Après de longues années d’attente et de grands espoirs placés dans la seizième itération de la saga culte de Square Enix, on peut enfin suivre les traces de Clive Rosfield dans le monde grandiose de Valisthéa. Après Final Fantasy XV, qui nous avait laissé un goût d’inachevé, on a voulu savoir si la saga pouvait redorer son blason et contenter aussi bien les gamers fans de fantasy, que les gamers qui ne jurent que par l’action RPG. C’est avec un code fourni par l’éditeur que l’on a testé Final Fantasy XVI sur PS5, voici le verdict…
nous offre un jeu basé sur scénario dense,
complexe, prenant et qui ne manque pas de rebondissements. Depuis 1987, c’est
la marque de fabrique de la franchise, qui s’est imposée au fil des itérations
comme une valeur incontournable du jeu vidéo de rôle et qui a montré l’exemple à
de nombreux créateurs pour se lancer dans le genre. Chaque gamer, qui a joué à
au moins un titre de la saga, a son préféré, voire plusieurs, et de bons
arguments pour le/les défendre contre des détracteurs qui trouvent toujours à
redire : Final Fantasy ne laisse pas indifférent.
Après le succès
massif de Final Fantasy VII Remake (et en attendant sa suite Final Fantasy Rebirth), après le développement chaotique de Final Fantasy XV, qui nous a déçus, non pas parce que
c’était un mauvais jeu (au contraire), mais que le résultat final était à
l’opposé de ce que l’on nous avait « vendu » au fil du développement
(et donc ce que l’on attendait), arrive enfin Final Fantasy XVI. Ce
nouvel opus numéroté de la franchise a été développé par la Creative Business
Unit III (qui regroupe que des pointures du jeu vidéo) et, plus
particulièrement, porté par le producteur Naoki Yoshida à qui l’on doit les
succès de Dragon Quest X et Final Fantasy XIV Online. C’est d’ailleurs de ce dernier que vienne
une grande partie des personnes qui ont donné vie à FFXVI (des Directeurs
Créatif et Artistique en passant par le compositeur et le concepteur des
personnages) ce qui explique que l’on retrouve dans le jeu l’influence de FFXIV,
comme on le verra tout au long de notre test.
« Final Fantasy XVI repose essentiellement sur une
histoire dont le scénario et l’ambiance prennent le temps de se mettre en
place »
Dès l’annonce du projet, on a très vite compris que
Square Enix plaçait de grands espoirs dans ce seizième volet et que tout a été
fait pour maîtriser son développement et éviter les couacs de FFXV. Pour
commencer, le jeu se distingue, car c’est le premier Final Fantasy qui
propose un RPG 100% action, mais le plus important, c’est que le jeu repose essentiellement
sur une histoire dont le scénario et l’ambiance prennent le temps de se mettre
en place. Pour apprécier pleinement le jeu, il faut se donner le temps de
découvrir le lore de FFXVI, que ce soit l’intrigue, mais tous les
éléments qui apportent de l’épaisseur au scénario (la géopolitique de Valisthéa,
l’utilité et les conséquences des Cristaux-mères, la raréfaction de l’éther et
la conséquence sur les citoyens, les Primordiaux, les Émissaires, les
Pourvoyeurs et on en passe). On peut dire que le scénario a été travaillé et on
n’en attendait pas moins. Les développeurs sont fans de High
Fantasy (un genre qui décrit un monde imaginaire où la magie est présente et où
le bien et le mal se confrontent) pour autant ils gardent un côté réaliste qui fait écho
à notre monde contemporain puisque la géopolitique de Valisthéa et que la
course aux cristaux peuvent facilement se transposer à notre époque si l’on
remplace l’éther par le pétrole et les autres énergies fossiles.
Final fantasy XVI nous ouvre les portes de Valisthéa, un monde composé de six nations qui ont
forgé leur renommée et qui se sont développées grâce à la protection des Cristaux-mères,
des formations gigantesques qui trônent aux quatre coins de ce monde, comme des
phares guidant, à la lumière de l'éther, les différentes nations de notre futur
terrain de jeu. Ces Cristaux-mères permettent à tout un chacun d'utiliser la
magie, mais la raréfaction de l'éther a fait apparaître le fléau noir qui
ravage les différentes nations, déclenchant le chaos né de la succession de
guerres. Quand on commence l'aventure, on est témoin d'une de ces batailles
dont le point culminant est l'affrontement de deux primordiaux (Titan vs
Shiva), des divinités gigantesques que possède chacune des nations et qui sont
portées par des Émissaires, des élus qui n'ont pas besoin des Cristaux pour
utiliser la magie. Les Émissaires étant eux aussi protégés, c'est le cas de
Clive, le héros du jeu que l'on va incarner. Clive aurait dû être l’Émissaire
de Phénix, le protecteur de l'Archiduché de Rosalia, mais il en a été autrement.
