Il est l’heure de ressortir ses katanas pour plonger dans une sombre période de l’histoire du Japon, à une époque où tout allait changer. On s'est glissé dans la peau d'un ronin, un samouraï sans maître, avec un code fourni par l’éditeur pour tester Rise of the Ronin sur PS5, voici notre verdict…
Avec une expertise qui
n'est plus à démontrer, Team Ninja était attendu au tournant avec son nouveau
jeu, Rise of the Ronin, l'exclusivité PS5. Une attente d'autant plus
longue puisque le projet a commencé à mûrir avant Nioh, l’action-RPG
sorti en 2017. Ce dernier titre, tout comme Ninja Gaiden (également
développé par Team Ninja) a permis au studio de se forger sa propre réputation
et d'inspirer d'autres développeurs à jouer sur le même terrain. C'est donc
avec un mélange d'excitation (de découvrir un nouveau gameplay augmenté de tout
le savoir-faire de l'équipe) et d'appréhension (de voir si l’aura de Team Ninja
a toujours autant d'éclat) que l'on s'est plongé dans le jeu qui nous a
transportés au Japon, à la fin de la période Edo, pour incarner un ronin « dans
un jeu entièrement nouveau et plein de péripéties » comme nous a mis en « garde »
Team Ninja : on ne demande qu’à voir.
« Un
ronin est un samouraï déshonoré qui va devoir forger sa propre destinée pour
connaître un nouvel essor »
L’action se situe donc
à une période où le Shogun détient le pouvoir (il se situe au-dessus de
l'Empereur qui n’a qu’un rôle symbolique). Il est celui qui mène les armées
contre les envahisseurs. On comprend bien que cette position fait des envieux
et que l’ouverture du pays à l’Occident, au commerce, aux relations religieuses
et diplomatiques, va faire des jaloux qui veulent renverser l’ordre. C'est
précisément la fin de cette hégémonie que le jeu a choisie pour situer son action,
avec une période de confusion qui s’amorce où les luttes entre les pro-Shogun, les
pro-empereur et les Occidentaux vont faire rage. C'est entre eux que notre
personnage se retrouve coincé, il va donc falloir faire des choix qui vont
influencer sa destinée, mais surtout le déroulement de l’intrigue, que le
trailer de lancement du jeu résume bien en une seule phrase : « Alors que
s’effondre l’ordre ancien, le renouveau naît du chaos ».
Très vite, on a été déçu par l’esthétisme du jeu, car on
s’attendait à en prendre plein les yeux en se disant qu’un jeu comme Ghost
of Tshushima sorti en 2020 était magnifique, alors, quatre ans plus tard,
on s’attendait à se prendre une vraie claque visuelle. Une chose est certaine,
c’est que l’accent n’a pas été mis sur la technique du jeu (spoiler : Team
Ninja a tout misé sur le gameplay), même si la direction artistique est soignée
avec une ambiance générale qui restitue bien l’époque et propose des
environnements variés. Globalement, quand on est sur une vue d’ensemble, les
panoramas sont stylés, les lumières mettent en valeur les reliefs, cela reste
joli à regarder. Cependant, quand on entre dans le détail, c’est là où la
technique pêche, ce que l’on regrette, d’autant plus que le cadre et l’histoire
méritaien t que l’on soigne un peu plus ces environnements et qu’on leur donne
de la vie. Ça manque d’âme. Donc, oui, très vite, on a été déçu, mais on a
également très vite fait abstraction de ses défauts en les acceptant pour mieux
se concentrer sur le reste.
« Visuellement, on attendait beaucoup, mais le
jeu a du mal à répondre à nos attentes »
Et tout n’est pas raté, loin de là. Du côté de la
bande-son, elle est très réussie, car elle colle parfaitement aux lieux et à
l’époque. Les dialogues sont doublés en français, un bon point de plus pour
garantir l’immersion. Globalement, le sound design a été soigné. Il faut aussi
souligner le très bon éditeur de personnage qui permet vraiment de laisser
libre cours à son imagination. D’ailleurs, on en reprend une dose puisque ce
dont deux personnages que l’on va créer, pour les besoins de l’intrigue. Et
puis les déplacements nous ont également séduits, car ils sont variés entre le
grappin, le cheval ou le planeur. On peut même combiner ces deux derniers pour
aller plus vite, car passer de l’un à l’autre se fait de manière très rapide. Il
y a du bon et du moins bon dans Rise of the Ronin, il faut juste garder cela
en mémoire quand on se lance dans la partie pour ne pas être déçu.
S’il y a une chose qui
était acquise avant de se lancer dans Rise of the Ronin, c’est
que Team Ninja maîtrise le gameplay d’un jeu. En se basant sur son expertise
qui a fait la renommée de Nioh et Wo Long: Fallen Dynasty, le
studio a conçu un gameplay des plus efficaces, mais un gameplay qui ne plaira
pas (ou ne conviendra pas) à tout le monde, car les combats sont exigeants.
Mais les développeurs ont voulu permettre au plus grand nombre de s’essayer au
jeu. Si leurs précédentes productions étaient réservées à un public aguerri, ils
ont fait un effort pour « simplifier » le jeu en proposant trois
niveaux de difficulté. Mais attention, même en facile ça demande d’être
attentif, vif et de prendre son temps pour progresser, pour trouver le bon
équipement et l’améliorer. De toute façon, il y a tant à faire dans le jeu et
il y a tant de personnages à rencontrer, plus on avance, plus il y a de contenu
qui apparaît sur la carte. Vient le moment des combats que l’on peut éviter si
on opte pour l’infiltration, on peut aussi se servir de l’environnement pour déstabiliser
ses adversaires ou utiliser les compétences de mensonge ou d’intimidation. Les
possibilités ne manquent pas. Bien entendu, il y a l’approche direct avec un
système basé sur le Ki (l’endurance) qu’il faut gérer car elle baisse à mesure
que l’on tape ou que l’on se prend des coups. Ça marche aussi sur les
adversaires. Une fois leur ki brisé, on peut leur asséner un coup critique.
