Cette nouvelle exclusivité PS5 a très vite fait parler d’elle pour la qualité graphique de ses trailers. Mais l’esthétisme, ça ne fait pas tout, c’est pour cela qu’on s’est lancé dans la lutte d’Eve contre les Naytiba dans le jeu d’action aventure concocté par le studio coréen Shift Up. C’est avec un code fourni par l’éditeur que l’on a découvert si Eve pouvait devenir la sauveuse de l’humanité. On a testé Stellar Blade sur PS5, voici notre verdict…
En entrant dans l’univers de Stellar Blade, on fait le
constat que la Terre n'est plus que l'ombre d'elle-même depuis que les Naytiba,
des extraterrestres, ont débarqué un beau jour sur notre bonne vieille Terre
avec de très mauvaises intentions. Cette invasion a été la raison de la fuite
des humains, chassés et contraints de s'exiler ailleurs dans des colonies
orbitales. Pourtant, tout espoir n'est pas perdu. Sur terre, à Xion (le dernier
bastion de l'humanité) où est regroupé une poignée de résistants qui ne veut
pas baisser les bras et qui a toujours espoir de reprendre le contrôle de la
Terre. Cette reprise ne se fera pas sans mettre une bonne raclée à la vermine
extraterrestre. L'aventure commence, quand le 7e escadron aéroporté est envoyé
sur Terre pour continuer la bataille. Parmi les soldats, se trouve Eve, une
guerrière qui, comme ses frères et sœurs d'armes, n'a de cœur que d'accomplir
sa mission. La sienne, c'est de battre le Naytiba Alpha. Sauf que la mission
est un échec et qu'elle est la seule survivante du crash de leur vaisseau.
« Shift Up sort le grand jeu pour nous tenter avec Eve et
Adam aux commandes »
Elle est sauvée par Adam, un survivant qui vit toujours sur terre
et qui l’accompagne dans son périple sur cette Terre au paysage
postapocalyptique, épaulée par un robot qui lui permet de communiquer avec
Adam. Par la suite, elle rencontre Lili, une ingénieure du 5e escadron
aéroporté. À mesure qu'ils vont progresser et enchaîner les combats, on
découvre les véritables tenants et aboutissements de l'histoire. L'équipe de
Shift Up s’est appliquée à soigner le récit afin de proposer un univers
narratif prenant, pour peu qu'on soit happé par ce que l’on nous raconte. On ne
peut qu’applaudir cette initiative, car c'est ce qui fait la force d'un jeu et
ce qui permet de compenser certaines faiblesses. On souligne l'effort, même s’il
y a des facilités et que le tout est très cousu de fil blanc, c’est très
prévisible. Mais on ferme les yeux sur ces aspects. Pour un premier jeu c'est
très prometteur, surtout que visuellement, il nous en met plein les yeux.
Indéniablement,
la force du jeu réside dans sa beauté et la maîtrise technique dont fait preuve
Shift Up. Le jeu est bien réalisé, il n’y a rien à redire, mais l’on trouve qu’il
manque un quelque chose, ce X Factor, pour donner une âme à cet univers, pour
que le fond soit à la hauteur de la forme. C'est valable pour les décors, qui
ne sont pas si bien pensés que ça intra-muros ou dans ses paysages désertiques
qui ne reflète un monde apocalyptique caricatural. Il y a de la maîtrise, mais
il manque un brin de savoir-faire pour créer un lore digne de ce nom. Du côté du
character design, on a passé un cap en matière de réalisme. La modélisation est
parfaite, c'est plein d'expressions sur le visage, pourtant, à certains moments,
ça ne nous parle pas, car ça reste figé. C'est là qu'on se dit que la technique
ne fait pas tout.
«
La modélisation des personnages et des monstres est au top, par moment
l'ambiance est très gore, c'est flippant »
Oui, le jeu est, globalement, très beau. Techniquement,
il utilise pleinement les capacités de la PS5 sans compter que le jeu est
développé sur l’Unreal Engine 4. Le résultat se voit à l'écran dans les
détails, les particules, les conditions climatiques, les textures, les lumières
et on en passe. Cela en jette, globalement, mais ça ne fait pas tout et ça ne
garantit pas une immersion dans le jeu, dans le lore qui est proposé. Un
exemple, qui intervient dès le début et ce n'est jamais très bon signe, car
c'est le genre de détail sur lequel on va bloquer, et qui va faire en sorte qu’on
s’arrête sur d'autres qui vont nous gêner par la suite. C’est le cas du vent
dans les palmiers, qui bougent beaucoup, beaucoup beaucoup trop pour être
réalistes, surtout quand Eve et sa tignasse (qui a des comportements bizarres
par moments) sont à côté et que pas un seul cheveu ne bouge. C'est beau, oui,
mais ça manque de réalisme et ça manque d’originalité pour se démarquer des
autres jeux, par exemple les camps de repos qui sont clairement inspirés par ceux
de la trilogie Remake de Final Fantasy VII).
