jeudi 21 mars 2024

Le test de Rise of the Ronin sur PS5

Il est l’heure de ressortir ses katanas pour plonger dans une sombre période de l’histoire du Japon, à une époque où tout allait changer. On s'est glissé dans la peau d'un ronin, un samouraï sans maître, avec un code fourni par l’éditeur pour tester Rise of the Ronin sur PS5, voici notre verdict…

SOMMAIRE
1. Les temps changent, pour le meilleur et pour le pire
2.
Un jeu qui a du mal à convaincre sur le plan visuel
3. un gameplay exigeant, mais terriblement plaisant
4. N'est pas ronin qui veut
5. Pourquoi on aime Rise of the Ronin ?

Les temps changent, pour le meilleur et pour le pire

Avec une expertise qui n'est plus à démontrer, Team Ninja était attendu au tournant avec son nouveau jeu, Rise of the Ronin, l'exclusivité PS5. Une attente d'autant plus longue puisque le projet a commencé à mûrir avant Nioh, l’action-RPG sorti en 2017. Ce dernier titre, tout comme Ninja Gaiden (également développé par Team Ninja) a permis au studio de se forger sa propre réputation et d'inspirer d'autres développeurs à jouer sur le même terrain. C'est donc avec un mélange d'excitation (de découvrir un nouveau gameplay augmenté de tout le savoir-faire de l'équipe) et d'appréhension (de voir si l’aura de Team Ninja a toujours autant d'éclat) que l'on s'est plongé dans le jeu qui nous a transportés au Japon, à la fin de la période Edo, pour incarner un ronin « dans un jeu entièrement nouveau et plein de péripéties » comme nous a mis en « garde » Team Ninja : on ne demande qu’à voir.

« Un ronin est un samouraï déshonoré qui va devoir forger sa propre destinée pour connaître un nouvel essor »

L’action se situe donc à une période où le Shogun détient le pouvoir (il se situe au-dessus de l'Empereur qui n’a qu’un rôle symbolique). Il est celui qui mène les armées contre les envahisseurs. On comprend bien que cette position fait des envieux et que l’ouverture du pays à l’Occident, au commerce, aux relations religieuses et diplomatiques, va faire des jaloux qui veulent renverser l’ordre. C'est précisément la fin de cette hégémonie que le jeu a choisie pour situer son action, avec une période de confusion qui s’amorce où les luttes entre les pro-Shogun, les pro-empereur et les Occidentaux vont faire rage. C'est entre eux que notre personnage se retrouve coincé, il va donc falloir faire des choix qui vont influencer sa destinée, mais surtout le déroulement de l’intrigue, que le trailer de lancement du jeu résume bien en une seule phrase : « Alors que s’effondre l’ordre ancien, le renouveau naît du chaos ».

Lire aussi : Un trailer prometteur de Rise of the Ronin dévoile le nouveau projet de la Team Ninja

 

Un jeu qui a du mal à convaincre sur le plan visuel

Très vite, on a été déçu par l’esthétisme du jeu, car on s’attendait à en prendre plein les yeux en se disant qu’un jeu comme Ghost of Tshushima sorti en 2020 était magnifique, alors, quatre ans plus tard, on s’attendait à se prendre une vraie claque visuelle. Une chose est certaine, c’est que l’accent n’a pas été mis sur la technique du jeu (spoiler : Team Ninja a tout misé sur le gameplay), même si la direction artistique est soignée avec une ambiance générale qui restitue bien l’époque et propose des environnements variés. Globalement, quand on est sur une vue d’ensemble, les panoramas sont stylés, les lumières mettent en valeur les reliefs, cela reste joli à regarder. Cependant, quand on entre dans le détail, c’est là où la technique pêche, ce que l’on regrette, d’autant plus que le cadre et l’histoire méritaien t que l’on soigne un peu plus ces environnements et qu’on leur donne de la vie. Ça manque d’âme. Donc, oui, très vite, on a été déçu, mais on a également très vite fait abstraction de ses défauts en les acceptant pour mieux se concentrer sur le reste.

