jeudi 29 juin 2023

Le grand test de Final Fantasy XVI sur PS5

Après de longues années d’attente et de grands espoirs placés dans la seizième itération de la saga culte de Square Enix, on peut enfin suivre les traces de Clive Rosfield dans le monde grandiose de Valisthéa. Après Final Fantasy XV, qui nous avait laissé un goût d’inachevé, on a voulu savoir si la saga pouvait redorer son blason et contenter aussi bien les gamers fans de fantasy, que les gamers qui ne jurent que par l’action RPG. C’est avec un code fourni par l’éditeur que l’on a testé Final Fantasy XVI sur PS5, voici le verdict…

SOMMAIRE
1. Une nouvelle ère commence
2. Valisthéa, notre nouveau terrain de jeu
3. À la portée de tous
4. Un gameplay qui change
5. On s’est laissé embarquer, on a été conquis

LE GRAND TEST DE FINAL FANTASY XVI SUR PS5

Comme la démo le laissait suggérer, Final Fantasy XVI

nous offre un jeu basé sur scénario dense, complexe, prenant et qui ne manque pas de rebondissements. Depuis 1987, c’est la marque de fabrique de la franchise, qui s’est imposée au fil des itérations comme une valeur incontournable du jeu vidéo de rôle et qui a montré l’exemple à de nombreux créateurs pour se lancer dans le genre. Chaque gamer, qui a joué à au moins un titre de la saga, a son préféré, voire plusieurs, et de bons arguments pour le/les défendre contre des détracteurs qui trouvent toujours à redire : Final Fantasy ne laisse pas indifférent.


Une nouvelle ère commence

Après le succès massif de Final Fantasy VII Remake (et en attendant sa suite Final Fantasy Rebirth), après le développement chaotique de Final Fantasy XV, qui nous a déçus, non pas parce que c’était un mauvais jeu (au contraire), mais que le résultat final était à l’opposé de ce que l’on nous avait « vendu » au fil du développement (et donc ce que l’on attendait), arrive enfin Final Fantasy XVI. Ce nouvel opus numéroté de la franchise a été développé par la Creative Business Unit III (qui regroupe que des pointures du jeu vidéo) et, plus particulièrement, porté par le producteur Naoki Yoshida à qui l’on doit les succès de Dragon Quest X et Final Fantasy XIV Online. C’est d’ailleurs de ce dernier que vienne une grande partie des personnes qui ont donné vie à FFXVI (des Directeurs Créatif et Artistique en passant par le compositeur et le concepteur des personnages) ce qui explique que l’on retrouve dans le jeu l’influence de FFXIV, comme on le verra tout au long de notre test.

« Final Fantasy XVI repose essentiellement sur une histoire dont le scénario et l’ambiance prennent le temps de se mettre en place »

Dès l’annonce du projet, on a très vite compris que Square Enix plaçait de grands espoirs dans ce seizième volet et que tout a été fait pour maîtriser son développement et éviter les couacs de FFXV. Pour commencer, le jeu se distingue, car c’est le premier Final Fantasy qui propose un RPG 100% action, mais le plus important, c’est que le jeu repose essentiellement sur une histoire dont le scénario et l’ambiance prennent le temps de se mettre en place. Pour apprécier pleinement le jeu, il faut se donner le temps de découvrir le lore de FFXVI, que ce soit l’intrigue, mais tous les éléments qui apportent de l’épaisseur au scénario (la géopolitique de Valisthéa, l’utilité et les conséquences des Cristaux-mères, la raréfaction de l’éther et la conséquence sur les citoyens, les Primordiaux, les Émissaires, les Pourvoyeurs et on en passe). On peut dire que le scénario a été travaillé et on n’en attendait pas moins. Les développeurs sont fans de High Fantasy (un genre qui décrit un monde imaginaire où la magie est présente et où le bien et le mal se confrontent) pour autant ils gardent un côté réaliste qui fait écho à notre monde contemporain puisque la géopolitique de Valisthéa et que la course aux cristaux peuvent facilement se transposer à notre époque si l’on remplace l’éther par le pétrole et les autres énergies fossiles.


