nerveux, sublimé par une dimension
émotionnelle et spirituelle.
🍂
Point faible : Quelques mécaniques d’infiltration et d’exploration perfectibles,
parfois redondantes dans les zones secondaires.
Entre
ombre et lumière : le chant du dernier souffle
Avec Ghost of Yōtei, Sucker
Punch confirme qu’il n’est pas simplement un studio de maîtrise, mais un studio
de maturité. Le jeu n’est pas une redite de Ghost of Tsushima,
mais bien une évolution naturelle, plus intime, plus tragique et
peut-être plus audacieuse encore. Yōtei explore la douleur individuelle,
la perte et la quête d’humanité.Sur le plan visuel, le résultat
force le respect. Une nouvelle fois, les limites de la PS5 sont repoussées. La
console livre des panoramas à la beauté bluffante. Chaque plan semble respirer,
chaque bourrasque semble vivante et la direction artistique transforme la
moindre colline en tableau mouvant. La bande-son de Toma Otowa, en parfaite
symbiose avec cette esthétique contemplative, accompagne chaque émotion avec
une élégance rare. Ensemble, image et musique tissent une expérience
sensorielle où le joueur ne se contente pas de regarder : il ressent.
« Après Ghost of Tsushima,
Sucker Punch revient plus fort que jamais avec une nouvelle ode à la vengeance
et à la rédemption. »
En définitive, Ghost of Yōtei
est plus qu’une suite spirituelle : c’est une méditation sur la violence, la
beauté et la mémoire. Un jeu où chaque pas raconte une histoire, où chaque
duel devient une prière, et où chaque silence pèse autant qu’une lame tirée du
fourreau. Sucker Punch signe ici une œuvre d’une rare justesse, qui prend son
temps et qui nous permet de prendre le nôtre pour découvrir cet open world dans
lequel on s’est plu à vagabonder. Ghost of Yōtei prouve qu’il est encore
possible de marier action et émotion, contemplation et intensité, sans jamais
perdre l’âme du sabre.
L’HISTOIRE : 4,5/5
IMAGE ET SON : 4,5/5
GAMEPLAY : 5/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 5/5
[ LA NOTE : 19/20 ]
Lire aussi : Le test de Final Fantasy Tactics - The Ivalice Chronicles sur PS5 : Le retourroyal de la stratégie sur PS5
Mate la bande-annonce de Ghost of Yotei :
> Ghost of Yotei,
un jeu Sony
sur PS5,
déjà dispo.
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