« Visuellement, on attendait beaucoup, mais le jeu a du mal à répondre à nos attentes »

Et tout n’est pas raté, loin de là. Du côté de la bande-son, elle est très réussie, car elle colle parfaitement aux lieux et à l’époque. Les dialogues sont doublés en français, un bon point de plus pour garantir l’immersion. Globalement, le sound design a été soigné. Il faut aussi souligner le très bon éditeur de personnage qui permet vraiment de laisser libre cours à son imagination. D’ailleurs, on en reprend une dose puisque ce dont deux personnages que l’on va créer, pour les besoins de l’intrigue. Et puis les déplacements nous ont également séduits, car ils sont variés entre le grappin, le cheval ou le planeur. On peut même combiner ces deux derniers pour aller plus vite, car passer de l’un à l’autre se fait de manière très rapide. Il y a du bon et du moins bon dans Rise of the Ronin, il faut juste garder cela en mémoire quand on se lance dans la partie pour ne pas être déçu.


un gameplay exigeant, mais terriblement plaisant

S’il y a une chose qui était acquise avant de se lancer dans Rise of the Ronin, c’est que Team Ninja maîtrise le gameplay d’un jeu. En se basant sur son expertise qui a fait la renommée de Nioh et Wo Long: Fallen Dynasty, le studio a conçu un gameplay des plus efficaces, mais un gameplay qui ne plaira pas (ou ne conviendra pas) à tout le monde, car les combats sont exigeants. Mais les développeurs ont voulu permettre au plus grand nombre de s’essayer au jeu. Si leurs précédentes productions étaient réservées à un public aguerri, ils ont fait un effort pour « simplifier » le jeu en proposant trois niveaux de difficulté. Mais attention, même en facile ça demande d’être attentif, vif et de prendre son temps pour progresser, pour trouver le bon équipement et l’améliorer. De toute façon, il y a tant à faire dans le jeu et il y a tant de personnages à rencontrer, plus on avance, plus il y a de contenu qui apparaît sur la carte. Vient le moment des combats que l’on peut éviter si on opte pour l’infiltration, on peut aussi se servir de l’environnement pour déstabiliser ses adversaires ou utiliser les compétences de mensonge ou d’intimidation. Les possibilités ne manquent pas. Bien entendu, il y a l’approche direct avec un système basé sur le Ki (l’endurance) qu’il faut gérer car elle baisse à mesure que l’on tape ou que l’on se prend des coups. Ça marche aussi sur les adversaires. Une fois leur ki brisé, on peut leur asséner un coup critique.

« Pour nous aider dans notre combat, le jeu propose du loot à gogo »

Les combats sont longs, cela demande de l’attention, de la persévérance et surtout de la maîtrise de toutes les touches à gérer. Oui, on a souffert lors de nos premiers combats. Heureusement, l’arsenal est bien rempli et permet de choisir son style (au corps-à-corps, à mi-distance ou à distance). Il y a une arme pour chaque style et en combat, on peut jongler entre les styles pour s’adapter à son ennemi. Cela requiert une gymnastique d’esprit pour assimiler tout ce qu’il y a à faire. Pour nous aider dans notre combat, le jeu propose du loot à gogo qui permet d’obtenir différents types d’équipement. Il faudra fusionner les différents items pour être le mieux équipé. Comme tu peux le penser, il y a vraiment beaucoup de choses à faire, les personnes peu habituées à ce genre de jeu risquent de paniquer devant l’ampleur de la tâche.

Pour résumer, le gameplay de Rise of the Ronin est articulé autour de l’exploration, de la narration et des combats. Un mélange efficace et qui offre du challenge, un peu trop diront certains. Heureusement, le jeu propose des missions scénarisées en coop. Ça reste ponctuel, mais c’est très utile quand on galère, c’est une option supplémentaire qui permet au jeu de s’ouvrir à un public plus large.

