Le test de Suicide Squad : Kill the Justice League sur PS5
C’est un titre que l’on attendait depuis de longs mois (voire de longues années), car l’expertise de Rocksteady Studios n’est plus à démontrer en matière de jeu action-aventure. En faisant des super-méchants de DC les héros de leur nouveau titre AAA, le studio inverse les rôles, bouscule les codes et injecte une bonne dose d’humour pour un résultat percutant et prenant. C’est avec un code fourni par l’éditeur que l’on a suivi la Force Task X dans sa mission de tuer la Ligue de Justice. On a testé Suicide Squad : Kill the Justice sur PS5, voici notre verdict…
Quand on voit le « squad bashing » qui s'est
propagé depuis le début de l'accès anticipé du jeu (trois jours avant le Day
One), avec des professionnels frustrés de ne pas avoir eu leur code pour tester
le jeu avant la sortie, on se dit que cette frénésie n’est pas méritée, car le
jeu est force de proposition et que la balance entre les pour et les contre
penche vertigineusement du côté du bon. On a du mal à imaginer qu’une personne
lambda, faisant preuve d’objectivité (pour ne pas dire d’impartialité) n’a pas
vu cela. Il est clair que le manque de neutralité (avec une rancœur qui
transpire dans les nombreux tests négatifs du jeu) a grandement influencé
certaines critiques. Un sentiment d’autant plus flagrant quand on met en
perspective les critiques de Suicide Squad : Kill the Justice avec celles
de jeux encensés : il n’y a rien de cohérent.
« On sent bien que de la rancœur transpire dans
les nombreux tests négatifs du jeu »
On le reconnaît, le jeu n'est pas exempt de défauts,
comme le manque d'originalité des quêtes, mais mettre cela en avant, baser son
verdict (sa note) sur ce seul critère, ce n’est pas faire preuve d’objectivité.
Quand, à côté de cela, les qualités du jeu sont plus que nombreuses, on a du
mal à comprendre ce bashing. Ou plutôt, si, on comprend que, comme un petit
enfant qui n’a pas eu son jouet, il fait un caprice. Ce n’est pas la première
fois qu’un jeu croule sous les avis négatifs sans que cela ne soit vraiment fondé.
C’est récurrent dans l'exercice que représente la critique, car oui, le test
d’un jeu est une critique quand celui-ci ne répond pas à des critères stricts
et définis qui permettent d’établir une « grille d’éléments » pour
évaluer scrupuleusement chaque jeu vidéo.
Bien décidé de pérenniser l’héritage de la série des jeux
vidéo Arkham, Rocksteady Studios s’est appliqué à développer un scénario
original qui a pleinement sa place dans l’univers DC. Suicide Squad : Kill the Justice League
se déroule cinq ans après les événements de Batman
: Arkham Knight, mais cette fois, le chevalier noir fait
place à quatre méchants emblématiques (Harley Quinn, Deadshot, Captain Boomerang, King Shark) recrutés par Amanda
Waller pour renforcer sa Task Force X qui a pour dessein de mettre à genoux les
plus grands super-héros DC. La Justice League n’est plus celle que l’on a connue,
elle n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis que Brainiac a mis sous son
emprise Superman, Batman, Green Lantern et Flash. Il est donc le grand méchant
du jeu, celui que les quatre engagés « forcés » vont devoir contrer pour
qu’il ne transforme pas la Terre en la nouvelle Colu, sa planète d’origine. Pour
être certaine que la Task Force X collabore sans broncher, Waller leur a
implanté un explosif mortel dans leur tête. Ils n’ont plus d’autres choix, ils
vont devoir tuer la Justice League, s’ils ne veulent pas mourir avant…
« Pour contrer les plans de Brainiac, Amanda
Waller sort le grand jeu en recrutant Harley Quinn,
Deadshot,
Captain Boomerang
et King Shark
pour affronter la Justice League »
En choisissant de mettre sur le devant de la scène quatre
antihéros, quatre méchants connus pour leur côté barjot et qui ne rentrent pas
dans les cases, le jeu a voulu, d’entrée, se démarquer de l'affiliation « Arkham ».
Une différenciation qui passe par le choix de ces nouveaux « héros »,
mais aussi par le côté politiquement incorrect de leur personnalité. En effet, ils
jurent, ils ont un langage grossier (quand ils ne font pas des doigts) et, pour
couronner le tout, ils sont animés de mauvaises intentions : ce qui est
absolument jouissif. À côté de cela, le scénario s’inscrit parfaitement dans le
Multivers DC. C’est prenant du début à la fin et il nous réserve un combat d’anthologie
(qui fait date) entre un super-héros et une super-héroïne. Et que dire du sort
réservé au Chevalier Noir ? C’est inattendu (dans la façon dont cela se
passe), c’est intense, fort en émotion et ça ne laisse pas indifférent, mais ça
résume parfaitement l’ambiance du jeu.
Une scène qui a fait un tollé. Certains n’ont pas compris
et n’ont pas accepté que l’on maltraite les super-héros qui, en l’état, sont
quand même sous l’emprise de Brainiac , donc ils ne sont plus eux-mêmes :
Une tempête dans un verre d’eau. Ce n’est pas une première. Dans les différents
univers de DC, ce n’est pas la première fois que cela arrive. Il faut simplement
remettre en perspective le jeu et arrêter de s’énerver pour un rien. Si on
considère l’ultime scène de Batman, elle s’inscrit légitimement dans le
scénario. Suicide Squad : Kill the Justice Leaguebénéficie d’une
histoire solide, prenante, déroutante, tout ce qu’il faut pour accrocher le
joueur. Mais ce n’est pas tout,les
dialogues sont des plus savoureux. On a beaucoup ri, surtout dans les échanges
entre la TFX et Amanda Waller qui apparaît tout aussi (et peut-être même plus) barjot
que les membres de la Suicide Squad.