Bien qu'il se soit juré de protéger Joshua, son petit frère, un événement
tragique va bouleverser la vie de ce héros malgré lui.
« Pour "choper" le joueur, pour le tenir
en haleine et lui donner envie d'avancer dans l'aventure, l'histoire se devait
d’être dense. »
Au même moment un complot fait assassiner son père l'Archiduc
de Rosalia et l'apparition d'un deuxième Émissaire de feu va entraîner la mort
de Joshua. On comprend dès lors que Clive est animé par une soif de vengeance
pour faire payer le mystérieux homme encapuché pour la mort de son frère. Ainsi
débute notre aventure avec un Clive bien décidé de se venger. Final Fantasy
XVI nous conte la lutte du bien contre le mal, mais ce n'est pas aussi
tranché que ça, car chaque personnage, même les plus sages comme Jill, a ses
aspérités, un côté sombre qu'il va devoir affronter à un moment ou à un autre.
Inversement, les méchants, comme Benedikta, ont un côté fragile qui brise leur
carapace. C'est précisément la rugosité des personnages qui fait la force de
l'histoire, car cela muscle le récit pour le rendre prenant. Pour « choper »
le joueur, pour le tenir en haleine et lui donner envie d'avancer encore et
toujours dans l'aventure, l'histoire se devait d’être dense. Ça passe par un
scénario bien ficelé, aux multiples rebondissements, ça passe par ces (nombreux)
personnages si bien écrits, bien développés, ça passe par l'Histoire de
l'histoire qui donne de la profondeur au cadre de cette aventure. La Creative
Business Unit III a mis le paquet en développant le lore et en s'appliquant à
détailler son univers dans les moindres détails pour créer un passé à Valisthéa.
Le lore de Final Fantasy XVI est complet et
complexe, ce qui était une condition sine qua non pour offrir un univers qui
tient la route. Afin de ne pas perdre le joueur, ce qui serait
contre-productif, l'équipe a mis des éléments à disposition pour que chacun s'y
retrouve. Ça passe par les dialogues, par les cinématiques qui racontent
l'histoire de Valisthéa, par les « cours » de géopolitique de Viviane
et les récits historiques d’Harpocrate, une véritable encyclopédie vivante,
mais si l'on veut aller encore plus loin, on a la possibilité de le faire. Il y
a un outil très utile dont on a accès en appuyant longuement sur le pad. Il nous
propose la « Chronographie », qui met le jeu en pause et qui nous
permet d'accéder à une série de vignettes explicatives sur tout ce qui est en
rapport avec l'instant T, que ce soit au niveau des personnages, des lieux, des
monstres, des ennemis et autres éléments du scénario. Sur l’entièreté de
l’aventure, ce sont plus de 2800 infos qui sont inventoriées, quand on évoquait
le soin mis dans le détail pour créer l’Histoire de Valisthéa, on faisait
référence à cela. C'est un outil très pédagogique, cela donne, à qui veut en
savoir plus, les moyens de parfaire ses connaissances sur Valisthéa. Au milieu
de l’aventure, on débloque le « Sociogramme » qui permet d’avoir une
vision d’ensemble des personnages, leurs relations les uns avec les autres et
leur évolution au fil des années. En plus d’être informatifs, ces éléments
permettent de faire une pause dans le jeu entre deux moments d'action intenses,
comme le recommande Naoki Yoshida : « Nous aimerions que vous vous
concentriez en premier lieu sur son histoire. Pour votre première partie,
trouvez la combinaison d’accessoires qui vous permettra d’explorer l’histoire
sans pression. »
« Les options d’accessibilité donnent la possibilité
à tous de se lancer dans l’aventure sans l'appréhension de ne pas y
arriver. »
Ce qui frappe avec ce nouveau titre de la saga, c’est
qu’un effort considérable a été fait sur l’accessibilité. La Creative Business
Unit III a trituré ses méninges afin de trouver la bonne formule qui
permettrait à TOUS (les novices, les experts, les vieux briscards de la
franchise, comme ceux qui mettent pour la première fois la main sur un Final
Fantasy) de jouer à FF16. Les moyens mis en œuvre pour concrétiser
ce souhait sont considérables et donnent vraiment la possibilité à tous de se
