Auteurs : Charles Chevallier · Laurent Escoffier

Illustrateur : Naïade

Test

Test Looot : des drakkars et des tracas

Des vikings, un fjord à remplir, des drakkars qui attendent leur cargaison et un titre de Jarl pour celui qui rapportera le plus de richesses. Looot est signé Charles Chevallier et Laurent Escoffier, illustré par Naïade, et il sort chez Gigamic pour 2 à 4 joueurs à partir de 10 ans, en une demi-heure. On s'attendait à un jeu de pose de pions familial de plus. On a trouvé un jeu rapide, simple à expliquer, et avec nettement plus de profondeur que sa boîte ne le laisse croire. On a sorti notre boîte à deux, à trois et à quatre, voici notre verdict…

6 min de lecture
Test Looot : des drakkars et des tracas

Comment ça se joue ?

Test Looot : des drakkars et des tracas

Le plateau central se construit avec autant de tuiles Territoire que de joueurs. Dessus, des cases de quatre terrains, chacune liée à une ressource. Entre les cases, des emplacements de bâtiments garnis de tuiles : maison, tour ou encore château. Sur le côté, une tuile Mer accueille cinq drakkars piochés dans un sac, et une tuile Trophée en aligne cinq, du plus modeste au plus prestigieux. Devant toi, ton fjord : une grille de cases vides, trois boucliers, et trois chantiers distribués au hasard, un port maritime, un autel des divinités et un palais du Jarl.

Ton tour tient en une action obligatoire. Tu poses un viking sur une case ressource vide, adjacente à un autre viking, de n'importe quelle couleur, ou à un drakkar. Tu prends la ressource correspondante dans la réserve et tu la places sur une case vide de ton fjord. Elle ne bougera plus. Puis tu regardes si ton viking capture un bâtiment : une tuile de chaque maison qu'il touche, une tuile de chaque tour quand tu relies deux tours avec tes vikings, une tuile de château quand ta chaîne atteint quatre vikings dont un à côté du château. Chaque tuile capturée va, elle aussi, sur une case vide de ton fjord, pour toujours.

En fin de tour, tu peux prendre l'un des cinq drakkars de la mer et le poser dans ton fjord. Pour le valider, il te faudra placer autour de lui les trois ressources qu'il réclame. Une fois validé, il se retourne et donne un bonus de points à une ressource ou à un bâtiment. Mais attention, un drakkar non validé en fin de partie coûte cinq points. Les chantiers fonctionnent pareil : ressources et bâtiments demandés en contact, et la tuile se retourne pour ses points. La partie s'arrête quand les treize vikings de chacun sont posés. Chaque type de ressource ou de bâtiment vaut sa valeur de départ plus tes bonus, multipliée par le nombre que tu en as, et on ajoute chantiers et trophée. Explication en cinq minutes, première partie comprise dès le deuxième tour.

« tu poses, tu prends, tu places »

Une course sur le plateau central

La première chose qu'on a sentie, c'est la course. Les tuiles de bâtiments sont comptées : deux par maison, deux par tour, trois par château, et quand il n'y en a plus, et bah il n'y en a plus. Alors tu regardes la maison libre à deux cases de ta chaîne et tu te demandes si le voisin va la toucher avant toi. Tu vois ses vikings s'allonger vers une tour que tu visais. Et parfois, tu poses un viking qui relie une nouvelle tour à deux tours déjà reliées, et tu rafles quatre tuiles d'un coup.

Les châteaux, eux, se méritent. Il faut une chaîne de quatre vikings de ta couleur avec un pied à côté, huit pour une deuxième tuile, douze pour une troisième. Avec treize vikings en tout, c'est un choix de partie entière : tu construis une longue chaîne pour les châteaux, qui valent cher, ou tu éparpilles tes vikings pour toucher plus de maisons et de tours ? Comme tout le monde peut s'appuyer sur les vikings des autres pour poser les siens, le plateau se remplit vite et les bons coins disparaissent. On n'a jamais eu le temps de s'ennuyer.