Valisthéa, notre nouveau terrain de jeu

Final fantasy XVI nous ouvre les portes de Valisthéa, un monde composé de six nations qui ont forgé leur renommée et qui se sont développées grâce à la protection des Cristaux-mères, des formations gigantesques qui trônent aux quatre coins de ce monde, comme des phares guidant, à la lumière de l'éther, les différentes nations de notre futur terrain de jeu. Ces Cristaux-mères permettent à tout un chacun d'utiliser la magie, mais la raréfaction de l'éther a fait apparaître le fléau noir qui ravage les différentes nations, déclenchant le chaos né de la succession de guerres. Quand on commence l'aventure, on est témoin d'une de ces batailles dont le point culminant est l'affrontement de deux primordiaux (Titan vs Shiva), des divinités gigantesques que possède chacune des nations et qui sont portées par des Émissaires, des élus qui n'ont pas besoin des Cristaux pour utiliser la magie. Les Émissaires étant eux aussi protégés, c'est le cas de Clive, le héros du jeu que l'on va incarner. Clive aurait dû être l’Émissaire de Phénix, le protecteur de l'Archiduché de Rosalia, mais il en a été autrement. Bien qu'il se soit juré de protéger Joshua, son petit frère, un événement tragique va bouleverser la vie de ce héros malgré lui.

« Pour "choper" le joueur, pour le tenir en haleine et lui donner envie d'avancer dans l'aventure, l'histoire se devait d’être dense. »

Au même moment un complot fait assassiner son père l'Archiduc de Rosalia et l'apparition d'un deuxième Émissaire de feu va entraîner la mort de Joshua. On comprend dès lors que Clive est animé par une soif de vengeance pour faire payer le mystérieux homme encapuché pour la mort de son frère. Ainsi débute notre aventure avec un Clive bien décidé de se venger. Final Fantasy XVI nous conte la lutte du bien contre le mal, mais ce n'est pas aussi tranché que ça, car chaque personnage, même les plus sages comme Jill, a ses aspérités, un côté sombre qu'il va devoir affronter à un moment ou à un autre. Inversement, les méchants, comme Benedikta, ont un côté fragile qui brise leur carapace. C'est précisément la rugosité des personnages qui fait la force de l'histoire, car cela muscle le récit pour le rendre prenant. Pour « choper » le joueur, pour le tenir en haleine et lui donner envie d'avancer encore et toujours dans l'aventure, l'histoire se devait d’être dense. Ça passe par un scénario bien ficelé, aux multiples rebondissements, ça passe par ces (nombreux) personnages si bien écrits, bien développés, ça passe par l'Histoire de l'histoire qui donne de la profondeur au cadre de cette aventure. La Creative Business Unit III a mis le paquet en développant le lore et en s'appliquant à détailler son univers dans les moindres détails pour créer un passé à Valisthéa.


À la portée de tous

Le lore de Final Fantasy XVI est complet et complexe, ce qui était une condition sine qua non pour offrir un univers qui tient la route. Afin de ne pas perdre le joueur, ce qui serait contre-productif, l'équipe a mis des éléments à disposition pour que chacun s'y retrouve. Ça passe par les dialogues, par les cinématiques qui racontent l'histoire de Valisthéa, par les « cours » de géopolitique de Viviane et les récits historiques d’Harpocrate, une véritable encyclopédie vivante, mais si l'on veut aller encore plus loin, on a la possibilité de le faire. Il y a un outil très utile dont on a accès en appuyant longuement sur le pad. Il nous propose la « Chronographie », qui met le jeu en pause et qui nous permet d'accéder à une série de vignettes explicatives sur tout ce qui est en rapport avec l'instant T, que ce soit au niveau des personnages, des lieux, des monstres, des ennemis et autres éléments du scénario. Sur l’entièreté de l’aventure, ce sont plus de 2800 infos qui sont inventoriées, quand on évoquait le soin mis dans le détail pour créer l’Histoire de Valisthéa, on faisait référence à cela. C'est un outil très pédagogique, cela donne, à qui veut en savoir plus, les moyens de parfaire ses connaissances sur Valisthéa. Au milieu de l’aventure, on débloque le « Sociogramme » qui permet d’avoir une vision d’ensemble des personnages, leurs relations les uns avec les autres et leur évolution au fil des années. En plus d’être informatifs, ces éléments permettent de faire une pause dans le jeu entre deux moments d'action intenses, comme le recommande Naoki Yoshida : « Nous aimerions que vous vous concentriez en premier lieu sur son histoire. Pour votre première partie, trouvez la combinaison d’accessoires qui vous permettra d’explorer l’histoire sans pression. »

