Auteur : Yoann Levet

Illustrateurs : Mathieu Clauss · Simon Douchy

Got Five

Famille

Test

Test Got Five ! : La déduction qu'on ne range jamais

Cinq tuiles posées devant toi, numéros tournés vers les autres. Tout le monde les voit, sauf toi. Got Five ! tient tout entier dans cette idée. Yoann Levet en tire un jeu de déduction qui se joue dès 8 ans, en un quart d'heure, avec les petits personnages de Mathieu Clauss et Simon Douchy, chez Blue Orange. On pensait sortir un jeu de logique pour initier les enfants. On a fini par le garder sur la table une fois les enfants couchés. On a sorti notre propre boîte à deux, à trois et à quatre, voici notre verdict…

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Test Got Five ! : La déduction qu'on ne range jamais

Comment ça se joue ?

Test Got Five ! : La déduction qu'on ne range jamais

Soixante tuiles numérotées de 1 à 60, réparties en cinq couleurs. Chacune porte aussi un, deux ou trois points. Au départ, tu pioches une tuile de chaque couleur sans regarder son numéro et tu la poses debout devant ton support, face aux autres. Un voisin les range ensuite pour toi dans l'ordre croissant, dans le sens de la flèche. Tu sais donc quelle couleur se trouve à quelle place, et que les numéros montent de gauche à droite. C'est tout ce que tu sais. Cinq autres tuiles, une par couleur, sont retournées à côté de la réserve, et derrière ton paravent t'attendent une fiche de jeu et un feutre effaçable.

À ton tour, deux actions, toujours dans le même ordre. Tu révèles d'abord une tuile : tu pioches dans la réserve, dans la couleur de ton choix, tu annonces son numéro à voix haute et tu la poses avec les tuiles déjà visibles. Puis tu demandes un indice à ton voisin, avec l'une des six tuiles visibles du centre. Soit tu lui demandes de classer cette tuile par rapport aux tiennes : il la glisse dans l'une des six encoches de ton support, à la place qui respecte l'ordre croissant. Soit tu la poses au-dessus de l'une de tes cinq tuiles et tu lui demandes de comparer : ces deux tuiles ont-elles le même nombre de points ? Il répond oui ou non, rien de plus. Dans les deux cas, la tuile indice reste en place, visible de tous, jusqu'à la fin.

Quand tu penses tenir tes cinq numéros, tu cries « Got Five ! », à n'importe quel moment, même pendant le tour d'un autre, et tu les énonces dans l'ordre croissant. Juste, tu gagnes sur-le-champ. Faux, tu es sorti et les autres continuent sans toi. Une partie dure un quart d'heure, et les règles s'expliquent en moins de temps qu'il n'en faut pour déplier les paravents.

« Tout le monde voit tes numéros, sauf toi, et c'est tout le sel du jeu »

Deux questions, et pas une de plus

Test Got Five ! : La déduction qu'on ne range jamais (2)

Ce qui nous a d'abord plu, c'est la pauvreté volontaire des indices. Classer ou comparer. Tu n'as que ces deux questions, et pourtant elles suffisent à tout. Classer te donne des bornes : si ton voisin pose le 37 entre ta tuile rouge et ta tuile verte, tu sais que la rouge est plus petite que 37 et la verte plus grande. Je vous ai peut être perdu avec cet exemple, mais le jeu et son matériel font en sorte que tout ça devient naturel au fil des parties. Les encoches se remplissent, les tuiles s'empilent et la fourchette de chaque numéro se referme.

Le jeu te laisse aussi quelques pistes gratuites. Avant même de commencer, tu peux barrer sur ta fiche tous les numéros que tu vois chez les adversaires et au centre de la table. Chaque tuile révélée en cours de partie s'ajoute à la liste. Et comme tu n'as qu'une tuile par couleur, un numéro identifié raye toute une colonne.

Avec les plus jeunes, ça marche tout de suite. La question « ont-elles le même nombre de points ? » est à la portée d'un enfant de huit ans, et il voit lui-même la fourchette se resserrer sur son support. Avec les adultes, le jeu devient une course : quelle question rapporte le plus d'information maintenant, compte tenu de ce que tu sais déjà ?