« Molo l'agneau, c'était ma tour ! »

Le fjord, un casse-tête à part

Test Looot : des drakkars et des tracas (2)

Le deuxième jeu se joue sur ton plateau personnel, et c'est celui qui nous a le plus fait réfléchir. Chaque ressource et chaque bâtiment arrive dans ton fjord sur une case vide, et n'en bouge plus. Or les drakkars veulent trois ressources précises en contact, les chantiers veulent leurs ressources et leurs bâtiments en contact, et ton fjord n'est pas extensible. Le mouton que tu poses maintenant, il doit servir au drakkar d'à côté, mais aussi, si possible, au port maritime de l'autre côté. Une même ressource peut valider plusieurs drakkars si tu l'as bien placée. Et si tu remplis ton fjord n'importe comment, tu arrives à la fin avec des cases pleines, des chantiers inachevés et des drakkars à moins cinq points.

C'est là que Looot gagne sa profondeur. Le plateau central te dit ce que tu peux prendre, ton fjord te dit ce que tu devrais prendre, et les deux ne sont parfois pas totalement en accord. Tu veux la maison qui termine ton palais du Jarl, mais la seule case qui la touche donne une hache dont tu n'as rien à faire. Tu veux de l'or pour ton drakkar, mais la montagne libre est à l'autre bout de la carte. Ces dilemmes arrivent dès le début et ne s'arrêtent qu'avec le dernier viking.

« Le plateau te dit ce que tu peux prendre, ton fjord, ce que tu dois prendre »

Boucliers, drakkars et trophée : les petites décisions

Autour de cette boucle, quelques réglages bien dosés. Tes trois boucliers sont à usage unique et chacun casse une règle : poser un second viking dans la foulée, poser un viking sur une case déjà occupée, ou gagner deux ressources au lieu d'une. On a tous gardé le nôtre trop longtemps au début, puis appris à les sortir au moment où ils renversent une course. Les boucliers cassent l'anticipation des uns tout en les faisant un peu râler... et ça, on aime !

Les drakkars sont un pari. Chacun te promet un bonus, par exemple deux points de plus par mouton, mais il bloque une case de ton fjord et te réclame trois ressources autour. Trop de drakkars, et tu passes la partie à les nourrir. Pas assez, et tes ressources valent leur prix de départ. Le trophée, enfin, se prend une seule fois dans la partie, contre un nombre de haches, et chaque trophée est unique : celui à cinq haches parti, il faudra se contenter des autres. Le prendre tôt, c'est sécuriser des points. Le prendre tard, c'est viser plus gros en espérant que personne ne te le souffle.

« Trois boucliers, un trophée, des drakkars : peu de choses, mais toutes comptent »

Du matériel lisible, à un détail près

Naïade signe des vikings ronds et joyeux, et un matériel dense : 90 ressources en bois, 52 vikings, 43 tuiles de bâtiments, 30 drakkars dans leur sac, les fjords, les chantiers, les boucliers. Les tuiles sont lisibles, les ressources se reconnaissent bien individuellement. Petit bémol tout de même, lors du comptage des points, on a parfois du mal à distinguer rapidement les mêmes types de ressources. Rien de bloquant, mais on l'a remarqué à chaque partie.

Looot est-il fait pour toi ?

Test Looot : des drakkars et des tracas (3)

Si tu cherches un jeu familial rapide, qui s'explique en cinq minutes et qui laisse pourtant de quoi réfléchir, Looot est une très bonne pioche. Il a tourné chez nous avec les plus jeunes comme avec les adultes, sans que personne ne décroche : les règles de pose tiennent en deux conditions, et le reste se comprend en jouant. On l'a joué à deux, à trois et à quatre, et il tient dans les trois cas, le plateau s'adaptant au nombre de joueurs avec une tuile Territoire par personne. À quatre, la course aux bâtiments est plus serrée. À deux, tu as plus de place pour construire tes chaînes, et le fjord prend plus d'importance.

Looot : rapide, simple, efficace

On a tous aimé. Looot se joue vite et bien, avec une profondeur bien placée : la course aux bâtiments sur le plateau central d'un côté, le casse-tête du fjord de l'autre, et des choix qui comptent du premier au dernier viking. Rapide, simple et efficace, et ça marche avec toute la table.

ParBruceContributeur