Avec la promesse de faire de nous le roi des pirates qui allait faire la pluie et le beau temps à l’époque où la piraterie a connu ses heures de gloire, on avait hâte de se jeter dans le dernier jeu d’Ubisoft. Après des années d’attente, c’est avec un code fourni par l’éditeur que l’on a fait parler la poudre. On a testé Skull and Bones sur PS5, voici notre verdict…
L’âge d’or de la piraterie, c’est l’époque à laquelle se
situe l’action de Skull and Bones, le jeu vidéo qui a fait couler
beaucoup d’encre et que l’on n’osait plus voir débarquer sur les consoles.
L’idée du jeu a germé après le succès d’Assassin’s Creed IV : Black
Flag (lire notre test) qui basait une partie de son gameplay sur le déplacement et les
affrontements en bateau. L’accueil avait été bon et Ubisoft avait chargé son
antenne de Singapour de développer un jeu dans le genre. C’est ce qu’elle a
fait, mais l’aventure a été semée d’embûches, que l’on peut résumer par six
reports et une copie entièrement retravaillée en 2020. Autant de signaux
négatifs, ce n’est jamais très bon et ça ne sert pas une licence, surtout quand
elle est nouvelle et qu’elle cherche à se faire une place. On avait beaucoup
d’appréhension (même si les bêtas nous avaient un peu rassurés) avant de se
jeter à l’eau. On était aussi fébrile que Wendy, avançant sur la planche du
Jolly Roger, sous le regard vengeur du capitaine Crochet. Mais voulant devenir
pirate, on s’est accroché fermement à notre DualSense.
« Le développement de Skull and Bones a
connu des remous avant que le jeu débarque sur console »
Onze plus tard, alors qu’on ne croyait plus à la sortie
du jeu, les pirates partent (enfin) à l’abordage de la PS5, Xbox Series et PC.
Tout commençait bien pour nous, on avait tout pour devenir un grand capitaine,
mais une embuscade aura raison de nous et du bateau que l’on escortait. Le
naufrage de l’Exeter a signé notre destin : redescendu en bas de l’échelle,
on doit repartir de rien. C’est ainsi que débute notre aventure dans Skull
and Bones. Échoué sur un atoll, le moussaillon d’eau douce que l’on est
redevenu va devoir galérer ferme pour retrouver sa réputation perdue. Petit à
petit, on va devoir faire notre place dans le monde des pirates pour prouver
notre valeur. L’aventure va nous conduire sur toutes les mers (de l’océan
Indien aux côtes africaines en passant par les îles tropicales luxuriantes des
Indes orientales) pour nous permettre de devenir un kingpin, le dernier des dix
rangs dans l’échelle des pirates que l’on atteint en ayant accumulé
suffisamment d’Infamie. Mais avant de se rêver calife à la place du calife, il
va falloir sortir les rames et souquer ferme.
Le jeu nous a vendu du rêve à travers les nombreuses
vidéos et artworks qui ont été distillés durant les années qui ont précédé le
lancement de Skull and Bones. Quand on reprend connaissance après notre
naufrage, on découvre les lieux qui vont servir de cadre à notre aventure. Inspirés
par les richesses qu’offre l’océan Indien, le cadre est idyllique et apporte
une bonne dose de dépaysement. La lumière et les couleurs sont bien travaillées
et le rendu est du meilleur effet en mode Qualité, sur PS5. Les développeurs ont
utilisé Anvil, le moteur d’Ubisoft qui sert pour les Assassin’s Creed.
Ainsi, ils nous donnent le meilleur, comme le pire, car, comme pour la saga des
Assassins, les visages de certains PNJ ne sont pas du tout convaincants
(surtout qu’en sortant de Suicide
Squad : Kill the Justice League, la comparaison ne tient pas la
barre). Mais globalement, la direction artistique est bien ficelée et elle contribue
à donner vie au jeu. Là où il en jette vraiment, c’est au niveau de l’eau (et
de la gestion des vagues), surtout quand on arrive en pleine mer. Les effets
météo sont également réussis (en particulier, quand on essuie des lames de
fond) : c’est très réaliste et ça contribue à notre immersion.
« Les "sea shanties" accompagnent
notre découverte de ce que ce monde nous réserve »
Le sound design n’est pas en reste, que ce soit l’ambiance
générale qui contribue à donner vie aux images ou que ce soient les voix des
membres de l’équipage qui distillent leurs conseils pour nous aider à naviguer
à vue. Et puis il y a les « sea shanties », les chants de marins
reconnaissables dès les premières secondes, qui nous accompagnent durant notre
navigation. C’est un élément important pour faire vivre le côté pirate du jeu
et pour pallier le gameplay qui lorgne plus sur un jeu de bataille navale.
On pensait qu’on avait affaire à un jeu de pirates, mais
on est plus dans un jeu de batailles navales, voire de « simulation »
de navigation. Oui, on a été frustré de ne pas retrouver tout ce que l’on a imaginé
faire dans un jeu de pirates, à savoir se fighter au sabre, explorer des îles
inconnues à la recherche de trésors dissimulés que l’on aurait trouvés après avoir
résolu des énigmes ou tout simplement un abordage digne de ce nom. Dans Skull
and Bones, on effleure ça à peine du bout des doigts, quand ce n’est pas inexistant.
