#Samedi1jeu | Il y a des jeux qui misent sur la stratégie, d’autres sur la chance. Et puis il y a 1 % Evil Dead 2, qui demande de faire quelque chose d’un peu plus déraisonnable : survivre suffisamment longtemps pour tenter un lancer de dés presque impossible. Avec son univers horrifique bien barré, ses enchères, ses accusations de bluff et son fameux objectif de faire apparaître un double 0, le jeu de cartes et de dés signé Luke Melia reprend le principe de 1 % pour le plonger dans l’univers culte d’Evil Dead 2. Et forcément, lorsqu’un jeu te promet seulement 1 % de chances de réussir, on a très envie de tenter notre chance. C’est avec un exemplaire fourni par l’éditeur que l’on a testé 1 % Evil Dead 2, voici notre verdict…
Evil Dead : Une saga qui ne refuse jamais une bonne dose
de folie
« Quarante-cinq ans après le premier coup de tronçonneuse de Sam Raimi, Evil Dead continue de transformer l’horreur en terrain de jeu »
Et la saga ne s’est pas arrêtée là. En 2026, Evil Dead
Burn, réalisé par le Français Sébastien Vaniček, apporte une nouvelle
vision de cet univers horrifique. Le réalisateur de Vermines reprend à
son tour le flambeau avec une histoire indépendante, tout en conservant cette
capacité propre à Evil Dead à mélanger violence, possession et humour noir. Autant
dire que 1 % Evil Dead 2 ne manque pas de matière pour construire son
identité. Tronçonneuses, têtes coupées, mains possédées, fusils et Necronomicon
s’invitent ici autour de la table pour transformer une simple partie de bluff
en bataille de survivants.
Un principe simple : Annoncer, bluffer… et survivre
Le principe de 1 % Evil Dead 2 est particulièrement
facile à prendre en main. Chaque joueur possède des cartes représentant
différentes familles d’éléments directement inspirés de l’univers du film. À
ton tour, tu dois annoncer combien de cartes d’une même famille tu penses être
présentes au total parmi les joueurs. Tu peux évidemment dire la vérité, mais
ce serait beaucoup moins drôle. Tu peux aussi annoncer une quantité que tu ne
peux absolument pas justifier avec ta propre main. Le joueur suivant doit alors
surenchérir, en conservant ou non la même famille. Petit à petit, les chiffres
montent et la tension s’installe. Jusqu’au moment où quelqu’un décide que ça
suffit.
« Pour rester en vie, il faut savoir mentir avec suffisamment d’assurance pour que les autres commencent à douter »
Il peut alors contester l’annonce en lançant « C’est faux
! ». Les cartes sont révélées et chacun doit alors assumer son choix. Ceux
qui se sont trompés sont éliminés de la manche. Heureusement, pas
définitivement, ils pourront revenir lors de la suivante. Le but est surtout de
parvenir à rester le dernier survivant. Et c’est là que 1 % Evil Dead 2 fonctionne
particulièrement bien. Parce que le jeu ne te demande pas seulement de compter.
Il faut écouter les annonces précédentes, observer les réactions, jauger les
autres joueurs et décider si tu as suffisamment d’informations pour prendre le
risque de dénoncer un bluff.
Le bluff comme arme de survie
La mécanique fonctionne parce qu’elle crée rapidement une
forme de paranoïa ludique, à l’instar du film. Un joueur annonce une quantité
qui semble énorme. Est-ce du bluff ? Possède-t-il réellement suffisamment de
cartes pour faire une telle déclaration ? Cherche-t-il simplement à vous
pousser à contester trop tôt ? Impossible d’en être certain. Et plus les tours
passent, plus chaque annonce devient intéressante. Il faut apprendre à prendre
des risques sans tomber dans le piège de la surenchère systématique. Une
accusation réussie peut faire basculer une manche, mais une mauvaise intuition
peut également vous faire disparaître immédiatement. Le jeu trouve ici son
meilleur carburant : la discussion autour de la table. On argumente. On
soupçonne. On provoque. On tente de faire croire que l’on sait quelque chose
alors que l’on n’en sait absolument rien. Bref, on fait exactement ce que l’on
attend d’un bon jeu de bluff.
« Survivre à la manche n’est que la première étape, il faut ensuite décider jusqu’où vous êtes prêt à faire confiance aux dés »
Une fois tous les autres joueurs éliminés, le dernier
survivant accède à la phase la plus particulière du jeu : les Récompenses.
C’est ici que le fameux 1 % entre réellement en scène. Ton objectif est de
parvenir à obtenir le résultat gagnant avec tes deux dés à dix faces. Le double
0 représente le jackpot ultime, celui qui donne son nom au jeu et qui
transforme un lancer improbable en victoire immédiate. Mais tu n’es pas obligé
de te contenter de jouer ton va-tout immédiatement. Les cartes Récompense
permettent progressivement de modifier tes probabilités de réussite. Certaines
ajoutent des numéros gagnants, tandis que d’autres offrent des effets
susceptibles de t’aider lors des prochaines manches. Et c’est probablement l’un
des éléments les plus intéressants du jeu : le choix entre tenter sa chance
maintenant ou préparer son prochain coup.
