Auteur : Coleman Charlton

Le Seigneur des Anneaux : Les Sorciers

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Le Seigneur des Anneaux : D'une copie d'examen à nos écrans et nos tables

Tu te souviens de la première fois où l'Anneau est entré chez toi ? Pour certains, c'est un vieux livre de poche. Pour d'autres, c'est Gandalf qui crie « Vous ne passerez pas ! » dans une salle de cinéma en 2001. Pour nous, c'est un plateau de Risk étalé sur la moquette, un frère en face, et des armées d'orques en plastique. Quatre-vingt-dix ans après Le Hobbit, l'Anneau n'a jamais autant tourné. On te raconte son histoire, du livre jusqu'à nos manettes et nos tables. Et tu vas voir, elle commence sur une feuille blanche que personne n'avait remplie.

Par Bruce15 min de lecture
Le Seigneur des Anneaux : D'une copie d'examen à nos écrans et nos tables
  1. 1937Le Hobbit paraît à Londres
  2. 1954–1955Le Seigneur des Anneaux, en trois volumes
  3. 1969Tolkien vend les droits d'adaptation à United Artists
  4. 1978le film d'animation de Ralph Bakshi
  5. 1982The Hobbit, premier jeu vidéo, sur ZX Spectrum
  6. 2000le jeu coopératif de Reiner Knizia
  7. 2001–2003la trilogie de Peter Jackson, 17 Oscars
  8. 2014L'Ombre du Mordor et son système Némésis
  9. 2017Amazon achète les droits télé
  10. 2022Embracer rachète Middle-earth Enterprises ; la série démarre
  11. 2026saison 3 le 11 novembre, tournage de The Hunt for Gollum

Tout commence sur une copie blanche

John Ronald Reuel Tolkien naît le 3 janvier 1892 à Bloemfontein, en Afrique du Sud. Il perd son père à 4 ans, sa mère à 12, et grandit à Birmingham sous la tutelle d'un prêtre. Il tombe amoureux d'Edith Bratt à 16 ans, l'épouse en mars 1916, et lui inspirera Lùthien, l'elfe qui épouse un mortel. Trois mois plus tard il est dans les tranchées de la Somme comme officier de transmissions. Il en revient malade, avec la fièvre des tranchées, et une bonne partie de ses amis d'école restés là-bas. La Terre du Milieu, c'est aussi le monde d'un homme qui a vu la guerre de près.

Après la guerre, il devient professeur à Leeds, puis à Oxford, en 1925, où il enseigne le vieil anglais. C'est là qu'il rencontre C. S. Lewis, le futur auteur de Narnia, et qu'ils fondent les Inklings, un club d'amis qui lisent leurs manuscrits au pub. Et c'est là, un jour de correction, qu'il tombe sur une copie d'examen laissée blanche par un étudiant. Il y griffonne une phrase sortie de nulle part : « Au fond d'un trou vivait un hobbit. » Il racontera plus tard, dans une lettre à W. H. Auden, qu'il ne savait même pas ce que c'était, un hobbit.

« Au fond d'un trou vivait un hobbit » J. R. R. Tolkien

Le Hobbit paraît le 21 septembre 1937 chez Allen & Unwin. Premier tirage : 1 500 exemplaires, épuisés avant Noël. L'éditeur réclame une suite. Tolkien s'y met en décembre et il lui faut douze ans pour finir. Il voulait un seul volume. Le papier coûte trop cher dans l'Angleterre d'après-guerre, alors l'éditeur coupe en trois : La Communauté de l'Anneau le 29 juillet 1954, Les Deux Tours en novembre, Le Retour du Roi en octobre 1955, un titre choisi contre son avis parce qu'il révélait la fin. Ce n'est donc pas une trilogie. C'est un roman en trois morceaux, et il s'en est vendu plus de 150 millions d'exemplaires depuis.

Tolkien meurt le 2 septembre 1973, à Bournemouth. Son fils Christopher passe le reste de sa vie à trier les manuscrits : Le Silmarillion en 1977, puis douze volumes d'histoire de la Terre du Milieu. En France, c'est Francis Ledoux qui traduit Le Hobbit en 1969, puis Le Seigneur des Anneaux chez les éditions Christian Bourgois en 1972-1973. Si tu as lu « Frodon Sacquet », c'est lui. Si tu as lu « Frodo Bessac », c'est la nouvelle traduction de Daniel Lauzon, parue entre 2012 et 2016. Deux générations de lecteurs, deux noms pour le même hobbit.