Non, le gros du jeu c’est de tirer sur des bateaux ennemis. Mieux vaut ne pas
avoir le mal de mer quand on se lance dans Skull and Bones, car l’aventure
se passe principalement sur les mers, il y a bien deux villes (Sainte Anne et
Telok Penjarah) et 33 avant-postes à visiter, mais on aurait aimé pouvoir débarquer
sur n’importe quelle île que l’on croise durant notre périple. Que nenni, on
devra se contenter de naviguer encore et encore pour multiplier les contrats, les
allers-retours et les attaques de bateaux. Le système d’attaque est bien pensé,
facile à rendre en main et quand on a compris qu’il faut ménager son endurance
pour booster sa défense, on prend vite le dessus. Mais quand cela devient
principalement votre activité, on se lasse vite. Il y a bien les Événements
mondiaux pour casser la routine, mais on en compte que trois avant l’endgame,
qui apparaissent régulièrement sur la carte. C’est durant ces événements que l’on
peut activer le PvP et se voir épauler par trois joueurs (amis ou inconnus). Puisque
l’expérience est prenante, elle nous laisse sur notre faim. Heureusement, le
festin sera servi après avoir bouclé le jeu (lire pourquoi on aime). Les développeurs
ont également eu la bonne idée de nous faire affronter deux menaces
supplémentaires accessibles grâce à deux quêtes.
« On a le sentiment que le jeu déborde de
bonnes idées, mais qu’elles n’ont pas été assez développées »
Ainsi, (toujours en PvP) on se frotte au Kuharibu, un
monstre marin gigantesque et au Maangodin, un navire fantôme que l’on croirait
sorti de la saga Pirates des Caraïbes. Là encore, on aurait aimé plus d’affrontements
de ce style pour casser la routine du jeu, mais Ubisoft saura (très certainement)
en ajouter au fil des mois. Globalement, on ressent un manque et le goût d’un
jeu qui aurait pu être plus développé en ajoutant des combats à la troisième
personne (c’est un comble pour un pirate de ne pas croiser le fer, mais par contre,
aucun problème pour massacrer des requins ou des crocodiles !), on aurait
aimé que l’abordage soit de vraies séquences de jeu, tout comme la récolte de
ressources qui se résume à de simples QTE, les chasses aux trésors qui n’en sont
pas, ou tout simplement nager, car ça non plus, ce n’est pas possible :
les idées sont là, mais elles ne sont pas concrétisées. En fait, on se contente
de chercher à gagner de l’expérience/Infamie, à faire progresser son statut de
pirate pour décrocher le sacro-saint titre de Kingpin et améliorer (esthétiquement
et au niveau des armes) son navire, mais aussi son personnage. En bon jeu
service, la quête aux objets légendaires a été notre moteur pour continuer à
avancer. On suppose que les plus accros voudront certainement mettre la main
(au porte-monnaie et) sur des cosmétiques qui rendent plus stylés, mais qui n’apportent
aucun avantage de puissance.
Passée la déception de ne pas se retrouver face à un jeu
vidéo de pirates digne de ce nom, on s’applique à découvrir ce que l’histoire nous
réserve. On comprend que l’on va devoir devenir le roi des pirates et pour y
arriver, il faudra faire parler la poudre. On se met en quête de posséder le
plus grand, le plus beau, le plus armé des bateaux et la course au loot devient
vite une obsession. On se prend au jeu des batailles navales (même si par
moments, c’est trop répétitif et que l’on veut de la diversité), le système
hérité de Blag Flag est bien pensé et se montre dynamique comme il le
faut. Skull and Bones nous offre un monde ouvert vaste avec ses 620 km²,
mais pour autant on trouve que ça manque de piments. On a bien des activités à
se mettre sous la dent (comme se frotter aux grandes compagnies maritimes française,
anglaise et néerlandaise), mais pas assez pour avoir un jeu complet qui nous en
donne pour notre argent. En comparaison, le terrain de jeu de Black Flag
s’étendait sur 300 km² et 70 lieux à visiter. Le pirate d’Assassin’s Creed était
plus petit, mais plus dense et plus varié dans son expérience de jeu. Dommage
que Skull and Bones n’ait pas marché sur ses traces.
« Le système hérité de Blag Flag est bien
pensé et se montre dynamique comme il le faut »
Pour finir, on soulignera la bonne initiative d’Ubisoft
qui propose de tester gratuitement Skull and Bones. En effet, tu peux télécharger
directement l'essai gratuit via Ubisoft Connect, Epic Game, le PlayStation
Store ou le Microsoft Store. Ainsi, tu pourras te prendre pour un pirate durant
8 heures et si tu es convaincu, tu voudras certainement poursuivre l’aventure
en achetant le jeu.
C’est après le endgame que Skull
and Bones prend son ampleur avec l’accès au multijoueur. En effet, devenu
le roi des pirates (désolé Luffy, c’est nous !) on peutfaire prospérer notre propre
empire commercial, qui s’est mis en place, petit à petit, en
développant notre contrebande (rhum et opium). Désormais, il faut prendre le
contrôle de points d’intérêt qui permettent de créer facilement de la richesse.
C’est là qu’entrent en jeu les phases PvP et que l’on peut gagner gros, mais aussi
perdre. Jouer en coop avec ses potes moussaillons est plus que recommandé pour tracer
une route commerciale sûre et rentable et surtout nous escorter et remporter
des victoires synonymes de récompenses qui permettent de mettre son crochet sur
des objets légendaires. On ne va pas le cacher, s’il n’y avait pas eu ce « revirement
de situation », on aurait trouvé l’expérience bien moins captivante, car
la première partie du jeu est vraiment redondante. Donc, un conseil, il ne faut
pas lâcher la barre, s’obstiner pour découvrir le trésor que représente le endgame,
qui est presque, un jeu à part entière et qui aurait mérité d’arriver plus tôt.
L’HISTOIRE : 3/5
IMAGE ET SON : 5/5
GAMEPLAY : 4/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 4/5
[ LA NOTE : 16/20 ]
Pour en savoir plus, mate la vidéo de Skull and Bones :
> Skull and Bones
un jeu Ubisof
sur PS5,
Xbox Series et PC
déjà dispo.