samedi 7 décembre 2019

Death Stranding (test)


Un porteur de colis qui va sauver le monde, c’est un peu simpliste pour résumer Death Stranding, l’OVNI d’Hideo Kojima. Pour en savoir plus sur le jeu qui nous a emballé, voici notre test...


L’HISTOIRE
Si Hideo Kojima avait voulu dévoiler l’intrigue de Death Stranding avant la sortie du jeu, il ne se serait pas appliqué à publier des trailers aussi mystérieux qu’intrigants. Dès les premières vidéos, on savait que le jeu ne serait pas comme les autres, ne serait au gout de tout le monde et qu’il faudrait une certaine ouverture d’esprit pour entrer dans l’univers qu’il avait imaginé. C’est un monde au bord du chaos que Sam Porter, le porteur de colis, s’applique à reconnecter. En effet, une mystérieuse explosion a déclenché une série d’événements surnaturels et des créatures d’un autre univers nous ont envahis. C’est à pied ou en véhicule que l’on parcourt de vastes étendues, de la côte Est à la côte Ouest, dans le but de multiplier les livraisons. La tâche est d’autant plus éprouvante qu’on ne rencontre pas grand monde et qu’on lutte contre les Échoués, Absorbeurs, Mules et autres terroristes. La solitude du porteur de colis est pesante, mais c’est justement ce qui nous pousse à redoubler d’efforts pour reconnecter le Monde. Death Stranding, est un jeu singulier, c’est une expérience originale et déroutante basée sur un gameplay qui paraît simpliste, mais qui s’avère diablement efficace.
Note 4/5

L’IMAGE ET LE SON
Il suffit de regarder la première cinématique pour être mis dans l’ambiance du jeu et se faire happer par la tension créée. D'entrée on est confronté à son premier Échoué. En l’espace de quelques minutes on comprend qu’il ne sera pas facile de survivre dans ce monde et qu’il faudra faire preuve de beaucoup de sang-froid. Avec une réalisation digne d’un blockbuster hollywoodien, avec des personnages plus vrais que nature (quelle bonne idée d’avoir casté Norman Reedus et Léa Seydoux) et des effets visuels bluffants (les traces noires, les effets de peau) on en prend plein les yeux. Et que dire de la pluie qui s’abat quand les traqueurs de porteurs sont dans les parages ? Et que dire des paysages somptueux, baignés par une lumière léchée. Oui, pas de doute, Death Stranding est beau, même très beau, à tel point qu’il nous met une sacrée claque. Mais quand on y réfléchit, il ne pouvait pas en être autrement, car pour contre balancer avec le pitch singulier du jeu, il fallait un cadre ancré dans la réalité (la diversité du relief, les dénivelés et autres obstacles que l’on rencontre) afin que le joueur se raccroche à quelque chose de « normal » pour ne pas se perdre dans ce monde hors norme.
Note 5/5

