Comment ça se joue ?

Tout le groupe partage un seul pion, et ce pion est une boussole. Une vraie. Elle se promène sur le plateau rond du Monde Crépusculaire, où les huit souvenirs sont posés face cachée, au milieu de six obstacles. Autour d'elle, quatre figurines aimantées : Billygoat, qui rôde sur le plateau, et trois Faceless, qui tournent sur le bord.
Chacun a trois cartes devant soi, visibles de tous. À ton tour, tu fais une seule chose. Avancer, en jouant une carte. Te reposer, en refaisant ta main à trois cartes. Ou chuchoter, c'est-à-dire faire passer une carte d'une main à une autre. On discute de tout, c'est coopératif.
Après chaque action, une carte Événement est révélée, et le Monde Crépusculaire réagit. La partie est perdue si Billygoat rejoint le groupe, si la pioche est vide au moment de piocher, ou si tu heurtes un obstacle sans souvenir à sacrifier.
Une vraie boussole, de vrais aimants
Avant de commencer, tu frottes le côté rouge de Billygoat contre la boussole pendant quelques secondes, pour l'aimanter. Chaque figurine a deux côtés. Le côté coloré attire l'aiguille rouge, le côté vierge la repousse. Et plus une figurine est proche, plus elle pèse.

Les cartes ont cinq couleurs. Une jaune, une verte ou une bleue te fait d'abord déplacer le Faceless de cette couleur le long du bord, et le tourner comme tu veux. Ensuite, le groupe avance du nombre de cases indiqué, dans la direction que montre l'aiguille. Une case à la fois, en relisant l'aiguille après chaque pas, parce qu'en bougeant, la boussole se rapproche d'un aimant et s'éloigne d'un autre. Une carte rouge te fait déplacer Billygoat lui-même. Seule la violette te laisse choisir ta direction.
Tu ne décides donc presque jamais où tu vas. Tu décides de ce qui attire l'aiguille. Une fois ta carte jouée, tu peux faire tous les essais que tu veux : tu glisses le Faceless, tu le tournes, tu regardes l'aiguille hésiter. Mais interdit de tester avant d'avoir joué la carte. Et si l'aiguille s'arrête pile entre deux cases, c'est le groupe qui tranche.
On aime vraiment cette mécanique des aimants. On ne la retrouve pas sur d'autres jeux, et elle fait tout le sel de la partie.
« tu décides de ce qui attire l'aiguille, pas où tu vas »
Billygoat se rapproche

Chaque carte révélée rejoint la colonne de sa couleur, et plus une colonne est longue, plus son effet est fort. Une carte rouge ? Billygoat avance vers le groupe, d'une case par carte rouge déjà posée. Une violette ? Le groupe panique et avance tout seul, dans le sens de l'aiguille, même si un obstacle l'attend au bout. Les jaunes, par paires, retournent un Faceless : ce qui attirait l'aiguille se met à la repousser. Les bleues font sortir des cartes supplémentaires, les vertes font défausser.
C'est aussi dans ces colonnes que tu pioches quand tu te reposes. Refaire sa main, c'est donc alléger un peu la menace.
Les souvenirs, eux, se ramassent en passant dessus. Chacun peut servir une fois : déplacer un Faceless, bouger un obstacle, retirer deux cartes des colonnes. Faut-il s'en servir tout de suite, ou le garder ? Parce qu'un souvenir, c'est aussi ce qui te sauve si l'aiguille t'envoie dans un obstacle.
« Une vraie boussole au milieu du plateau, on ne voit pas ça dans beaucoup de jeux »
Difficulté, scénarios et variantes
Chaque enfant a son propre pouvoir, et la difficulté se règle dès la mise en place : on révèle cinq, six ou huit cartes Événement avant de commencer. Le livret conseille six pour une première partie.
Il propose ensuite une série de scénarios, chacun avec sa petite histoire et ses personnages imposés. La boîte contient aussi des modules à ajouter au fil des parties, avec un sablier, un dé ou du brouillard.
Un dessin très particulier, un très beau matériel
Le dessin est très particulier. Il ne plaira pas à tout le monde, et ce n'est pas ce qui nous a attirés vers le jeu.
Le matériel, en revanche, est très beau. Les figurines de Billygoat et des trois Faceless cachent chacune un aimant dans leur socle, le plateau rond du Monde Crépusculaire se pose sur le plateau principal, et la boussole trône au milieu. Ici, le matériel n'est pas un décor : sans lui, il n'y a pas de jeu.
The Faceless est-il fait pour toi ?
Si tu as envie d'un jeu coopératif qui sort de l'ordinaire, oui. The Faceless se joue de deux à quatre, et comme tout le monde partage le même pion, on discute de chaque déplacement ensemble.
Chez nous, ça a marché. Mais tout repose sur une seule idée, la boussole et ses aimants, et sur un univers graphique très marqué. Si ni l'un ni l'autre ne te parle, le jeu aura du mal à te retenir.
The Faceless : un jeu dont on se souvient
Il y a des jeux qu'on apprécie et qu'on oublie. The Faceless est tellement singulier qu'on s'en souvient. On se rappelle l'aiguille qui tourne, le Faceless qu'on déplace d'une case pour voir, et Billygoat qui se rapproche.