« Shift Up sort le grand jeu pour nous tenter avec Eve et
Adam aux commandes »
Du
côté de la bande-son, on applaudit à deux mains, tout est doublé en français
les voix sont bien choisies, et côté ambiance sonore, il n'y a rien à redire
non plus : le tout est magnifié par une bande originale très inspirée,
elle est parfaite, avec ses accents à la NieR et à Final
Fantasy XIII.Certains trouveront les morceaux redondants, mais on les
a appréciés, car on est client de ce style. Du côté de la DualSense, Shift Up s'est
appliqué à utiliser les fonctions de la manette sans fil, juste ce qu'il faut,
sans trop en faire : c'est tout ce que l'on aime.
Stellar
Blade est un jeu au gameplay qui mixe l’action, l’exploration,
les phases de plateforme et le tir à la troisième personne. Mais le gros du
système repose sur les combats qui vont se montrer durs, exigeants et punitifs au
début du jeu. On n’a pas le choix si on ne veut pas lâcher la manette, il faut
apprendre comment le système fonctionne, comprendre les patterns des ennemis et,
en aucun cas, zapper l’esquive et la parade. Si tu es un joueur qui
s'applique à les manier dans les autres jeux vidéo, tu vas être comme un
poisson dans l'eau, car c'est la solution ultime (pour ne pas dire principale)
pour sortir victorieux des affrontements qui peuvent se montrer revêches. Pour
les autres, ceux qui préfèrent faire le plein de potions ou compter sur leurs
partenaires guérisseurs afin de foncer tête baissée en espérant que ça passe,
ils vont se prendre un mur et ils devront revoir leur façon de jouer. C'est une
prérogative, car sans cela, l'expérience de jeu va être très compliquée. Pire,
elle risque d'en écœurer plus d'un. Donc, quitte à galérer (souffrir diront
certains) le mieux est de s’essayer à la pratique du contre et de l'esquive et
de la maîtriser. Ça va demander du temps, mais ça sera bénéfique pour leurs
prochaines parties, et pas que pour Stellar Blade. Il faut voir ça comme
un grand tutoriel pour améliorer sa façon de jouer et d’appréhender le jeu.
« On
n’a pas le choix si on ne veut pas lâcher la manette, il faut apprendre comment
le système fonctionne »
Pour se faciliter
la tâche, il ne faut pas hésiter à acheter des aptitudes de survivantes dans
l'arbre de compétences. Ça permet d'augmenter la fenêtre des contres, ce qui n’est
pas du luxe. Plus on avance, plus on renforce les aptitudes du personnage. Il
devient donc plus facile de maîtriser le gameplay. Le jeu sait nous donner des
coups de pouce en proposant, par exemple, dans les options d'accessibilité, le
guidage pendant les combats. Cette option s'avère très utile au début pour se
familiariser avec le gameplay. Tu l’auras compris, les combats de Stellar
Blade demandent de la finesse et de la vigilance, car les actions demandent
à être placées à la milliseconde près. Mais en jouant de l’esquive et du
contre, on arrive à déstabiliser l’ennemi et lui asséner un coup spécial qui
lui fait de gros dégâts. Globalement, il est nécessaire d’observer les ennemis,
car le bestiaire est varié, tant au niveau du style que de la façon de les
appréhender, donc d’en venir à bout. Le personnage gagne en puissance grâce aux
points de compétences qui servent à alimenter les cinq arbres de compétences
que le jeu propose. Il convient de porter aussi un soin particulier à l’équipement
et surtout des Exospines, qui permettent de définir son style de combat.
Il ne faut pas hésiter de s’en équiper (jusqu’au nombre de deux) et de les
améliorer. Cependant, ne compte pas sur les tenues pour te donner des bonus ou des
compétences spéciales, elles ne sont qu’accessoires. Pour le reste du gameplay,
découverte de coffres, énigmes, quêtes secondaires et exploration de zones plus
ou moins grandes, plus ou moins ouvertes, constituent l’autre facette du
gameplay, qui se veut assez classique.