« Le jeu n’aurait pas été le même si Amanda Waller n’avait
pas pété son câble »
Elle est un personnage à part entière, qui nous guide au
long des missions de jeu, mais que l’on retrouve régulièrement au QG et qui a
même son moment de gloire quand elle les rejoint sur le terrain. L’avoir mise
en avant est l’un des points forts du jeu, tout comme l’est l’alchimie entre
les quatre renégats qui finissent par s’apprivoiser pour travailler main dans
la main. Les personnages ont vraiment bien été écrits. Le jeu se montre sombre
à certains moments, mais il est aussi souvent léger et politiquement incorrect
et ces quatre super-méchants deviennent, petit à petit, des antihéros qui appellent
la sympathie. On a pris beaucoup de plaisir à jouer avec eux, car, comme leur
caractère, le gameplay de chacun est différent, ce qui permet de jouer en coop :
la vraie force du jeu.
En octobre 2022 sortait Gotham Knights (lire
notre test), un jeu également signé Rocksteady qui marchait sur les traces
de la série Arkham. Le jeu s’était démarqué en proposant quatre
super-héros qui prenaient la relève de Batman et proposait un mode coop à deux.
Ici, l’idée a été poussé plus loin. Dans Suicide Squad : Kill the
Justice League, on peut
jouer en solo (l’IA prenant en charge les trois autres personnages), mais c’est
surtout en coop à quatre que l’expérience prend tout son sens. Chacun incarne un
des personnages et comme ils ont leur propre style de combat et leur propre
façon de se déplacer, chacun trouvera chaussure à son pied. En début de partie,
il ne faut pas hésiter à tester chaque personnage pour trouver celui qui
correspondra le mieux à son style de jeu. La synergie des gameplays fait que l’escouade
devient vite redoutable dans des affrontements qui peuvent donner du fil à
retordre. Le gameplay est assez classique pour le genre. La particularité est d’avoir
quatre personnages, qui ont leurs propres armes améliorables, leur propre arbre
de compétences à composer pour qu’ils gagnent en puissance, car il y a une
véritable progression des plus appréciables.
« Rocksteady
a fait les bons choix pour construire un gameplay nerveux »
Pour
gagner des niveaux, Waller te conseillera régulièrement d’enchaîner les missions
avant le prochain chapitre de l’histoire. Ce sont ces quêtes qui deviennent redondantes,
car elles varient peu et que les ennemis sont toujours (plus ou moins) les
mêmes. Pour casser la monotonie de l’exercice, on en a profité pour utiliser les
autres personnages qui nous ont fait découvrir de nouvelles sensations et comme
Metropolis est un vaste terrain de jeu en monde ouvert, on a pris beaucoup de plaisir
à sillonner la ville, comme on le faisait à New York avec Spider-Man. Le but du
jeu est de tirer dans le tas pour affaiblir Brainiac et, en bon looter shooter, Suicide Squad : Kill the Justice League va combler les amateurs du
genre avec son lot d’armes et d’équipement attribué de façon procédurale. Rocksteady
a fait les bons choix pour construire un gameplay nerveux, combiné aux déplacements
d’une vitesse fulgurante.
Le jeu atteint des sommets dans son aspect visuel. On a été
bluffé par la plastique des visages, par la finesse du grain de peau, par la
véracité des regards perçants avec des pupilles détaillées (à la limite du
photoréalisme) et des expressions d'une incroyable véracité pour un résultat
d'un réalisme bluffant. Oui, le jeu est très beau visuellement parlant, les cinématiques
sont dignes d’un film. Le jeu nous en met plein les yeux et fait honneur aux
capacités qu’offrent les consoles next gen. On n’oublie pas les sensations
provoquées par la DualSense avec le retour haptique et les gâchettes
adaptatives, qui font le job. Les déplacements sont d’une incroyable fluidité.
Et puis il y a Metropolis.
« Suicide
Squad : Kill the Justice League se situe dans le haut de la production
vidéoludique actuelle »
Rocksteady a su créer une ville construite verticalement
ce qui permet d’effectuer des plongeons vertigineux. Certes, elle n’est pas
aussi belle que le New York deMarvel’s
Spider-Man 2, mais le design, les couleurs et les lumières sont un véritable
écrin pour Suicide Squad : Kill the
Justice League. Si on ne s’arrête que sur le côté technique, on a du
mal à comprendre les mauvaises notes que le jeu a récoltées. Oui, il y a bien
eu une campagne de bashing, alors que le titre se situe dans le haut de la
production vidéoludique actuelle, et c’est regrettable, ne serait-ce que pour
le travail monstrueux accompli par les développeurs de Rocksteady. Il serait
dommage de s’arrêter aux critiques trouvées sur la toile, la meilleure façon de
juger un jeu est de le tester soi-même, manette en main : ça ne changera jamais.
L’HISTOIRE : 5/5
IMAGE ET SON : 5/5
GAMEPLAY :4/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 4/5
[ LA NOTE : 18/20 ]
Pour en savoir
plus, mate la vidéo de Suicide
Squad : Kill the Justice League:
> Suicide
Squad : Kill the Justice League
un jeu Warner Bros. Games
sur PS5, Xbox Series X|S et PC
déjà dispo.