Auteur : Elizabeth Hargrave

Illustrateurs : Martha Clare · Ana Maria Martinez Jaramillo · Natalia Rojas

Wingspan Amériques

Initié

Fait partie du dossierWingspan, Wyrmspan, Finspan : L'envergure d'une série devenue culte
Test

Test Wingspan : Le Span qui vole au loin

Le jeu d'Elizabeth Hargrave, illustré par Natalia Rojas, Ana Maria Martinez Jaramillo et Beth Sobel, est arrivé en 2019 chez Stonemaier Games, a raflé le Kennerspiel des Jahres la même année, et vit en français chez Matagot, pour 1 à 5 joueurs dès 10 ans, en une heure environ. Depuis, les extensions se sont empilées sur l'étagère, et on y retourne de temps en temps, comme on retourne voir une volière dans un zoo qu'on aime. On se demandait, des années et quatre boîtes plus tard, si l'oiseau avait pris une ride. On y a rejoué, voici notre verdict…

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Test Wingspan : Le Span qui vole au loin

Comment ça se joue ?

Test Wingspan : Le Span qui vole au loin

Tu diriges une réserve naturelle. Ton plateau compte trois habitats, la forêt, la prairie et la zone humide, chacun avec une rangée de cinq emplacements pour des oiseaux. À ton tour, une seule action parmi quatre. Jouer un oiseau de ta main dans l'habitat qui lui convient, en payant son coût. Chercher de la nourriture dans la mangeoire. Pondre des œufs sur tes oiseaux. Piocher des cartes parmi les trois visibles ou sur la pile. Et c'est là que la machine se met en route : chaque action dans un habitat active, de droite à gauche, les pouvoirs bruns de tous les oiseaux déjà posés dans cette rangée. Plus tu construis, plus un seul cube d'action te rapporte.

La partie dure quatre manches, avec de moins en moins d'action puisque chaque manche commence avec un cube de moins. À la fin de chaque manche, un objectif commun classe les joueurs, le plus d'oiseaux en forêt, le plus d'œufs dans les nids en coupe, et distribue ses points. À la fin, on additionne la valeur des oiseaux, les objectifs, etc. Un mode solo contre un Automa complète la boîte. L'explication prend un quart d'heure, et le guide de démarrage rapide permet d'apprendre en jouant.

« Un seul cube d'action pour réveiller ta rangée d'oiseaux »

Simple, profond, et prêtable à n'importe qui

Ce qui frappe toujours, c'est la façon dont le jeu cache sa profondeur. Quatre actions, toutes lisibles, et pourtant des parties qui ne se ressemblent pas, parce que les 170 oiseaux de la boîte de base ont chacun leur pouvoir, leur nid, leur coût et leur envergure. Le moteur que tu bâtis en forêt n'a rien à voir avec celui du voisin en zone humide, et la cinquième colonne, qui ne s'atteint qu'à prix d'or en œufs, reste un objectif de fin de partie plus qu'une évidence.

C'est aussi un jeu qu'on peut sortir avec des personnes qui n'ont pas forcément l'habitude de jouer. On l'a fait plus d'une fois : les règles tiennent en quelques phrases, les cartes se comprennent avec leurs icônes, et chacun avance à son rythme sans être écrasé, parce qu'il n'y a pas grand-chose à subir des autres.

« Quatre actions lisibles, d'innombrable oiseaux, et des parties qui ne se ressemblent jamais »

Les oiseaux, et les petites lignes en bas des cartes

Test Wingspan : Le Span qui vole au loin (2)

Les illustrations sont top, et ce n'est pas une formule. Chaque carte porte un oiseau peint, son nom, son envergure, sa répartition et, tout en bas, une petite anecdote. Chez nous, elles se lisent. On s'arrête sur une carte pour se renseigner sur l'oiseau, on lit la ligne du dessous parfois à voix haute.. Le jeu n'oblige à rien de tout ça, et c'est ce qui le rend agréable : la couche naturaliste est là pour qui veut, elle n'alourdit jamais le tour de celui qui s'en fiche.

Le reste du matériel suit : la mangeoire à dés qui aide le thème, les œufs pastel en forme de petits galets, les jetons nourriture. Et les cartes bonus, les objectifs de fin de manche et les œufs se comptent sans peine sur le bloc de score.

« Des infos optionnelles sur les oiseaux, agréable à lire »

À deux ou à trois, c'est mieux

Voilà notre réserve, et elle est honnête. Wingspan est un jeu de moteur personnel. On ne peut pas réellement embêter les autres dans la construction de son tableau, et les effets des cartes ne s'en mêlent presque jamais. Quelques oiseaux roses se déclenchent sur le tour des voisins, les objectifs de fin de manche créent une course, et c'est à peu près tout. À deux ou à trois, ça n'a aucune importance : les tours s'enchaînent, on regarde son plateau pousser, et la partie tient dans l'heure.

À quatre, en revanche, on trouve ça un peu long. Pas parce que le jeu se dégrade, mais parce qu'entre deux tours tu attends trois moteurs qui tournent, et que rien de ce qu'ils font ne te concerne vraiment. L'interaction limitée, qui ne gêne pas à trois, devient une absence à quatre. C'est pour ça qu'on le recommande plus à deux ou à trois, et c'est à ces comptes qu'on y revient le plus souvent.

« Le voisin construit son moteur, tu construis le tien, et vous ne vous croisez presque jamais »

Des extensions qu'on collectionne, et qui prennent de la place

C'est l'autre grande histoire de Wingspan : la gamme. Europe d'abord, avec ses oiseaux à pouvoir de fin de manche et son plateau de rangement. Océanie, qui ajoute le nectar, une nourriture joker qui vaut des points par habitat et change les plateaux joueur. Asie, qui est à la fois un jeu complet pour un ou deux joueurs avec son mode Duo et sa carte partagée, une extension de cartes, et un mode Nuée pour jouer à six ou sept. Et depuis ce printemps, Amériques. Chaque boîte apporte son lot d'oiseaux, ses œufs et ses jetons, et chacune se mélange au reste, et c'est honnêtement plutôt cool de voir sa volière personnelle grandir au fil des anneaux.

Alors oui, c'est un plaisir à collectionner et à jouer. Mais la pile commence à prendre de la place sur l'étagère, et la boîte de base ne suffit plus depuis longtemps à ranger les cartes. C'est le prix du jeu culte : on en veut toujours un peu plus, et on finit avec plus d'oiseaux que de soirées pour les jouer.

« On en veut toujours une de plus, mais on range ça où maintenant ? »

Wingspan est-il fait pour toi ?

Si tu cherches un jeu de construction de moteur beau, calme et profond, que tu peux sortir avec des joueurs occasionnels comme avec des habitués, Wingspan reste une valeur sûre, et un incontournable de la ludothèque. Il s'explique vite, il se renouvelle par ses cartes, et il se joue très bien en solo et à deux. Si tu as la fibre naturaliste, tu en auras pour ton argent.

Wingspan : l'incontournable qui vieillit bien

Très bon, jeu culte, et toujours aussi agréable à ressortir de temps en temps. Les illustrations n'ont pas pris une ride, la mécanique est aussi simple qu'elle est profonde, et les extensions entretiennent la flamme. Son interaction limitée le rend un peu long à quatre, c'est à deux ou trois qu'il donne le meilleur. Ça reste néanmoins un incontournable.

ParBruceContributeur