LE GAMEPLAY
Il faudra passer par une longue phase d’apprentissage (que constitue le début du jeu) pour maîtriser le gameplay. Un gameplay basé sur les touches L2 R2 qui sont, ni plus ni moins, le lien qui lie nos mains (bien agrippées à la DualShock) aux bras de Sam Porter. Ainsi, il faut constamment jauger les deux touches afin de garder l’équilibre et ne pas chuter lors de nos périples périlleux quand le relief s’avère escarpé. Resté sur ses deux pieds, bien ancré au sol, sera d’autant plus difficile quand on est chargé comme une bourrique. C’est là qu’entre en jeu un autre facteur, à savoir la préparation de son expédition. Il faut prendre le temps de choisir le bon équipement, d’empiler les colis selon leur taille et leur poids et d’étudier sa feuille de route avant de démarrer sa course.
Très vite, on est confronté à la question de savoir s’il vaut mieux contourner une montagne ou la gravir. Suivant les obstacles, on a la possibilité de d’utiliser des constructions (échelle, pont) qui nous sont très utiles, mais seront également utiles aux autres Sam, et si ça marche dans un sens, la réciproque est vraie. Ainsi, grâce au multijoueur asynchrone, on a la possibilité d’utiliser des constructions déjà faites par d’autres joueurs, ce qui s’avère très utile et nous facilite la tâche. On remercie la personne en « likant » sa construction et ainsi on rejoint la communauté des « Sam » qui s’unissent pour reconnecter le Monde. Ce système de Like permet également de repérer plus facilement les constructions les plus utiles : c’est bien connu, une tâche est plus facile quand elle est appréhendée par plusieurs personnes. De la même façon, on peut laisser des messages qui seront autant de conseils pour les prochains Sam qui marcheront sur nos traces. On multiplie les livraisons, mais c’est pour pouvoir crafter de plus en plus de choses (éléments, outils, armes, équipements) et ainsi maitriser le gameplay.
Et puis, la fin du jeu se montre plus stressante avec un peu d’infiltration et d’affrontement. Foncer dans le tas n’est jamais une solution très efficace pour venir à bout de ces situations et parfois il faut savoir fuir ou contourner un problème. Une autre solution est de s’accroupir, de retenir sa respiration afin de se rendre « invisible » et laisser la menace partir : tout ça est très prenant, tout ça est très stressant.
Sam peut également compter sur BB, un « fœtus » en capsule qui est relié à lui et qui fait office de système d’alarme pour indiquer les dangers. On ne peut l’ignorer et rester insensible à ses pleurs qui émanent de la manette, comme si on le tenait entre nos mains, d’ailleurs sa vie est entre nos mains. Si l’on ne fait pas attention, si l’on tire trop sur la corde et que l’on s’épuise inutilement cela a des répercussions sur BB. Alors autant laisser parler son côté paternel/maternel et chouchouter (de bien des manières) le bambin qui devient vite un compagnon d’infortune très utile.
Dans un premier temps, le gameplay (jouer avec les touches L2 R2) peut paraitre simpliste, mais c’est cette simplicité qui nous accroche. Comme dans la vraie vie, se déplacer implique de nombreux facteurs qui agissent sur l’équilibre et l’endurance, ce système retranscrit parfaitement cela et fait ressortir le côté stressant des situations afin d’apporter du réalisme au jeu.
Note 5/5

L’AVIS GÉNÉRAL
Chacun aura sa propre lecture de l’histoire contée par le Maître, chacun interprétera suivant sa propre sensibilité, suivant ses propres émotions, ce que Hideo Kojima a voulu dire à travers son petit bijou, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Death Stranding est une œuvre d’art vidéoludique qui prouve que lorsque l’on a des choses à dire, quand on a des idées géniales, de l’imagination à revendre, une faculté à tenir le joueur en haleine et les moyens de donner vie à son projet, on peut réaliser quelque chose de beau, profond et divertissant à la fois. Ce sont pour toutes ces raisons que l’on s’est immergé dans Death Stranding et que l’on s’est laissé porter par le propos. Alors oui, le jeu ne s’adresse et ne plaira pas à tout le monde, mais pour ceux qui veulent s’immerger dans un vrai univers complexe et intriguant et qui veulent un jeu bien fait, Death Stranding est sans hésitation fait pour eux.
Note 5/5


Pourquoi on aime le jeu : Parce que, depuis des mois, Hideo Kojima a soufflé le chaud et le froid sur ce projet qui a fait couler tant d’encre. Au fil des nombreuses vidéos, il a su brouiller les pistes et susciter l’envie. Plus qu’un simple jeu vidéo, Death Stranding est une œuvre d’art dans laquelle il convient de plonger les yeux fermés et de se laisser guider par les liens qui unissent les personnages. Des personnages incarnés par un casting 5 étoiles, ce qui est une raison de plus de se lancer dans ce jeu qui se veut solitaire, mais qui, malgré tout, nous connecte avec d’autres Sam Porter grâce à un multi asynchrone bien trouvé.

[Note de la rédac’ : 19/20]

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