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Test Panorama : un jeu chill sans vague

Une montgolfière qui s'élève, des champs dorés qui laissent place aux collines, puis à la forêt d'automne, puis aux montagnes blanches. Panorama te propose de composer ce paysage une tuile à la fois, et de le regarder prendre forme devant toi. Le jeu est signé Jules Messaud, l'auteur d'Akropolis, et Melody Leblond, qui l'illustre aussi, chez Le Scorpion Masqué, pour 2 à 4 joueurs dès 8 ans, en vingt minutes. On s'attendait à un jeu de tuiles paisible, sans grande tension. On a trouvé un jeu simple et efficace, bucolique en surface, et qui fait calculer bien plus qu'il n'en a l'air. On a sorti notre boîte, voici notre verdict…

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Test Panorama : un jeu chill sans vague

Comment ça se joue ?

Test Panorama : un jeu chill sans vague

Au centre de la table, une pièce centrale adaptée au nombre de joueurs, entourée de piles de quatre tuiles Panorama posées face visible. Chacun reçoit une tuile de départ avec sa montgolfière dessinée, et le pion Montgolfière assorti, posé devant l'une des piles. Un jeton Soleil marque le lever du jour. Trois jetons Objectif sont posés en vue de tous.

Ton tour arrive quand le Soleil se trouve sur ta montgolfière. Tu avances alors ton pion jusqu'à n'importe quelle pile libre, c'est-à-dire sans Soleil ni autre montgolfière, et tu prends la tuile du dessus. Tu l'ajoutes à ton panorama, à gauche ou à droite, sans jamais bouger ce qui est en place. Les bords en forme de vagues s'emboîtent, et tu peux décaler ta tuile vers le haut ou le bas tant que les vagues coïncident. Puis tu avances le Soleil, dans le sens horaire, jusqu'à la prochaine montgolfière. Si c'est la tienne, tu rejoues. Quand quelqu'un prend la dernière tuile d'une pile, il couche sa montgolfière en faisant « Psccchhhtttt », le Soleil devient Lune, et chacun joue un dernier tour.

Les points se comptent par zones de terrain : des cases du même terrain connectées orthogonalement. Dans chaque zone, tu multiplies le nombre de fleurs par le nombre d'animaux. Deux ours et quatre fleurs dans la même montagne, huit points. Un renard tout seul dans sa forêt, zéro. Chaque objectif rapporte dix points à celui qui le remplit le mieux, et les égalités donnent dix points à chacun. Explication en trois minutes, et la première partie se joue sans rouvrir la règle.

« dois-je me concentrer sur une zone particulière, ou faire un peu de tout ? »

ne va pas trop vite petite montgolfière

C'est une mécanique déjà connue mais qui marche : c'est toujours le joueur le plus en arrière qui joue. Prendre la tuile juste devant toi te coûte peu, et tu rejoueras vite. Aller chercher la tuile parfaite trois piles plus loin, c'est laisser tous les autres jouer entre-temps, parfois deux ou trois tours de suite, et leur abandonner tout ce qu'il y avait entre les deux. Et ça, ça pousse à calculer. Pas seulement ce que la tuile apporte à ton paysage, mais aussi où elle laisse ta montgolfière, et ce que les autres feront pendant que tu attends.

La règle le dit elle-même : bouger très loin devant est un coup risqué qui peut valoir la peine. On s'est tous surpris à compter les piles, à regarder où en étaient les montgolfières des autres, et à se demander si cette montagne à deux ours valait vraiment trois tours d'attente.

« je tente un grand saut ou je reste plus sage ? »

Construire son tableau petit à petit

Test Panorama : un jeu chill sans vague (2)

C'est le cœur du plaisir : ton paysage grandit tuile après tuile, à gauche, à droite, et tu vois les forêts se rejoindre, les rivières se prolonger, les fleurs s'accumuler autour d'un ours. Comme tu ne peux rien insérer au milieu ni déplacer, chaque tuile posée ferme des possibilités et en ouvre d'autres. Tu te retrouves à vouloir une forêt avec une fleur pour relier deux renards isolés, puis une montagne à décaler vers le haut pour que le ciel reste dégagé, parce que l'objectif du moins de nuages est en jeu.

Les objectifs changent justement la lecture des tuiles d'une partie à l'autre et aident à se mettre des objectifs. La plus longue rivière continue, le plus d'animaux au bord d'une rivière, ou même le panorama le plus court. Avec trois objectifs tirés au hasard parmi douze, une tuile pleine de nuages peut être une catastrophe un jour et un trésor le lendemain. Et les six scénarios de la règle, Festival des animaux, Petite promenade, Amoureux des rivières, Suivre le fil, Plein la vue et Minimalisme, proposent des combinaisons toutes faites quand on veut orienter la partie.

« mine de rien, les choix sont parfois difficile à prendre »

Gêner les autres, oui, mais pas au prix de son paysage

Il y a aussi de quoi embêter les voisins. Comme les piles sont visibles, tu vois la tuile qu'il attend, celle qui lui offrirait sa troisième cascade ou l'animal qui transformerait sa montagne. La prendre avant lui est tentant. Et là, confession personnelle : j'ai tendance à trop me concentrer sur le tableau des autres. À passer mes tours à leur bloquer des points, pour finir par perdre parce que je n'ai pas assez construit le mien. Panorama récompense celui qui compose son paysage, pas celui qui surveille celui des autres. Un bon rappel qu'on redécouvre à chaque partie, et qui donne envie de la suivante.

« À force de bloquer les autres, on oublie l'harmonie de son panorama »

Les illustrations de Melody Leblond, toutes mignonnes

Il faut parler du côté bucolique du jeu, parce qu'il compte autant que la mécanique. Melody Leblond dessine des terrains doux, des renards, des ours, des corbeaux, des cascades, et un ciel qui change d'une tuile à l'autre. C'est aussi un matériel qui sert le jeu : les quatre terrains se distinguent sans effort, les fleurs et les animaux sont faciles à compter, et les bords en vagues empêchent de se tromper en alignant ses tuiles. Le bloc de score, avec une ligne par animal et une par objectif, rend le décompte très rapide.

Panorama est-il fait pour toi ?

Si tu aimes les jeux de tuiles tranquilles mais pas creux, Panorama est fait pour toi. Il s'explique en trois minutes, il se joue en vingt, et il laisse pourtant à chaque tour une vraie question : la tuile qu'il te faut vaut-elle l'attente ? Il fonctionne avec des enfants dès huit ans, qui comprennent très vite le principe des fleurs et des animaux, et il garde de quoi occuper les adultes avec les objectifs et la gestion du Soleil. Les parties sont rapides, et c'est précieux : quand on perd, on remet la pièce centrale au milieu et on prend sa revanche dans la foulée, en essayant de faire mieux.

Panorama : simple, efficace, et beau à regarder

C'est simple et efficace. On construit son tableau petit à petit, on essaie de bien placer sa montgolfière, on hésite entre la tuile sûre et la tuile lointaine, et on finit avec un paysage qu'on a plaisir à regarder. Les objectifs renouvellent les parties, et la durée invite à en enchaîner deux ou trois.

ParBruceContributeur
#Panorama