#LeJeuDuMercredi | Après le succès de Bunny Kingdom (2017), Richard Garfield retrouve le royaume des lapins avec Bunny Kingdom Town, une version « resserrée » pour deux joueurs qui délaisse la conquête de territoires pour se concentrer sur la construction d'une cité prospère. Accessible dès les premières parties mais riche en choix tactiques, ce nouvel opus mise sur le draft, l'optimisation et un univers encore plus attachant. C’est avec un exemplaire fourni par l’éditeur que l’on s’est lancé dans la bataille entre lapinous. On a testé Bunny Kingdom Town, voici notre verdict…
Richard Garfield revient au royaume des lapins
Difficile de présenter Richard Garfield sans évoquer Magic
: The Gathering, le jeu de cartes qui a révolutionné le monde du jeu de
société moderne. Il aurait été facile pour lui de se reposer sur ce laurier,
mais l'auteur américain ne s'est jamais limité à ce monument ludique. Au fil
des années, il a signé des titres devenus incontournables comme King of
Tokyo, Mindbug, Android : Netrunner ou encore le premier Bunny
Kingdom.
« Le créateur de Magic transpose une nouvelle fois son talent dans un jeu aussi accessible que stratégique »
Avec Bunny Kingdom Town, il retrouve cet univers
qu'il affectionne, mais en change l'approche. Exit la conquête du territoire,
place à une véritable course au développement urbain, où l'optimisation et la
planification prennent le dessus.
Bunny Kingdom Town : Bâtir la ville la plus prospère du royaume
Dans Bunny Kingdom Town, chaque joueur développe
progressivement sa propre cité en sélectionnant des bâtiments grâce à une
mécanique de draft. Chaque construction possède son coût, son niveau de
prestige et parfois un effet particulier qui viendra influencer la suite de la
partie. L'objectif est de créer des quartiers capables de produire un maximum
de ressources, de renommée et surtout les précieuses Carottes d'Or, qui
feront office de points de victoire.
« Derrière son apparence familiale se cache un jeu d'optimisation particulièrement malin »
Plus les bâtiments d'un même quartier sont complémentaires,
plus les récompenses deviennent importantes. Le jeu repose ainsi sur un
équilibre permanent entre développement immédiat, préparation du scoring final
et adaptation aux opportunités offertes par le draft.
Construire, optimiser et anticiper chaque quartier
« Peu de tours, mais une multitude de décisions à prendre »
Le jeu introduit également plusieurs couches de réflexion
supplémentaires grâce aux cartes Requête. Ces objectifs personnels, qui
restent secrets, distribués progressivement au cours de jeu, rapportent des
points en fin de partie selon certaines conditions de construction. Ils
poussent régulièrement à modifier sa stratégie ou à privilégier certains
bâtiments plutôt que d'autres, en fonction aussi de son adversaire. À cela
s'ajoutent les améliorations, qui permettent de renforcer certains quartiers et
d'optimiser encore davantage le rendement de la ville. Sans jamais devenir
complexe, l'ensemble offre une vraie profondeur tactique.
Une ville qui évolue au fil des parties
« Les scénarios et les objectifs renouvellent constamment les stratégies »
Comme elles apparaissent progressivement et proposent des
objectifs très variés, aucune partie ne se ressemble vraiment. Certaines
encouragent la spécialisation, d'autres récompensent au contraire la
diversification ou certaines combinaisons de bâtiments. Cette variété pousse
les joueurs à adapter continuellement leur développement plutôt qu'à appliquer
une stratégie toute faite.
Une direction artistique pleine de charme
Impossible de parler de Bunny Kingdom Town sans
évoquer son identité visuelle. Jiahui Eva Gao livre ici une direction
artistique particulièrement chaleureuse, où chaque bâtiment possède sa propre
personnalité. Les illustrations débordent de détails et donnent véritablement
vie à cette cité peuplée de lapins. Elle s’était déjà illustré sur le jeu
Kingdom Run et elle a un univers bien marqué, bien a elle comme tu peux en
juger sur son site. Il y a un soupçon
d’Ankama
dans la DA de Bunny Kingdom Town, ce qui n’est pas surprenant puisque
Jiahui Eva Gao a bossé pour le studio roubaisien, notamment sur Wakfu. On ne peut
que saluer le choix d’avoir revisiter le style graphique du jeu de base. Le résultat
est détonnant.
« Chaque quartier raconte sa propre petite histoire »
Au fil de la partie, voir sa ville se développer procure une
réelle satisfaction. Les bâtiments s'assemblent progressivement pour former des
quartiers où il fait bon grignoter sa carotte. Le matériel participe pleinement
à l’immersion dans le jeu, avec une édition particulièrement soignée qui donne
envie de construire encore et encore.
Un jeu aussi accessible qu'addictif
« Chaque décision paraît simple… jusqu'à ce qu'il faille renoncer à une autre »
Nous avons également beaucoup apprécié la façon dont le jeu
renouvelle ses parties grâce aux scénarios et aux objectifs personnels. Cette
variété donne immédiatement envie de relancer une nouvelle partie pour tester
une approche différente. Enfin, la qualité de l'édition et la direction
artistique rendent l'expérience particulièrement agréable. Derrière ses
adorables lapins se cache finalement un excellent jeu de construction qui
récompense autant l'anticipation que l'opportunisme.
Le compromis idéal entre jeu familial et stratégie
Une ville qui donne envie d'y revenir
Avec Bunny Kingdom Town, Richard Garfield signe un
excellent jeu de construction qui réussit à combiner accessibilité, optimisation
et rejouabilité. Les parties sont fluides, les décisions nombreuses et
la satisfaction de voir sa ville prendre forme ne faiblit jamais.
« Une ville pleine de charme où chaque bâtiment compte jusqu'à la dernière carotte »
Sous ses airs de jeu familial se cache un titre
particulièrement malin, où les compromis permanents et les objectifs personnels
renouvellent constamment l'expérience. Une très belle réussite qui devrait
séduire aussi bien les amateurs du royaume des lapins que ceux qui découvrent
cet univers pour la première fois.
Lire aussi : Railroad Tiles : On a testé les huit extensions du jeu
Dans Bunny Kingdom Town, les plus belles villes ne se construisent pas seulement avec des rondins, mais avec des choix judicieux. Un jeu aussi mignon qu'intelligent, qui donne envie d'empiler les parties comme les quartiers de sa cité.
Fiche technique | BUNNY KINGDOM TOWN
Éditeur : iello
Auteurs : Richard Garfield
Illustrations :
Nombre de joueurs : 2
Âge conseillé : à partir de 10 ans
Durée : environ 30 minutes
+d'infos : Bunny Kingdom Town - IELLO
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