Des probabilités qui deviennent de plus en plus dangereuses
La progression des cartes Récompense apporte une vraie
personnalité au jeu. Au début, ton objectif semble complètement absurde.
Obtenir le bon résultat avec deux dés paraît relever du miracle. Puis les
cartes commencent à modifier tes possibilités. tu accumules progressivement des
numéros gagnants et tu te retrouves avec une probabilité de réussite bien plus
intéressante. Le jeu crée ainsi une petite montée en puissance très agréable. On
commence par jouer pour survivre. Puis on joue pour obtenir des récompenses. Et
enfin, on commence à regarder les dés avec une lueur d’espoir. C’est aussi ce
qui permet aux parties de ne pas se résumer à une succession de manches
identiques. Ta manière d’aborder le jeu évolue en fonction des récompenses
obtenues et de la situation autour de la table.
Une ambiance Evil Dead qui fait mouche
Le choix d’Evil Dead 2 comme univers apporte
énormément au jeu. Les différentes familles de cartes reprennent des éléments
immédiatement reconnaissables de l’univers de Sam Raimi. Tronçonneuses, têtes,
mains et autres objets associés à la saga donnent une identité forte à chaque
partie. Et surtout, le ton colle parfaitement au fonctionnement du jeu. Evil
Dead n’a jamais été une saga d’horreur classique. Son ADN repose justement
sur ce mélange entre gore, humour, excès et situations complètement absurdes.
« Les cartes ne se contentent pas de porter le nom Evil Dead, elles transforment les références de la saga en éléments de jeu »
Cette philosophie fonctionne particulièrement bien avec un
jeu où l’on peut très sérieusement discuter du nombre de têtes ou de
tronçonneuses supposément présentes autour de la table. Les illustrations
d’Eliza Bolli participent largement à cette ambiance et permettent au jeu de ne
jamais donner l’impression d’avoir simplement collé une licence sur une
mécanique existante. Pour les connaisseurs de la saga, les références font
évidemment plaisir. Pour les autres, elles donnent surtout au jeu une
personnalité visuelle immédiatement identifiable.
À plusieurs, c’est là que la tronçonneuse devient vraiment intéressante
Avec une configuration allant de deux à six joueurs, 1 %
Evil Dead 2 peut s’adapter à différentes situations. À plusieurs, les
échanges prennent naturellement plus d’ampleur. Les annonces se croisent, les
informations deviennent plus difficiles à interpréter et les comportements des
joueurs deviennent eux-mêmes des indices. À deux, l'expérience change forcément
de nature puisque la dimension de groupe disparaît en partie. Mais le principe
de bluff et de prise de risque reste présent. Ce que l’on apprécie surtout,
c’est que les joueurs éliminés pendant une manche n’ont pas à attendre
indéfiniment. Une nouvelle manche leur permet de revenir immédiatement dans la
partie. Pour un jeu d’ambiance et de bluff, c’est un excellent choix. Personne
n’a envie de rester assis dix ou quinze minutes à regarder les autres jouer.
Un petit jeu qui aime les gros risques
Si tu connais déjà les jeux de bluff basés sur les enchères et les probabilités, 1 % Evil Dead 2 ne va probablement pas révolutionner ta manière de jouer. Mais ce n’est pas vraiment son ambition. Son intérêt se trouve ailleurs, dans sa capacité à rendre la mécanique immédiatement accessible et à lui donner une vraie personnalité grâce à l’univers Evil Dead 2. Les règles sont rapidement assimilées, les manches s’enchaînent sans temps mort et les retournements de situation sont suffisamment fréquents pour maintenir l’attention. Surtout, le jeu crée cette petite tension très particulière qui apparaît lorsque quelqu’un fait une annonce totalement improbable et que tout le monde autour de la table commence à se demander s’il faut le croire. Et lorsque vient enfin le moment de lancer les dés, le jeu change complètement de registre. Tu as survécu. Tu as obtenu tes récompenses. Tu as amélioré tes probabilités. Et maintenant, il faut accepter de laisser ton destin à deux petits dés. C’est cruel, c’est parfois frustrant, mais lorsque le résultat tombe et que tu décroches enfin la victoire, la satisfaction est immédiate.
« 1 % Evil Dead 2 sait parfaitement comment le bluff nerveux, accessible et amusant »
1 % Evil Dead 2 est un jeu de bluff efficace qui doit
beaucoup à l’association entre une mécanique simple à comprendre et une licence
parfaitement adaptée à son esprit. On aime la rapidité des parties, les
accusations de bluff, les discussions autour de la table et surtout cette
montée en puissance qui transforme progressivement une chance minuscule en
véritable possibilité de victoire.
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Le jeu ne révolutionne évidemment pas le genre, mais il possède une qualité essentielle : on a envie de relancer les dés et de reprendre sa revanche, car, dans l’univers d’Evil Dead, finalement, tout est possible : Même gagner avec 1 % de chances.
Fiche technique | 1% Evil Dead 2
Éditeur : iello
Auteur : Luke Melia
Illustrations : Eliza Bolli
Nombre de joueurs : 2 à 6
Âge conseillé : à partir de 14 ans
Durée : 30 minutes
+d'infos : 1 % Evil Dead 2 - IELLO
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