« Pour nous aider dans notre combat, le jeu
propose du loot à gogo »
Les combats sont longs, cela demande de l’attention, de la
persévérance et surtout de la maîtrise de toutes les touches à gérer. Oui, on a
souffert lors de nos premiers combats. Heureusement, l’arsenal est bien rempli
et permet de choisir son style (au corps-à-corps, à mi-distance ou à distance).
Il y a une arme pour chaque style et en combat, on peut jongler entre les
styles pour s’adapter à son ennemi. Cela requiert une gymnastique d’esprit pour
assimiler tout ce qu’il y a à faire. Pour nous aider dans notre combat, le jeu
propose du loot à gogo qui permet d’obtenir différents types d’équipement. Il
faudra fusionner les différents items pour être le mieux équipé. Comme tu peux
le penser, il y a vraiment beaucoup de choses à faire, les personnes peu habituées
à ce genre de jeu risquent de paniquer devant l’ampleur de la tâche.
Pour résumer, le gameplay de Rise of the Ronin est
articulé autour de l’exploration, de la narration et des combats. Un mélange efficace
et qui offre du challenge, un peu trop diront certains. Heureusement, le jeu
propose des missions scénarisées en coop. Ça reste ponctuel, mais c’est très
utile quand on galère, c’est une option supplémentaire qui permet au jeu de s’ouvrir
à un public plus large.
Chacun appréciera le
jeu à sa façon en fonction de la manière dont il appréhende le jeu. En effet,
suivant si les attentes sont grandes en matière de technique, ou si on mise
plus sur l'histoire, ou plus sur le gameplay, on sera plus ou moins satisfait
par le jeu. On ne va pas le cacher, dans le genre, Ghost of Tsushima
nous avait mis une grande claque tant au niveau visuel que de son histoire et
de son gameplay . Si on en reste sur ces critères, Rise of the Ronin
n'arrive pas à égaler le jeu de Sucker Punch, malgré un cadre historique des
plus attrayants, surtout quand on ne loupe aucun épisode de la série Shōgunsur Disney+ (lire l’encadré
« Pourquoi on aime Rise of the Ronin ») mais il manque le petit plus
pour nous émerveiller, pour nous scotcher et pour nous immerger pleinement dans
cet univers que l’on affectionne tout particulièrement. En matière de
technique, le tout reste très agréable à regarder dans son ensemble, mais il y
a des points faibles qui nous ont empêchés de nous immerger totalement dans
l'aventure, surtout quand on s’arrête sur les détails. Dommage.
« Team
Ninja a trouvé la bonne formule pour rendre hommage à ses guerriers d'un autre
temps avec un gameplay exigeant »
Mais là où le jeu tire
son épingle, c'est avec son gameplay redoutable. Team Ninja n'a pas chômé et
n'a pas perdu de son savoir pour nous offrir un système de combat des plus
travaillés qui donne du fil à retordre. Oui, il faut aimer le challenge pour
apprécier pleinement l’expérience du jeu et si tu es du genre à baisser les
bras à la première difficulté, mieux vaut ne pas se lancer. Cependant, quand on
le maîtrise, il nous offre un véritable spectacle visuel avec ses chorégraphies
de combat des plus stylées. Mais voilà, il faut se donner de la peine et
prendre son temps pour le maîtriser, pour être efficace dans ses attaques, dans
ses contres ou ses esquives. Cela demande de l’attention et de l'intention.
N'est pas ronin qui veut. Team Ninja a trouvé la bonne formule pour rendre
hommage à ses guerriers d'un autre temps avec un gameplay exigeant, mais
terriblement plaisant.
C'est une décision ambitieuse
de la part de Team Ninja de choisir la fin du Shogunat comme cadre à son jeu,
mais un choix qui se justifie par l’envie de se démarquer des nombreuses
productions déjà sorties et des références du genre comme Ghost of Tsushima.
C'est parce que c'est une période qui a été trop souvent occultée, car sombre, qu’elle
a été choisie. On comprend ce choix, car elle offre la possibilité de
développer une histoire dense et passionnante. Pour aller plus loin et
approfondir ses connaissances sur le sujet (et apprécier pleinement Rise of the Ronin, on ne peut que
recommander de regarder la minisérie Shōgun sur Disney+, adaptée de
l’œuvre de James Clavell publiée en 1975. Parce que l'histoire se base sur des
événements et des personnages historiques, chaque épisode de la série nous rend
de plus en plus accros. Avec un sens du réalisme, dans l'esthétisme des images,
la beauté des décors et la violence (parfois crue) des scènes d'action (pas si
nombreuses que ça finalement), Shōgun offre une saga romanesque épique,
aussi instructive que divertissante.
L’HISTOIRE : 4/5
IMAGE ET SON : 3/5
GAMEPLAY :5/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 4/5
[ LA NOTE : 16/20 ]
Pour en savoir
plus, mate la vidéo de Rise of the Ronin :
> Rise of the Ronin
un jeu Team Ninja
sur PS5
déjà dispo.