lancer dans l’aventure sans l'appréhension de ne pas y arriver. Très clairement, Final
Fantasy XVI est le jeu idéal pour expérimenter son premier Action RPG. On
commence par choisir entre le Mode histoire et le Mode action, suivant si on
veut plus ou moins de défis. En choisissant le premier, on voit Clive affublé
de deux accessoires de soutien (qui peuvent être changés pour pallier ses
points faibles) qui font que les combats sont une partie de plaisir, car la
majorité des actions sont automatisées. Même quand on joue en Mode action, on a
la possibilité de personnaliser son gameplay en fonction de la difficulté. En
combat, on peut compter sur l’aide de Talgor, le loup de Clive. On a la
possibilité de lui ordonner des actions, mais là encore, on peut s’équiper d’un
objet qui le fera agir tout seul. Les options ne manquent pas pour assister
ceux qui le souhaitent, afin qu’ils avancent sans souffrir. Pour ceux qui
veulent progresser, le mode entraînement permet de maitriser les combos et aide
à choisir sa configuration de combat. Il est vraiment appréciable de se voir
offrir tant de liberté et d’avoir un jeu capable de moduler la difficulté de
son gameplay, car même les plus exigeants seront servis avec le contenu end
game qui réserve du défi.
Le jeu ne nous propose pas de monde ouvert, Valisthéa est
composée de donjons linéaires, avec des zones semi-ouvertes dans lesquelles on
peut explorer et engager les combats et puis il y a le repaire de Clive qui
sert de hub, un endroit où l'on revient régulièrement. Quant à lui, le gameplay
est 100 % action, en temps réel, ce qui tranche avec les précédents titres de
la franchise. Pour ce coup d’essai, c’est Ryota Suzuki qui endosse le rôle de
Directeur des combats. Ainsi, il amène avec lui tout son savoir-faire déployé sur
Devil May Cry 5 et
Dragon’s Dogma, autant dire qu’il n’avait rien à prouver
et qu’il a donné à Final Fantasy XVI son propre système de combat qui
fonctionne parfaitement. Ici, on contrôle un seul personnage, même si, par
moments, on reçoit l'aide de camarades et de Talgor, le compagnon à quatre pattes
de Clive. Les combats reposent sur des combos à l'épée, mais aussi sur des sorts
de magie pour attaquer à distance. Il ne faut pas oublier l'esquive qui est
primordial pour prendre le dessus dans les combats. Si tu ne maîtrises pas
l'esquive, tu vas avoir de gros problèmes pour avancer dans le jeu et très vite
les monstres vont te bloquer la route. Le système de jeu se muscle avec les
pouvoirs des Primordiaux que l’on acquière à mesure qu’on les affronte. Quant à l'arbre
de compétence, il permet de s’améliorer et de renforcer son jeu.
« Il y a plein de mécaniques à acquérir pour apprécier
et maîtriser pleinement le gameplay du jeu »
Les points de compétence s'acquièrent à mesure que l'on
gagne des niveaux. Sur les gros ennemis, une jauge de volonté apparaît. Elle n’est
pas sans rappeler la barre de choc de Final Fantasy XIII et elle permet
de déstabiliser l'ennemi une fois qu'elle est vidée. Ainsi, il devient vulnérable
et on peut alors lui asséner une volée de coups pour multiplier les dégâts, ce
qui est indispensable pour que le combat ne s'éternise pas. À
mesure que l’on progresse, ça devient de plus en plus ardu et ceux qui
pensaient (en se basant sur le début de l'aventure) que ça serait une partie de
plaisir, vont revoir leur point de vue, sauf bien sûr s’ils se blindent d’accessoires
de soutien qui ont pour fonction de nous faciliter les combats. Après, c'est à
chacun de trouver son style de jeu, c'est à chacun de voir s’il veut plus ou
moins de facilité, plus ou moins de challenge dans l'avancement du jeu. Donc, il
y a plein de mécaniques à acquérir pour apprécier et maîtriser pleinement le
gameplay. Pour éviter la lassitude, pour varier le gameplay, il y a les
combats entre Primordiaux qui sont un véritable régal pour les yeux. Ce ne sont
pas les combats les plus durs, même s’ils peuvent être éprouvants par leur longueur
(celui contre Titan a été titanesque), en tout cas, ce sont ceux qui font le
plus d'effet visuellement parlant, même s’il faut reconnaître que certains
manquaient parfois de lisibilité.