« Les options d’accessibilité donnent la possibilité à tous de se lancer dans l’aventure sans l'appréhension de ne pas y arriver. »

Ce qui frappe avec ce nouveau titre de la saga, c’est qu’un effort considérable a été fait sur l’accessibilité. La Creative Business Unit III a trituré ses méninges afin de trouver la bonne formule qui permettrait à TOUS (les novices, les experts, les vieux briscards de la franchise, comme ceux qui mettent pour la première fois la main sur un Final Fantasy) de jouer à FF16. Les moyens mis en œuvre pour concrétiser ce souhait sont considérables et donnent vraiment la possibilité à tous de se lancer dans l’aventure sans l'appréhension de ne pas y arriver. Très clairement, Final Fantasy XVI est le jeu idéal pour expérimenter son premier Action RPG. On commence par choisir entre le Mode histoire et le Mode action, suivant si on veut plus ou moins de défis. En choisissant le premier, on voit Clive affublé de deux accessoires de soutien (qui peuvent être changés pour pallier ses points faibles) qui font que les combats sont une partie de plaisir, car la majorité des actions sont automatisées. Même quand on joue en Mode action, on a la possibilité de personnaliser son gameplay en fonction de la difficulté. En combat, on peut compter sur l’aide de Talgor, le loup de Clive. On a la possibilité de lui ordonner des actions, mais là encore, on peut s’équiper d’un objet qui le fera agir tout seul. Les options ne manquent pas pour assister ceux qui le souhaitent, afin qu’ils avancent sans souffrir. Pour ceux qui veulent progresser, le mode entraînement permet de maitriser les combos et aide à choisir sa configuration de combat. Il est vraiment appréciable de se voir offrir tant de liberté et d’avoir un jeu capable de moduler la difficulté de son gameplay, car même les plus exigeants seront servis avec le contenu end game qui réserve du défi.


Un gameplay qui change

Le jeu ne nous propose pas de monde ouvert, Valisthéa est composée de donjons linéaires, avec des zones semi-ouvertes dans lesquelles on peut explorer et engager les combats et puis il y a le repaire de Clive qui sert de hub, un endroit où l'on revient régulièrement. Quant à lui, le gameplay est 100 % action, en temps réel, ce qui tranche avec les précédents titres de la franchise. Pour ce coup d’essai, c’est Ryota Suzuki qui endosse le rôle de Directeur des combats. Ainsi, il amène avec lui tout son savoir-faire déployé sur Devil May Cry 5 et
Dragon’s Dogma
, autant dire qu’il n’avait rien à prouver et qu’il a donné à Final Fantasy XVI son propre système de combat qui fonctionne parfaitement. Ici, on contrôle un seul personnage, même si, par moments, on reçoit l'aide de camarades et de Talgor, le compagnon à quatre pattes de Clive. Les combats reposent sur des combos à l'épée, mais aussi sur des sorts de magie pour attaquer à distance. Il ne faut pas oublier l'esquive qui est primordial pour prendre le dessus dans les combats. Si tu ne maîtrises pas l'esquive, tu vas avoir de gros problèmes pour avancer dans le jeu et très vite les monstres vont te bloquer la route. Le système de jeu se muscle avec les pouvoirs des Primordiaux que l’on acquière à mesure qu’on les affronte. Quant à l'arbre de compétence, il permet de s’améliorer et de renforcer son jeu.

« Il y a plein de mécaniques à acquérir pour apprécier et maîtriser pleinement le gameplay du jeu »

Les points de compétence s'acquièrent à mesure que l'on gagne des niveaux. Sur les gros ennemis, une jauge de volonté apparaît. Elle n’est pas sans rappeler la barre de choc de Final Fantasy XIII et elle permet de déstabiliser l'ennemi une fois qu'elle est vidée. Ainsi, il devient vulnérable et on peut alors lui asséner une volée de coups pour multiplier les dégâts, ce qui est indispensable pour que le combat ne s'éternise pas. À mesure que l’on progresse, ça devient de plus en plus ardu et ceux qui pensaient (en se basant sur le début de l'aventure) que ça serait une partie de plaisir, vont revoir leur point de vue, sauf bien sûr s’ils se blindent d’accessoires de soutien qui ont pour fonction de nous faciliter les combats. Après, c'est à chacun de trouver son style de jeu, c'est à chacun de voir s’il veut plus ou moins de facilité, plus ou moins de challenge dans l'avancement du jeu. Donc, il y a plein de mécaniques à acquérir pour apprécier et maîtriser pleinement le gameplay. Pour éviter la lassitude, pour varier le gameplay, il y a les combats entre Primordiaux qui sont un véritable régal pour les yeux. Ce ne sont pas les combats les plus durs, même s’ils peuvent être éprouvants par leur longueur (celui contre Titan a été titanesque), en tout cas, ce sont ceux qui font le plus d'effet visuellement parlant, même s’il faut reconnaître que certains manquaient parfois de lisibilité.