A lire : Rise of the Ronin refait parler de lui avec un nouveau trailer de gameplay et ça donne vraiment envie d’y jouer


N'est pas ronin qui veut

Chacun appréciera le jeu à sa façon en fonction de la manière dont il appréhende le jeu. En effet, suivant si les attentes sont grandes en matière de technique, ou si on mise plus sur l'histoire, ou plus sur le gameplay, on sera plus ou moins satisfait par le jeu. On ne va pas le cacher, dans le genre, Ghost of Tsushima nous avait mis une grande claque tant au niveau visuel que de son histoire et de son gameplay . Si on en reste sur ces critères, Rise of the Ronin n'arrive pas à égaler le jeu de Sucker Punch, malgré un cadre historique des plus attrayants, surtout quand on ne loupe aucun épisode de la série Shōgun sur Disney+ (lire l’encadré « Pourquoi on aime Rise of the Ronin ») mais il manque le petit plus pour nous émerveiller, pour nous scotcher et pour nous immerger pleinement dans cet univers que l’on affectionne tout particulièrement. En matière de technique, le tout reste très agréable à regarder dans son ensemble, mais il y a des points faibles qui nous ont empêchés de nous immerger totalement dans l'aventure, surtout quand on s’arrête sur les détails. Dommage.

« Team Ninja a trouvé la bonne formule pour rendre hommage à ses guerriers d'un autre temps avec un gameplay exigeant »

Mais là où le jeu tire son épingle, c'est avec son gameplay redoutable. Team Ninja n'a pas chômé et n'a pas perdu de son savoir pour nous offrir un système de combat des plus travaillés qui donne du fil à retordre. Oui, il faut aimer le challenge pour apprécier pleinement l’expérience du jeu et si tu es du genre à baisser les bras à la première difficulté, mieux vaut ne pas se lancer. Cependant, quand on le maîtrise, il nous offre un véritable spectacle visuel avec ses chorégraphies de combat des plus stylées. Mais voilà, il faut se donner de la peine et prendre son temps pour le maîtriser, pour être efficace dans ses attaques, dans ses contres ou ses esquives. Cela demande de l’attention et de l'intention. N'est pas ronin qui veut. Team Ninja a trouvé la bonne formule pour rendre hommage à ses guerriers d'un autre temps avec un gameplay exigeant, mais terriblement plaisant.


Pourquoi on aime Rise of the Ronin ?

C'est une décision ambitieuse de la part de Team Ninja de choisir la fin du Shogunat comme cadre à son jeu, mais un choix qui se justifie par l’envie de se démarquer des nombreuses productions déjà sorties et des références du genre comme Ghost of Tsushima. C'est parce que c'est une période qui a été trop souvent occultée, car sombre, qu’elle a été choisie. On comprend ce choix, car elle offre la possibilité de développer une histoire dense et passionnante. Pour aller plus loin et approfondir ses connaissances sur le sujet (et apprécier pleinement Rise of the Ronin, on ne peut que recommander de regarder la minisérie Shōgun sur Disney+, adaptée de l’œuvre de James Clavell publiée en 1975. Parce que l'histoire se base sur des événements et des personnages historiques, chaque épisode de la série nous rend de plus en plus accros. Avec un sens du réalisme, dans l'esthétisme des images, la beauté des décors et la violence (parfois crue) des scènes d'action (pas si nombreuses que ça finalement), Shōgun offre une saga romanesque épique, aussi instructive que divertissante.

L’HISTOIRE : 4/5
IMAGE ET SON : 3/5
GAMEPLAY :5/5
L’AVIS GÉNÉRAL  : 4/5
[ LA NOTE : 16/20 ]

Pour en savoir plus, mate la vidéo de Rise of the Ronin

 

> Rise of the Ronin
un jeu Team Ninja
sur PS5
déjà dispo.

 

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