L'anneau vendu pour une poignée de livres

Là, on va parler d'un événement qui explique tout ce qui suivra concernant les droits. En 1969, Tolkien a 77 ans et des soucis d'impôts. Il vend à United Artists les droits de cinéma, de scène et de produits dérivés du Hobbit et du Seigneur des Anneaux. Une somme modeste, de l'ordre de 10 000 livres selon la presse britannique, plus un pourcentage. Il ne vend que ces deux romans. Le Silmarillion et le reste de ses écrits restent dans la famille. Et un détail aura son importance quarante ans plus tard : les séries télé de plus de huit épisodes ne font pas partie de la vente.

En 1976, United Artists revend ces droits à un producteur, Saul Zaentz, qui fonde Tolkien Enterprises, rebaptisé plus tard Middle-earth Enterprises. C'est cette société, et pas la famille Tolkien, qui va accorder les licences pendant presque cinquante ans : aux films, aux jeux vidéo, aux jeux de société, aux figurines. D'abord à Ralph Bakshi, qui sort en novembre 1978 un Seigneur des Anneaux animé en rotoscopie, avec de vrais acteurs filmés puis redessinés. Le film s'arrête au gouffre de Helm, au milieu de l'histoire. United Artists n'a jamais voulu annoncer qu'il y aurait une suite, de peur que le public ne paie pas pour « la moitié d'un film ». Il n'y en a jamais eu.

Et puis l'argent arrive, avec Peter Jackson. En 2008, le Tolkien Trust attaque New Line : les films ont rapporté des milliards et la famille dit n'avoir « pas touché un penny » sur sa part. Règlement à l'amiable en 2009. En 2012, c'est l'inverse : la famille et Zaentz attaquent Warner pour des machines à sous et des jeux en ligne à l'effigie de Frodon, en expliquant que le contrat de 1969 ne couvrait que des objets « tangibles ». Cinq ans de procédure, 80 millions de dollars réclamés, règlement confidentiel en 2017. La même année, Christopher Tolkien, 92 ans, quitte la direction du Tolkien Estate. Lui n'avait jamais caché ce qu'il pensait des films.

« Ils ont éviscéré le livre en en faisant un film d'action pour les 15-25 ans » Christopher Tolkien (2012)

Quelques mois après son départ, en novembre 2017, Amazon s'offre les droits télé, ceux que son père avait gardés, pour près de 250 millions de dollars, avec un engagement de cinq saisons. Et en août 2022, Middle-earth Enterprises est vendue au suédois Embracer, un groupe de jeux vidéo, pour environ 395 millions de dollars. Un éditeur de jeux détient aujourd'hui les droits des films, des jeux et des produits dérivés de l'Anneau. Garde ça en tête pour la suite.

« Un éditeur de jeux vidéo détient aujourd'hui les droits des films, des jeux et des produits dérivés de l'Anneau »

Peter Jackson et les onze Oscars

En 1998, New Line Cinema obtient de Zaentz la licence pour adapter le roman. L'histoire est connue mais elle vaut d'être rappelée : Peter Jackson prévoit deux films pour le Seigneur des Anneaux et développe le projet chez Miramax, qui veut un seul film de deux heures. Peter Jackson refuse et va voir New Line, dont le patron Robert Shaye lui demande pourquoi deux films, puisqu'il y a trois livres. Les trois tournent d'un coup en Nouvelle-Zélande, du 11 octobre 1999 au 22 décembre 2000, pour 281 millions de dollars. La Communauté de l'Anneau sort en décembre 2001, Les Deux Tours en 2002, Le Retour du Roi en 2003. Près de 3 milliards de dollars de recettes et 17 Oscars sur 30 nominations, dont les 11 du Retour du Roi, onze statuettes pour onze nominations, un record partagé avec Ben-Hur et Titanic. Mention spécial à Andy Serkis qui incarne Gollum en combinaison de capture de mouvement, qui invente un métier.

Le Hobbit met plus de temps. Guillermo del Toro doit le réaliser, attend deux ans que la MGM règle ses problèmes d'argent, et jette l'éponge en mai 2010. Jackson reprend, annonce deux films, puis trois à l'été 2012. Un voyage inattendu (2012), La Désolation de Smaug (2013), La Bataille des Cinq Armées (2014) : 2,9 milliards de recettes encore, avec un accueil un peu plus tiède cependant que pour son prédécesseur.