On attendait la sortie de Final Fantasy XVI, car
le projet était mené par Naoki Yoshida et que l’on adore le travail accompli
sur FFXIV. On s’est régalé à parcourir Valisthéa et à suivre l’évolution
de Clive, de l’ado tourmenté (car rabaissé constamment par sa mère et par l’inquiétude
de ne pas pouvoir protéger son frère émissaire), au jeune homme assoiffé de
vengeance, à l’homme posé, qui s’est affranchi de sa marque pour embrasser
sa destinée en devenant un guerrier protecteur. Alors oui, on est dans un vrai Final
Fantasy avec tous les éléments qui ont fait le succès de la saga. Ça passe
par son histoire, ses personnages, ses monstres, ses Invocations, mais aussi avec
le thème central axé sur les Cristaux-mères. FFXVI aurait très bien pu
rejoindre la Fabula Nova Crystallis (un ensemble de jeux gravitants
autour de FFXIII) avec les Pourvoyeurs qui ne sont pas sans rappeler les
l’Cie. Avec une intrigue plus mature que ce que l'on a l'habitude de voir dans
la saga, le titre marque par sa « violence », le sang, le langage cru
et la nudité, le jeu a vraiment tout pour séduire. Tout cela renforce le côté
sombre et apporte de la profondeur, c'est clair que Final Fantasy XVI ne
manque pas de relief. Visuellement, le titre nous a impressionnés par ses
décors, le character design et des visages plus expressifs que jamais. Valisthéa
est merveilleusement mis en valeur par sa lumière et la diversité des paysages si
détaillés.
« FFXVI nous offre beaucoup de cinématiques, c'est
la force du jeu, pour peu que l’on cherche une histoire qui va nous emmener
dans un autre univers. »
On sent bien que les développeurs ont profité des
capacités de la PS5 pour nous offrir le meilleur (avec les caractéristiques de
la DualSense, la puissance et la rapidité du SDD et la spatialisation du son), surtout
au niveau de l’image. Si l’animation des quêtes secondaires est soporifique et
ne reflète en rien la majeur partie de l’œuvre, les combats sont les moments où
tout le savoir de la Creative Business Unit III s’exprime pour nous en mettre plein
les yeux avec un déluge d’effets visuels. Les animations des sorts et les
attaques sont sublimes. On n’y prête pas forcément attention dans le feu de
l'action, mais quand on regarde une autre personne jouer, on apprécie
pleinement le travail qui a été fait : c’est juste un festin pour les
yeux. C’est impressionnant, c’est beau et c’est aussi merveilleusement mis en
scène avec une maîtrise des mouvements de la caméra qui fait qu’on se régale visuellement
parlant. On ne fait pas l’impasse sur la VF, qui est de bonne facture (il y a la
possibilité de jouer en anglais, japonais, allemand, italien et espagnol) et la
musique magistrale signée de Masayoshi Soken (qui a bossé sur FFXIV et
ça s’entend) nous immerge pleinement dans ce monde fantastique. On retrouve dans le jeu des
thèmes bien connus de la saga qui côtoient des productions nouvelles. Le bilan
est plus que positif, le jeu a tout (dans son histoire et son gameplay) pour
séduire le novice comme les gamers les plus aguerris et, en plus, après avoir
bouclé l’histoire, il y a encore tant à faire que l’on ne peut que rester à Valisthéa,
car franchement, on n’est pas encore prêt à en partir.
Mate le trailer de Final Fantasy XVI :
L’HISTOIRE : 5/5
IMAGE ET SON : 5/5
GAMEPLAY :4/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 5/5
[ LA NOTE : 19/20 ]
> Final Fantasy XVI
un jeu Square Enix
sur PS5
déjà dispo