On s’est laissé embarquer, on a été conquis

On attendait la sortie de Final Fantasy XVI, car le projet était mené par Naoki Yoshida et que l’on adore le travail accompli sur FFXIV. On s’est régalé à parcourir Valisthéa et à suivre l’évolution de Clive, de l’ado tourmenté (car rabaissé constamment par sa mère et par l’inquiétude de ne pas pouvoir protéger son frère émissaire), au jeune homme assoiffé de vengeance, à l’homme posé, qui s’est affranchi de sa marque pour embrasser sa destinée en devenant un guerrier protecteur. Alors oui, on est dans un vrai Final Fantasy avec tous les éléments qui ont fait le succès de la saga. Ça passe par son histoire, ses personnages, ses monstres, ses Invocations, mais aussi avec le thème central axé sur les Cristaux-mères. FFXVI aurait très bien pu rejoindre la Fabula Nova Crystallis (un ensemble de jeux gravitants autour de FFXIII) avec les Pourvoyeurs qui ne sont pas sans rappeler les l’Cie. Avec une intrigue plus mature que ce que l'on a l'habitude de voir dans la saga, le titre marque par sa « violence », le sang, le langage cru et la nudité, le jeu a vraiment tout pour séduire. Tout cela renforce le côté sombre et apporte de la profondeur, c'est clair que Final Fantasy XVI ne manque pas de relief. Visuellement, le titre nous a impressionnés par ses décors, le character design et des visages plus expressifs que jamais. Valisthéa est merveilleusement mis en valeur par sa lumière et la diversité des paysages si détaillés.

« FFXVI nous offre beaucoup de cinématiques, c'est la force du jeu, pour peu que l’on cherche une histoire qui va nous emmener dans un autre univers. »

On sent bien que les développeurs ont profité des capacités de la PS5 pour nous offrir le meilleur (avec les caractéristiques de la DualSense, la puissance et la rapidité du SDD et la spatialisation du son), surtout au niveau de l’image. Si l’animation des quêtes secondaires est soporifique et ne reflète en rien la majeur partie de l’œuvre, les combats sont les moments où tout le savoir de la Creative Business Unit III s’exprime pour nous en mettre plein les yeux avec un déluge d’effets visuels. Les animations des sorts et les attaques sont sublimes. On n’y prête pas forcément attention dans le feu de l'action, mais quand on regarde une autre personne jouer, on apprécie pleinement le travail qui a été fait : c’est juste un festin pour les yeux. C’est impressionnant, c’est beau et c’est aussi merveilleusement mis en scène avec une maîtrise des mouvements de la caméra qui fait qu’on se régale visuellement parlant. On ne fait pas l’impasse sur la VF, qui est de bonne facture (il y a la possibilité de jouer en anglais, japonais, allemand, italien et espagnol) et la musique magistrale signée de Masayoshi Soken (qui a bossé sur FFXIV et ça s’entend) nous immerge pleinement dans ce monde fantastique. On retrouve dans le jeu des thèmes bien connus de la saga qui côtoient des productions nouvelles. Le bilan est plus que positif, le jeu a tout (dans son histoire et son gameplay) pour séduire le novice comme les gamers les plus aguerris et, en plus, après avoir bouclé l’histoire, il y a encore tant à faire que l’on ne peut que rester à Valisthéa, car franchement, on n’est pas encore prêt à en partir.


Mate le trailer de Final Fantasy XVI :

L’HISTOIRE : 5/5
IMAGE ET SON : 5/5
GAMEPLAY :4/5
L’AVIS GÉNÉRAL  : 5/5
[ LA NOTE : 19/20 ]

> Final Fantasy XVI
un jeu Square Enix
sur PS5
déjà dispo

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