samedi 14 mars 2020

Dreams (test)


On peut dire qu’on l’a attendu, le nouveau titre de Media Molecule propose un véritable outil complet et accessible à tous pour créer ses propres jeux vidéo. On a testé Dreams, voici le verdict...


L’HISTOIRE
Avant Dreams, il y avait LittleBigPlanet, le jeu qui a fait sa renommée sur PS3 et qui a connu 2 suites. En plongeant dans Dreams, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est le prolongement logique, qu’il est une version améliorée du jeu qui nous a fait pote avec Sackboy. C’est parce que « Planet » a été une réussite technique et ludique de Media Molecule a pu aller encore plus loin en repoussant les limites de la création et en offrant un véritable moteur pour créer ses propres créations visuelles et musicales. Si LittleBigPlanet était doté d’une solide histoire, Dreams est plus « radin » de ce côté en proposant « Le rêve d’Art », un voyage onirique qui fait office de vitrine de ce que l’on peut faire avec le jeu en mélangeant les styles visuels (film noir, univers à la Alice au pays des merveilles ou une ambiance SF). C’est une sorte de démo redoutable pour vendre le titre et donner envie de donner vie à ses rêves les plus fous.
Note 4/5

L’IMAGE ET LE SON
Si on s’intéresse particulièrement au « Rêve d’Art », parce que l’on en prend plein les yeux, on se dit qu’au niveau de l’image et du son tout est possible dans Dreams et que les outils proposés vont nous permettre de donner (vraiment) vie à ce que notre imagination rêve dans un coin de notre tête. Pour autant, et parce que la boîte à outils fourmille de centaines de trucs et autres gadgets qui sont nécessaires pour pousser la création à son maximum, il faudra consacrer des heures et des heures pour aller au bout du processus de création et dompter la bête. C’est la seule façon pour aller au bout et avoir la satisfaction d’admirer le résultat sur l’écran de la télé. En voyageant dans le rêve d’Art et en voyant ce qui est possible, on ne peut être qu’admiratif du travail accompli par les développeurs avec des outils qui sont désormais à notre disposition. On l’a vu, tout a été bien pensé, les univers sont variés et sont même accompagnés de musiques qui collent parfaitement à chaque monde, qui ont été faites avec l’outil dédié de Dreams. Ce rêve est aussi un moyen de juger ce que le jeu permet de faire en matière de gameplay en alternant entre jeu de plate-forme, point’n click, shooter et autres classiques du genre : indéniablement, cela donne des idées.
Note 5/5

LE GAMEPLAY
Media Molecule s’est donc appliqué à rendre accessible au plus grand nombre la création, mais celle-ci ne se fera pas avec un simple claquement de doigt, il faudra apprendre à maîtriser les outils proposés pour devenir un expert. Bonne nouvelle, le studio a fait les choses comme il faut avec des tutos clairs et compréhensibles. Ensuite, ça ne tiendra qu’à toi de progresser en t’entrainant avec les « stylos » que Dreams met à ta disposition comme la DualShock ou les PS Move, selon ce que tu préfères. Ils seront « la souris » qui te permettront de manipuler ton foley, une sorte de boule de poil que l’on peut comparer à la flèche sur le bureau de ton PC, qui sera au cœur de la création.
Les outils sont regroupés en différents groupes selon ce que tu veux faire : de la création graphique, animer des objets, créer une séquence de jeu, habiller musicalement ta création. Il faudra fouiner pour trouver ce que tu cherches, il faudra essayer, faire et défaire, encore et encore. Au début, la touche annulation sera ta grande amie pour tenter de trouver le résultat escompté. On ne va pas le cacher, seuls les plus motivés, les plus acharnés, les plus créatifs et qui n’ont pas peur des activités chronophages, apprécieront Dreams à sa juste valeur et pourront utiliser et tirer parti de tout ce qu’offre le jeu.
L’autre aspect non-négligeable, et qui va faire vivre le jeu sur la durée, c’est la communauté que Dreams a commencé à bâtir depuis le lancement de la Bêta. Sur les réseaux sociaux, il sera facile de trouver tutos ou des personnes qui acceptent de donner des conseils qui te seront utiles pour progresser. Il y a aussi https://indreams.me/ un lieu où est regroupé tout ce que la communauté rêve, car c’est bien beau de créer, mais c’est encore mieux quand on partage sa création ou que l’on teste celles des autres. Les plus ambitieux qui voudront aller au bout de leurs rêves, mais qui auront conscience de leurs limites, pourront choisir le partage privé qui permet d’être à plusieurs Dreameurs sur un projet : c’est plutôt intéressant pour la synergie des compétences et pour stimuler la créativité afin d’aller plus vite et plus loin.
Note 4/5

L’AVIS GÉNÉRAL
Il est difficile de reprocher des choses à Dreams tant le « jeu » a été bien pensé et que le studio a travaillé d’arrache-pied pour livrer un titre complet et accessible afin de permettre de tout créer. Novices comme experts vont pouvoir s’essayer à la création d’image, de vidéo, de jeu et même de musique. C’est parce qu’il est ultra complet que Dreams demande que l’on passe beaucoup de temps pour le maitriser, car il n’y a pas de secret, des heures et des heures seront nécessaires et qu’il faudra de la patience, de la volonté et de la créativité pour que son œuvre voie le jour. C’est le « prix à payer » pour voir ses efforts récompensés, mais c’est plutôt logique, car pour être à la hauteur du défi, il fallait fournir un nombre incommensurable d’outils et, dans la création de jeu vidéo, il n’y a pas de magie, c’est le travail et les efforts qui priment. Media Molecule ne pouvait pas faire dans la simplicité pour ne pas renier sur la qualité. Finalement, il y a un juste équilibre entre des outils complets mis à disposition du plus grand nombre et une prise en main assez rapide. Avec de la pratique, cette prise en main s’améliorera, car l’on prend très vite les bons gestes et la création devient naturelle. Ceux qui auront joué et créé avec LittleBigPlanet ne seront pas dépaysés en retrouvant de nombreux aspects dans Dreams, ce qui leur permettra d’être tout de suite à l’aise avec le « jeu ».
Note 5/5


Pourquoi on aime le jeu : Parce que quand on aime les jeux vidéo on a eu, un jour ou l’autre, l’envie de créer le sien. Qui n’a jamais pensé pouvoir aussi devenir développeur de jeu parce qu’il était persuadé d’avoir une idée de génie ? Avec Dreams, aucune d’excuse pour ne pas donner vie à ses rêves et créer son jeu, celui dont on a toujours rêvé, pour un peu qu’on soit motivé à s’y mettre consciencieusement. En donnant les outils nécessaires à concrétiser ses rêves Media Molecule stimule notre imagination : on ne peut d’adhérer à cette idée.

[Note de la rédac’ : 18/20]

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