Des pixels sur l'Anneau

Le premier jeu vidéo de la Terre du Milieu est antérieur à tout ça. En 1982, le studio australien Beam Software sort The Hobbit sur ZX Spectrum, une aventure textuelle écrite par une étudiante, Veronika Megler. Tu tapes des phrases, le jeu te répond, et les personnages vivent leur vie sans t'attendre. Thorin, surtout puisque pendant que tu cherches la sortie, le jeu t'annonce à intervalles réguliers : « Thorin s'assied et se met à chanter à propos de l'or ». Cette ligne-là, des milliers de joueurs anglais l'ont lue des centaines de fois et est devenu un mème avant l'heure. Plus de 500 000 exemplaires vendus en Europe et un Golden Joystick en 1983.

Puis viennent les RPG d'Interplay au début des années 1990, et surtout les années des films, où il se passe quelque chose de peu commun. Deux éditeurs ont la licence en même temps. Electronic Arts (EA) a les droits des films de New Line, Vivendi ceux des livres, via Tolkien Enterprises. Conséquence : en 2002, EA sort Les Deux Tours avec la tête de Viggo Mortensen, pendant que Vivendi sort une Communauté de l'Anneau avec des personnages qui ne ressemblent à personne, mais avec Tom Bombadil, absent des films. EA ne récupère les deux licences qu'en 2005. Entre-temps, le studio a sorti Le Retour du Roi (2003), et surtout La Bataille pour la Terre du Milieu (2004), le jeu de stratégie où tu diriges toi-même la défense du gouffre de Helm. La licence passe à Warner Bros. en 2009. Elle donnera La Guerre du Nord (2011), le MOBA Gardiens de la Terre du Milieu (2012) et les deux jeux LEGO, le Seigneur des Anneaux en 2012 et Le Hobbit en 2014.

Et au milieu de tout ça, le 24 avril 2007, un MMO : Le Seigneur des Anneaux Online. Dix-neuf ans plus tard, il tourne toujours.

Talion, Celebrimbor et la Némésis

En 2014, Monolith change la donne. La Terre du Milieu : L'Ombre du Mordor sort le 30 septembre. Tu incarnes Talion, un rôdeur du Gondor tué par Sauron et ramené à la vie par le fantôme de Celebrimbor, l'elfe qui a forgé les anneaux. L'histoire prend de sacrées libertés avec Tolkien, et les puristes l'ont fait savoir. Mais personne n'a joué pour l'histoire. Tout le monde a joué pour la Némésis. Chaque capitaine orque qui te tue monte en grade, se souvient de toi, et vient te chercher avec la cicatrice que tu lui as laissée. Tu meurs face à un orque minable ? Il devient chef de guerre, et il te le rappelle à chaque rencontre. Le truc, c'est que ce système-là n'a jamais été repris ailleurs : Warner l'a fait breveter, et le brevet court jusqu'en 2036.

« Tu meurs face à un orque minable ? Il devient chef de guerre, et il te le rappelle à chaque rencontre »

Le jeu rafle le prix du jeu de l'année à la GDC et le BAFTA du game design en 2015. C'est aussi le plus gros lancement jamais vu pour un jeu Tolkien. L'Ombre de la Guerre, le 10 octobre 2017, voit plus grand : des forteresses à assiéger, des armées d'orques à recruter. Mais aussi des coffres à acheter avec de vrais euros dans un jeu solo à 70 euros. La colère des joueurs est telle que Warner retire toutes les microtransactions en juillet 2018. Chez nous, on y a passé des dizaines de soirées entière sur les deux jeux et qu'est ce que c'était bien. Ce sera le dernier jeu de Monolith : Warner ferme le studio en février 2025, avec son Wonder Woman jamais sorti. L'Ombre du Mordor a quand même eu droit à une seconde vie sur Switch 2, en septembre dernier.

Gollum, la Moria et nos smartphones

Après Monolith, la licence se disperse. Le 25 mai 2023, le studio allemand Daedalic sort Le Seigneur des Anneaux : Gollum, un jeu d'infiltration qu'on attendait depuis quatre ans. Metacritic : 33 sur PS5, pire jeu de l'année. Le Guardian écrit que « tout le jeu semble profondément instable, comme si une petite brise numérique pouvait faire s'effondrer l'ensemble ». Daedalic s'excuse, ferme son studio de développement un mois plus tard et annule un deuxième jeu Tolkien. Ça pique et on ne peut jamais se réjouir d'une fermeture d'un studio. La même année, Return to Moria (octobre 2023) fait le job : de la survie et de l'artisanat entre nains, dans les mines, en coop. Et en juillet 2025, Weta Workshop, l'atelier des films, sort Tales of the Shire, un jeu de vie à la Animal Crossing où tu cuisines et tu jardines dans la Comté. Pas d'épée, pas d'orque. Juste des hobbits.