« Classer ou comparer, c'est tout ce qu'on te donne, et c'est largement assez »

La fiche de jeu, où tout se décide

Test Got Five ! : La déduction qu'on ne range jamais (3)

L'autre bonne idée, c'est cette fiche. Cinq lignes de couleur, douze numéros chacune, avec leurs points. Tu barres, tu entoures, tu notes tes cinq numéros dans les cases du haut à mesure que tu en es sûr. Et si tu as fait une erreur de raisonnement, pas de drame. Toutes les tuiles révélées restent sur la table, tu effaces et tu refais tes déductions depuis le début. La règle le dit noir sur blanc, et on l'a tous fait au moins une fois (minimum).

Il y a quelque chose de très satisfaisant à voir sa fiche se noircir. Au début, tu barres au gré des indices. Puis un numéro se coince entre deux bornes, et une couleur entière tombe. Puis une deuxième. Les deux dernières se jouent souvent à une question près, et c'est là que tu te demandes si tu attends un tour de plus ou si tu cries.

« Les deux derniers numéros se jouent toujours à une question près »

« Got Five ! » : une seule annonce, pas de rattrapage

Tu n'as droit qu'à une proposition dans la partie. Une seule. Et tu peux la faire quand tu veux, même pendant le tour de quelqu'un d'autre. Ça change tout à l'ambiance. Celui qui hésite essaie de deviner où en sont les voisins, et celui qui est presque sûr se demande si « presque » suffit. Si tout le monde se plante sauf un, le dernier gagne sans avoir rien annoncé. Tu peux donc parfois bluffer pour presser les autres joueurs à l'erreur.

Cette règle donne une vraie tension à un jeu qui pourrait être tout sage. On a eu des annonces trop tôt, des annonces juste après celle du voisin, et un enfant qui a préféré attendre une question de plus pendant que son père se trompait. Autour de la table, personne n'est avantagé par l'habitude des jeux. Tout est visible, et c'est celui qui a le mieux lu les indices qui gagne.

« Une seule annonce dans la partie, et tu ne sais jamais si c'est le bon moment »

Des tuiles qui ont des yeux

Les tuiles ont des yeux. Des petits personnages carrés en cinq couleurs, signés Mathieu Clauss et Simon Douchy, qui font sourire enfants et adultes dès l'ouverture de la boîte et qui rendent la table très lisible. On repère la couleur de loin et le numéro se lit d'un bout à l'autre de la table. Les supports ont leurs encoches et leur flèche, les paravents tiennent debout, les feutres effaçables font le travail et la fiche de jeu se lit d'un coup d'œil. On n'a rien trouvé à redire au matériel. Tout est à sa place et tout sert.

Got Five ! est-il fait pour toi ?

Si tu cherches un premier jeu de déduction pour la famille, c'est oui sans réserve. Les règles tiennent en deux actions, les questions sont à la portée d'un enfant de huit ans, et il n'y a pas de texte à lire. C'est aussi un bon jeu pour les adultes qui aiment la logique : les parties sont courtes, et il y en a toujours une de plus. Chez nous, le scénario s'est répété plusieurs soirs de suite. On joue avec les enfants, on les couche, et on se rend compte que la boîte est restée ouverte. Alors on refait une partie. Puis une autre.

Il faut quand même savoir ce que tu achètes. Got Five ! est un pur jeu de logique, sans histoire ni thème, et il n'y a ni mode avancé ni variante dans la boîte. La règle tient en quatre pages et le jeu est le même à chaque partie. Si tu veux un univers ou de la progression, ce n'est pas ici. Si tu veux un léger casse-tête partagé qui se met en place en deux minutes, par contre, tu es au bon endroit.

Got Five ! : la déduction pour toute la table

On adore. La mécanique est simple au point de s'expliquer en une minute, et pourtant chaque question compte. Le matériel est impeccable, les tuiles attirent l'œil. C'est surtout, un de ses jeux avec lesquels on s'amuse autant avec les plus jeunes qu'avec les plus âgés, sans rien adapter.

« Un jeu qu'on sort pour les enfants et qu'on garde pour nous »

ParBruceContributeur