Auteur : Vital Lacerda

Illustrateur : Ian O'Toole

Weather Machine

Expert

Test

Test Weather Machine : Un bon Lacerda sous un bel emballage

« Les catastrophes naturelles appartiendront bientôt au passé ! » C'est la promesse du professeur Sêni Lativ et de sa machine à contrôler la météo. Petit souci : chaque fois qu'elle règle le temps quelque part, elle le dérègle ailleurs sur la planète. Dans Weather Machine, de Vital Lacerda, illustré par Ian O'Toole et édité par Eagle-Gryphon Games, tu fais partie des scientifiques chargés de réparer les dégâts et de construire un nouveau prototype. On attendait du Lacerda, et on en a eu : une règle claire, des actions simples sur le papier, et des enchaînements qui font chauffer la tête. On a enfilé la blouse et rejoint l'équipe du professeur, voici notre verdict…

Par Bruce5 min de lecture
Test Weather Machine : Un bon Lacerda sous un bel emballage

Comment ça se joue ?

Test Weather Machine : Un bon Lacerda sous un bel emballage

À ton tour, tu déplaces ton scientifique vers l'un des lieux du plateau et tu y fais tes actions. Le premier, le Dépôt, sert à te préparer. Tu y agrandis ton atelier, tu y construis des Robots, tu y récupères des produits chimiques. Les trois suivants portent les actions principales, deux par lieu. Au Gouvernement, tu vends une pièce de machine ou tu décroches une subvention. Au Laboratoire de Lativ, tu travailles sur une expérience ou tu publies un article. À la R&D, tu fais de la recherche ou tu réussis une percée, avec une récompense à la clé. Trois récompenses, et le prix Nobel est à ta portée.

Six actions principales, donc, sans compter le Dépôt. C'est peu. Elles se déroulent par étapes, comme toujours chez Lacerda, et tu peux en faire une des deux, ou les deux si tu occupes la première case du lieu.

Pendant ce temps, la machine du professeur tourne. Quand l'une de ses branches est entièrement garnie de Robots et que l'expérience correspond, elle se lance. La partie s'arrête quand l'un des déclencheurs est atteint, par exemple quand quelqu'un reçoit le Nobel ou qu'une partie du jeu n'est plus disponible.

Des actions simples, mais des ressources limitées

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Et c'est là que ça se complique. Parce que oui, prises une par une, les actions sont plutôt simples. Les réaliser l'est beaucoup moins.

D'abord, tout passe par les Coupons. Chaque lieu a les siens. Tu en gagnes un en y installant ton scientifique dans un lieu, et tu en dépenses d'autres pour y agir : un pour la première action, deux pour la seconde. Arriver dans un lieu déjà occupé t'en rapporte d'ailleurs un de plus par joueur installé à ta gauche. Un cinquième type, le Coupon Science, remplace n'importe lequel, et certaines percées en réclament.

Tu l'auras compris, les trois grands lieux sont tous connectés par là. Ce que tu veux faire dans l'un dépend presque toujours de ce que tu as préparé dans les autres. Un article ne vaut que par la recherche et les récompenses qu'il met en avant. Une percée demande des ressources et des coupons qu'il a fallu aller chercher ailleurs. Les Robots ou les produits chimiques dont tu as besoin viennent du Dépôt, où il aurait fallu passer avant.

Lors de ta première partie, il est parfois compliqué de te dire : « Si je veux faire ça, il me faut ça, et cette ressource, je l'aurai là-bas. » Tu vois l'action que tu veux. Tu vois moins bien le chemin pour y arriver.

« Les actions sont simples, leur réalisation beaucoup moins »

Prévoir, encore et toujours

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Prévoir est donc primordial. Rien de neuf pour qui a déjà ouvert un Lacerda : c'est commun à tous ses jeux, dans une mesure plus ou moins grande. Ici, un tour mal préparé se voit tout de suite. Tu arrives dans un lieu sans les bons Coupons, tu fais une action au lieu de deux, et il faut repartir chercher ce qui manque.

Dans ce type de jeu, ta première partie sera rarement une grosse performance. Elle aura le mérite de te faire comprendre la mécanique, et de te montrer les points de vigilance dans tes décisions. À quoi faut-il penser avant de bouger son scientifique ? Qu'est-ce qui va manquer dans deux tours ? C'est le genre de questions qu'on se pose mieux la deuxième fois.

Le rythme, lui, est une bonne surprise. Les tours s'enchaînent rapidement, et on ne passe pas la soirée à attendre le sien.

« Ta première partie ne sera pas une grosse performance, mais elle te montrera où regarder »

Un décompte qui reste lisible

Le décompte de fin de partie est agréable. Il n'y a pas de grosse salade de points, avec quinze lignes à additionner et un vainqueur que personne n'avait vu venir. Tu marques pendant la partie, avec tes articles et les prototypes. À la fin, il reste les pistes de financement, les tuiles Objectif que tu as remplies et le Nobel s'il est chez toi.

Tout est assez bien indiqué sur le plateau. On sait d'où viennent les points, et on peut suivre où en sont les autres sans sortir la calculette.

« Pas de grosse salade de points à la fin, tout est indiqué sur le plateau »

Un beau jeu, où l'on ne sent pas la météo

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La boîte est plutôt belle, et le jeu aussi. La machine occupe le plateau avec ses cinq branches, une par type de temps : pluie, vent, soleil, brouillard, neige. Ian O'Toole a l'habitude des jeux de Lacerda, et ça se voit.

Mais le thème reste un bel emballage. Alors oui, on contrôle le temps. Sauf qu'on reste des petits scientifiques planqués dans leurs bureaux, et il est plutôt logique qu'on ne ressente aucun changement de météo. Les scientifiques gèrent leur tableau Excel, et nous, on n'a pas vraiment l'impression de faire bien plus.

On ne dira pas que le thème est peu présent. Il est là, sur chaque tuile et dans chaque nom d'action. Il ne se fait simplement pas sentir quand on joue, le jeu étant très scolaire.

« On incarne des scientifiques, pas des hommes sur le terrain »

Weather Machine est-il fait pour toi ?

Si tu aimes les jeux experts où il faut préparer ses coups plusieurs tours à l'avance, oui. Weather Machine se joue à partir de 14 ans, pour des parties de deux heures bien remplies, et il demande de l'attention du début à la fin. Sa règle claire aide à s'y mettre.

Si tu as déjà plusieurs Lacerda, la question est différente. Celui-ci est très bien, mais ce n'est pas forcément celui qu'on sortira de préférence. Et si tu veux un thème qui se vit un peu plus à chaque action, regarde plutôt du côté de Kanban, à notre avis.

Weather Machine : un très bon jeu, qu'on ne sortira pas en premier

On fait la fine bouche, on le sait. Weather Machine a une règle claire, peu d'actions, un décompte lisible, et il est beau. Les tours s'enchaînent rapidement, les Coupons et les différentes ressources donnent de quoi réfléchir longtemps. Il lui manque juste un univers qui ait plus de présence. Le sien nous semble beau, mais on ne le sent pas vraiment quand on joue, et c'est ce qui le fait passer derrière d'autres jeux du même auteur.

Écrit parBruceContributeur