Sur smartphone, l'Anneau a presque toujours été là, mais rarement longtemps. Un tower defense chez Glu en 2010, deux jeux de stratégie chez Kabam autour des films du Hobbit (2012 et 2014), Rise to War de NetEase en 2021, un jeu de conquête de territoire qui tourne encore. Et le cas d'école : Heroes of Middle-earth, le gacha d'Electronic Arts, lancé le 10 mai 2023 et fermé le 24 mai 2024. Un an et deux semaines. Le MMO d'Amazon a eu une vie plus compliquée encore : annoncé en 2019, annulé en 2021 pour une histoire de gros sous avec Tencent, relancé en 2023 par l'équipe de New World, et de nouveau enterré au printemps 2026, dans la foulée des licenciements chez Amazon Games.

Et devine qui annonce le suivant ? Embracer, le propriétaire des droits. Le 20 mai 2026, Warhorse, le studio tchèque de Kingdom Come: Deliverance, confirme un RPG en monde ouvert en Terre du Milieu. Pas de date, pas d'image. Mais quand on a vu ce qu'ils savent faire dans les deux Kingdom Com, on a le droit d'y croire un peu et on a hâte d'en savoir plus !

Autour de la table

Sur la table, l'histoire commence en 2000, l'année d'avant les films, avec Reiner Knizia. Son Seigneur des Anneaux, illustré par John Howe, met tous les joueurs du même côté : vous êtes les hobbits, Sauron avance sur la piste, et si l'Anneau vous corrompt trop, vous êtes éliminés. L'un des premiers grands jeux coopératifs grand public, dix ans avant Pandemic, récompensé d'un prix spécial du Spiel des Jahres en 2001. Deux ans plus tard, Hasbro sort Risk : Le Seigneur des Anneaux, avec la Terre du Milieu à la place du monde et la Communauté qui avance vers la Montagne du Destin pour faire tomber le rideau. L'un des jeux qui m'a le plus marqué étant petit avec des parties avec mon grand frère, le déploiement des aigles et des ents vu de mes petits yeux d'enfant. Puis en 2004, trois Italiens signent La Guerre de l'Anneau, le jeu de plateau à deux où un joueur tient les Peuples Libres et l'autre l'Ombre, trois heures de partie, et l'un des jeux les mieux notés de toute l'histoire de BoardGameGeek avec une note moyenne de 8.6 sur 10 (8e au classement général).

Les cartes ont leur propre histoire et commence bien avant l'époque où les Trading Card Games (TCG) était à la mode. Un jeu de cartes à collectionner dès 1995 chez ICE, un autre chez Decipher pour les films, et surtout, le 20 avril 2011, Le Seigneur des Anneaux : Le Jeu de Cartes de Fantasy Flight. Coopératif, un deck de héros contre un deck de rencontres, et plus de dix ans d'extensions, jusqu'à une édition révisée en 2022. Fantasy Flight a annoncé la dernière réimpression en 2024. Si tu en vois une en boutique, ne réfléchis pas trop.

« Trente ans de jeux de société, et le même auteur ouvre et ferme la boucle : Reiner Knizia »

Et puis il y a la vague actuelle, celle qui remplit les rayons depuis deux ans. Fin 2024, Antoine Bauza et Bruno Cathala transposent leur 7 Wonders Duel en Duel pour la Terre du Milieu chez Repos Production : trois façons de gagner, la conquête, le ralliement des peuples ou Frodon qui atteint la Montagne du Destin. Meilleur jeu à deux aux Golden Geek et chez Dice Tower, et un booster Alliés depuis.

La même année, l'éditeur Office Dog sort La Communauté de l'Anneau : Le Jeu de Plis Coopératif de Bryan Bornmueller : dix-huit chapitres qui suivent le premier tome, un par partie, à jouer en équipe. Les Deux Tours a suivi en janvier dernier avec ses dix-sept chapitres, et Le Retour du Roi est attendu début 2027. Matt Leacock, l'auteur de Pandemic, a livré Le Destin de la Communauté chez Z-Man en 2025, de un à cinq joueurs, pour détruire l'Anneau avec ses mécaniques de propagation. Et Office Dog a terminé 2025 avec Le Hobbit : Histoire d'un aller et retour, un roll & write narratif en huit chapitres, de Cul-de-Sac au Mont Solitaire. Son auteur ? Reiner Knizia. Vingt-cinq ans après, le même homme ouvre et ferme la boucle.