Le jeu souffle le chaud et le froid. On a été emballé par
le côté technique, moins par la narration. Mais ce qui nous a le plus posé de
problème, et qui a desservi le jeu dans sa globalité, c’est la représentation
de l’héroïne. Le problème n’est pas de savoir si les tenues d’Eve ont trop peu,
ou ce qu’il faut de tissu, ou quelle est la quantité suffisante pour qu’elles
soient décentes, mais c’est la façon dont Eve est utilisée et l’image que cette
utilisation renvoie. Le fait que, systématiquement, la caméra se recentre sur
les fesses de l’héroïne est problématique. Tout est fait pour que le regard du
joueur soit attiré par ces deux tâches lumineuses au centre de l’écran, dues à
la matière de la tenue/seconde peau d’Eve qui absorbe la lumière pour mieux la
restituer. En plus, le phénomène est accentué par la caméra placée en
semi-contre-plongée. Ainsi, il est difficile de voir autre chose. Pour en
rajouter, durant les acrobaties qu’elle fait lors des combats, sa petite
culotte est visible. On passera rapidement sur sa façon lascive de marcher et
du mouvement de sa poitrine « un peu » trop exagéré : ça fait
beaucoup de choses pour être fortuit, ça fait beaucoup de choses pour ne pas
parler de ces choix délibérés et assumés, mais qui, pour nous, ont été contre-productifs.
On ne remet pas en question la liberté de créer de l’équipe de développement,
c’est leur choix. On comprend que c’est culturel, mais rien n’empêche d’évoluer
sur la question en oubliant des « artifices » vieux de 20 ans, voire
plus. C’est juste qu’autant de signaux nous ont complétement sortis de l’action
et fait baisser notre intérêt pour le jeu, car ça a été un frein à notre
immersion dans le l’univers de Stellar Blade.
« La beauté ne fait pas tout et, en matière
d’héroïne badass, on préfère Aloy ou Abby »
Du coup, on a été incapable de s’identifier, de faire
preuve d’empathie et encore moins d’affection pour l’héroïne. Non, on n’a pas
trouvé Eve charismatique et ce n’est pas seulement du fait des dialogues qui
auraient mérité une meilleure écriture. La beauté ne fait pas tout et, en
matière d’héroïne badass, on préfère mille fois Aloy d’Horizon ou Abby
de The Last of Us Part 2. Pour nous, c’est une vision archaïque de
l’héroïne, (beaucoup) trop sexy. Ça fonctionnait dans les années 90, ça ne
passe plus, et ça vaut aussi pour la narration qui est loin des standards
attendus en 2024, car prévisible et simpliste. Comme on le disait, la beauté ne
fait pas tout. Ça place juste la barre haute, aussi haute que les attentes des
joueurs, et comme le résultat n’est pas au rendez-vous, la chute est d’autant
plus brutale. On aurait aimé un jeu moins beau, mais plus travaillé au niveau
de l’histoire et de la profondeur des personnages, surtout que le système de
jeu est solide et offre une expérience bien ficelée : c’est juste dommage.
Shift Up maîtrise incontestablement le sujet technique, ils ont d’ailleurs
placé la barre si haute que l’on espère que cela va motiver les autres
développeurs d’atteindre le même niveau d’excellence, voire de le dépasser.
Pour un premier jeu sur console, c’est très encourageant. Nul doute que leur
prochaine production saura corriger ces points négatifs.
On pourra dire ce que l’on voudra sur le jeu, mais une
chose met tout le monde d’accord, c’est l’incroyable maîtrise dont fait preuve
Shift Up. Le studio coréen, créé par l’artiste Hyung-tae Kim, après son départ
de la Team Bloodlust de NC Soft, s’est fait remarquer pour deux jeux vidéo
destinés aux mobiles. En effet, la Corée n’est pas un pays réputé pour créer
des jeux vidéo pour les consoles, mais Shift Up a montré que le pays avait une
carte à jouer et, en faisant preuve de persévérance et en ajustant ses choix,
on peut parier que les prochains projets seront meilleurs. Alors oui, on a été
dur sur certains aspects de Stellar Blade, tout en gardant en mémoire
que c’est le premier gros jeu vidéo du studio. Si on s’est montré aussi strict,
c’est parce que l’on avait de grandes attentes, mais aussi parce que l’on est
convaincu que Shift Up a le et les talent(s) pour nous proposer un AAA qui
mettra tout le monde d’accord. On le répète, ce « coup d’essai » est
un coup de maître (avec ses défauts) : On a hâte de voir la suite…
« On est convaincu que Shift Up à le et les
talent(s) pour nous proposer un AAA qui mettra tout le monde d’accord »
L’HISTOIRE : 4/5
IMAGE ET SON : 5/5
GAMEPLAY :4/5
L’AVIS GÉNÉRAL : 4/5
[ LA NOTE : 17/20 ]
Pour en savoir
plus, mate la vidéo de Stellar Blade :