#LeJeuDuMercredi | Et si le bon vieux Yams passait à la vitesse supérieure ? Avec Miams, les dés se transforment en « salade » de fruits et les combinaisons classiques gagnent une bonne dose de pouvoirs spéciaux. Accessible, rapide et franchement gourmand, le jeu de Jules Messaud cherche à moderniser une mécanique que l'on connaît tous…
Un Yams qui a mangé des fruits au petit-déjeuner
À l'origine de Miams, on retrouve Jules
Messaud, auteur notamment d'Akropolis, accompagné ici de Ben
Renaut aux illustrations. Le jeu est édité par KYF Edition et
distribué par Asmodee. Le principe est immédiatement identifiable.
On a cinq dés, des combinaisons à réaliser et une seule relance pour tenter
d'améliorer son résultat. Mais là où le Yams traditionnel se contente
essentiellement de remplir une grille de score, Miams ajoute une
véritable couche de progression.
« Miams reprend une mécanique connue pour lui donner davantage de rythme et de possibilité »
Paire, brelan, full, carré, suite ou cinq fruits identiques
permettent de remplir différentes lignes de sa feuille et de récupérer des
bonus. Ces derniers prennent notamment la forme d'étoiles, de relances
supplémentaires ou de précieux dés rouges. Surtout, les étoiles servent ensuite
à acquérir des cartes Miams, qui vont progressivement personnaliser
notre partie. C'est cette idée qui donne au jeu son petit goût de reviens-y,
car le hasard reste bien présent, mais on dispose progressivement de davantage
d'outils pour essayer de le dompter.
Des dés, des fruits et des choix qui comptent
Chaque tour commence par le lancer des cinq dés blancs.
L'objectif est de réaliser l'une des six combinaisons proposées sur sa feuille.
Après le premier lancer, une unique relance permet de conserver certains dés et
d'en remettre d'autres en jeu. Une fois la combinaison obtenue, il faut choisir
la ligne à compléter. Le système est particulièrement intéressant puisque
chaque ligne possède plusieurs cases à remplir et peut débloquer différents
bonus. On ne cherche donc pas uniquement à obtenir « la meilleure » combinaison
possible, il faut aussi réfléchir à celle qui sert le mieux son développement.
« Lancer, scorer, acheter : trois étapes simples qui cachent quelques vrais dilemmes »
Les cartes Miams arrivent ensuite dans
l'équation. Disponibles dans une rivière commune, elles peuvent être achetées
avec les étoiles accumulées et apportent des effets permanents, ponctuels ou
liés au scoring. Certaines permettent de modifier les résultats, d'autres d'améliorer
ses possibilités de relance ou de renforcer certaines combinaisons. Et c'est là
que Miams commence véritablement à se démarquer. Au fil des
tours, on ne se contente plus d'espérer un bon lancer : on construit
progressivement une petite machine à combos. Certaines cartes fonctionnent
particulièrement bien ensemble et peuvent transformer un tour moyen en
véritable festival de points. Le jeu se termine lorsqu'un joueur atteint
les 50 cœurs. La manche en cours est alors terminée avant de
comparer les scores, les cœurs et les étoiles restantes.
Des fruits colorés et des combos qui donnent le sourire
C'est probablement là que le jeu fonctionne le mieux. Miams est
immédiatement sympathique. Les illustrations de Ben Renaut donnent
aux fruits une personnalité décalée et apportent au jeu une identité visuelle
très colorée. Le matériel accompagne bien cette ambiance, avec notamment le
tapis destiné à accueillir la rivière de cartes.
« Miams mise autant sur le plaisir de réussir une combinaison que sur la frustration de la rater »
Mais surtout, le plaisir vient des lancers. Réussir un carré
quand on en avait absolument besoin procure cette petite satisfaction que les
jeux de dés savent si bien provoquer. Et lorsqu'une carte permet ensuite de
transformer cette réussite en un combo encore plus rentable, le jeu peut
devenir franchement jubilatoire. L'autre bonne idée est d'avoir créé une course
plutôt qu'une simple compétition au meilleur score. Voir un adversaire remplir
progressivement sa piste de cœurs met une petite pression supplémentaire. Il
faut parfois abandonner une combinaison confortable pour tenter quelque chose
de plus ambitieux. Les cartes apportent également ce petit pépin de folie qui
manquait peut-être au Yams classique. Elles rendent les parties moins linéaires
et permettent à chacun de développer une stratégie différente.
Un titre qui rassemble facilement autour de la table
Avec ses règles rapidement assimilables, Miams vise
clairement un public familial. Dès 10 ans, il peut facilement
réunir plusieurs générations autour de la table et ne demande pas une longue
explication avant de commencer. La fiche officielle annonce des parties
d'environ 30 minutes, ce qui correspond bien à son format. Les
joueurs qui aiment le Yams, les Roll & Write ou les jeux
de combos devraient naturellement y trouver leur compte.
« Le candidat idéal pour réunir joueurs occasionnels et habitués autour d'une table »
Mais il peut également servir de porte d'entrée vers des
jeux un peu plus modernes, grâce à ses cartes qui introduisent progressivement
des notions de construction et d'optimisation. À deux ou trois joueurs, le
rythme est particulièrement agréable. À quatre ou cinq, l'attente entre les
tours devient forcément un peu plus sensible, d'autant que l'interaction reste
relativement limitée. Bonne surprise également, Miams propose un mode solo,
dans lequel on affronte l'« Incroyable Affamé », avec plusieurs niveaux de
difficulté. Une option bienvenue pour prolonger l'expérience lorsque personne
n'est disponible pour une partie.
Verdict : Le Yams passe à la vitesse supérieure
Soyons honnêtes, Miams ne révolutionne pas le
lancer de dés. Son ADN reste profondément lié au Yams et les amateurs de jeux
très stratégiques n'y trouveront probablement pas une profondeur
exceptionnelle. Le hasard peut également provoquer quelques écarts parfois
difficiles à rattraper. Mais ce serait passer à côté de l'essentiel. Miams prend
une mécanique connue de tous et lui ajoute exactement ce qu'il faut pour la
rendre plus moderne, plus dynamique et surtout plus amusante. Les cartes sont
la véritable bonne idée du jeu : elles donnent envie de construire des combos,
de tenter des coups plus ambitieux et surtout de relancer une partie pour
essayer une autre combinaison de pouvoirs.
« Miams ne réinvente pas les dés, mais il sait parfaitement leur donner un nouveau souffle »
On apprécie aussi cette sensation de montée en puissance.
Les premiers tours sont simples, puis les possibilités se multiplient et les
scores peuvent soudainement décoller. C'est ce côté « encore un tour » qui fait
que l'on se retrouve rapidement à vouloir tenter une dernière partie. Alors
oui, Miams reste un jeu de dés avec sa part de hasard. Mais il
sait transformer cette incertitude en moteur de plaisir plutôt qu'en simple
contrainte.
Lire aussi : Test Flip 7 - Soif de Vengeance : Le stop ou encore passe à l'attaque
Miams, c'est un peu comme un Yams qui aurait décidé de mettre des baskets, de boire un jus de fruits survitaminé et de courir un marathon. C'est simple, coloré, parfois complètement fou… et surtout, ça donne faim de revanche !
Fiche technique | MIAMS
Éditeur : KYF Edition
Auteur : Jules Messaud
Illustrations : Ben Renaut
Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs
Âge conseillé : à partir de 10 ans
Durée : environ 30 minutes
+d'infos : Miams - Asmodee France
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