Le prochain, Le Cercle du Conflit, arrive ce mois-ci : un roll & write expert où chacun mène à la fois les Peuples Libres et l'Ombre.

Les Anneaux de Pouvoir, les Rohirrim et la traque de Gollum

Retour à l'écran avec Amazon qui avait payé 250 millions de dollars pour les droits télé en 2017, et promis au moins un milliard sur cinq saisons. La première saison des Anneaux de Pouvoir en a coûté 465 millions à elle seule, de quoi en faire la série la plus chère jamais tournée. Elle démarre le 1er septembre 2022, au Deuxième Âge, des milliers d'années avant Frodon, avec Galadriel en guerrière et un Sauron déguisé en Annatar. 25 millions de spectateurs en 24 heures selon Amazon, un accueil critique correct, et un déferlement de notes négatives en ligne qui visait avant tout le casting…

La saison 2, le 29 août 2024, a été mieux reçue mais moins regardée. La saison 3 arrive le 11 novembre 2026, quatre épisodes d'un coup, puis deux par semaine jusqu'au 25. La saison 4 se tourne début 2027. Retrouve notre récap des épisodes :

Au cinéma, Warner a d'abord sorti un film d'animation, en partie pour garder ses droits : son contrat l'obligeait à continuer de produire des films, sinon la licence lui échappait. La Guerre des Rohirrim, mis en chantier en 2021 en urgence et sorti en décembre 2024, raconte Helm Poing-de-Marteau, le roi de Rohan qui a donné son nom au gouffre, dans un style animé japonais signé Kenji Kamiyama, chez nous, le film a été plutôt bien apprécié. 20,7 millions de dollars de recettes pour 30 de budget. Le public n'a malheureusement pas été au rendez-vous. Mais le vrai projet, c'est l'autre. En mai 2024, Warner annonce deux nouveaux films produits par Peter Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens. Le premier, La Traque de Gollum, est réalisé par Andy Serkis, qui reprend son rôle. Le tournage a commencé en juillet 2026 à Wellington. Au casting : Ian McKellen en Gandalf, Elijah Wood en Frodon, Jamie Dornan en Aragorn, Kate Winslet, Lee Pace et Anya Taylor-Joy. Sortie prévue le 17 décembre 2027. Vingt-quatre ans jour pour jour, ou presque, après Le Retour du Roi.

« Warner a d'abord sorti un film d'animation pour ne pas perdre ses droits »

Pourquoi l'Anneau nous tient encore

Quatre-vingt-dix ans. Des licences qui ont fait un procès par décennie, un film coupé en deux, un jeu élu pire de l'année, un MMO enterré deux fois. Et malgré ça, l'Anneau est partout. Pourquoi ?

D'abord parce que Tolkien n'a pas écrit une histoire, il a écrit un monde. Des langues, des cartes, des généalogies, six mille ans de chroniques dans les appendices. Chaque adaptation vient y puiser un morceau différent. Jackson a pris la guerre, Amazon a pris le Deuxième Âge, Monolith a pris les orques, Weta Workshop a pris la Comté. Knizia a pris la corruption de l'Anneau, et Leacock la propagation de l'Ombre. Aucun n'a épuisé le livre. C'est pour ça qu'on peut y retourner chaque année sans lassitude.

Et puis il y a ce que l'Anneau a été pour chacun de nous. Chez nous, c'est ce Risk sur par terre avec un frère, les armées d'orques qui fonçaient sur le Gondor, et la Communauté qu'on faisait avancer en priant pour que la partie dure encore un tour. Des années plus tard, c'est Talion qu'on a retrouvé des dizaines de soirées de suite, pour aller régler son compte à un capitaine orque qui nous avait humiliés la veille. Entre les deux, les films, le livre, les cartes. Le même anneau, jamais la même histoire mais toujours le même plaisir de retrouver ce monde qui nous semble si familier.


Sources : Wikipédia (FR et EN), communiqué Embracer du 18 août 2022, Asmodee France, Gus & Co, Spiel des Jahres, Le Monde (interview de Christopher Tolkien, 2012), Eurogamer, Variety, Euronews.

Écrit parBruceContributeur